image affiche la cinquième vague j blakeson chloë grace moretzCaractéristiques

  • Réalisateur:  J Blakeson
  • Avec : Chloë Grace Moretz, Nick Robinson, Alex Roe…
  • Editeur : Sony Pictures Home Entertainment
  • Genre :  Science-fiction, Aventure
  • Durée :  112 minutes
  • Sortie en BR, DVD & VOD :  1er juin 2016

Critique

Après Twilight et Hunger Games, La 5ème vague est la nouvelle adaptation cinématographique d’une oeuvre littéraire à succès destinée aux adolescents. Réalisé par J Blakeson (La disparition d’Alice Creed)pour la caution « indé », comme l’était Catherine Hardwicke sur le premier Twilight, ce premier volet, entre SF et survival, raconte l’invasion de la Terre par des extraterrestres, frappant par vagues successives afin de décimer la race humaine. Après avoir provoqué catastrophes naturelles et propagé un virus dévastateur, ils ont désormais adopté une apparence humaine afin d’abattre les rescapés, semant la paranoïa. Cassie, jeune adolescente accompagnée de son petit frère, va tout faire pour survivre et croisera sur son chemin deux garçons que tout oppose. Comme on peut s’en douter, entre les deux, son cœur chavire…

Le scénario ne cherche à aucun moment à le dissimuler : La 5ème vague s’adresse peu ou prou à la même cible que Twilight et s’amuse d’ailleurs de ses similitudes avec la saga de Stephenie Meyer à travers quelques scènes bien senties, qui feront rire le spectateur adulte. Difficile en effet de ne pas penser que le comique de situation de certaines séquences est on ne peut plus assumé étant donné la grosseur des ficelles et la teneur de certains dialogues. Ces quelques passages ont d’ailleurs le mérite de capter l’attention du spectateur à des moments où celle-ci se sera peut-être relâchée en raison de quelques longueurs. Suivant une trame réglée comme du papier millimétré mais assez (voire très) prévisible, La 5ème vague débute par une exposition efficace avant de passer en mode survival, isolant son héroïne et la plongeant dans un monde post-apocalyptique que l’on aurait aimé voir davantage développé.

Un teen movie post-apocalyptique à réserver aux 12-16 ans

image la 5ème vague alex roe chloë grace moretzRéalisé avec un budget équivalent à celui de Twilight chapitre 1 : Fascination, le film de J Blakeson souffre d’un relatif manque de moyens qui donne un certain sentiment de déjà vu à ses effets spéciaux, comme lors de la scène du tsunami, convenablement exécutée, mais un peu trop conventionnelle. Au moins, l’équipe a réussi à éviter le ridicule qui handicapait le premier Twilight, où Edward courait avec Bella sur son dos dans une embarrassante scène de forêt au rendu très « Bip Bip et le Coyote ». Malgré quelques scènes d’action convenablement exécutées, on regrettera néanmoins que le film n’approfondisse rien et survole la plupart de ses enjeux. Du coup, on ne craint jamais vraiment pour la vie des personnages, ce qui est dommage. Par ailleurs, le gros rebondissement du film est tellement cousu de fil blanc qu’on le voit venir une bonne heure à l’avance.

Reste un film qui se laisse regarder pour peu que l’on fasse partie de la cible visée (12-16 ans) et que l’on soit sensible aux naïves romances unissant une courageuse héroïne somme toute assez ordinaire à de beaux jeunes hommes protecteurs aux splendides pectoraux. Survival light piochant ses influences à droite à gauche (de La guerre des mondes de Spielberg à Walking Dead), La 5ème vague propose un condensé de films de genre pour un public qui n’en est pas nécessairement familier. Si le spectateur adulte moyen sera tenté de s’assoupir devant les aventures de Cassie, le film fonctionne plutôt bien pour son cœur de cible, avec lequel il établit un lien de connivence. Après tout, les spectatrices de Twilight ne sont pas (ou plus) forcément dupes, autant donc rigoler un peu des situations éculées et de l’intrigue qui verra l’héroïne partagée entre deux beaux jeunes hommes.

Pris au second degré dans ses séquences romantiques et ses multiples rebondissements, le film présente quelques atouts pour susciter l’intérêt des adolescent(e)s et leur faire passer un agréable moment, entre ami(e)s par exemple. Chloë Grace Moretz, qui livrait une interprétation aussi ambigüe que troublante dans Sils Maria, se retrouve ici dans un registre plus convenu et parvient assez facilement à rendre son personnage sympathique, de sorte que les spectatrices pourront facilement s’identifier à elle. Il ne faut en revanche pas en attendre trop de ces jolis messieurs, qui servent davantage de caution romantique, bien que le personnage de Nick Robinson soit un peu plus développé, car ayant de nombreuses scènes indépendantes de celles de Cassie. Reste à savoir si le second volet de la saga sera porté à l’écran, La 5ème vague ayant mieux marché à l’étranger qu’aux Etats-Unis.