Après Until Dawn : Rush of Blood, nous continuons notre série de previews concernant les quelques jeux Playstation VR que nous avons pu essayé en longueur. Alors que Bound est disponible depuis le 16 août 2016 en exclusivité sur Playstation 4, nous avons pu l’approcher dans des conditions tout simplement renversantes : casque de réalité virtuelle vissé sur la tête. L’occasion de revenir sur un jeu formellement agréable qui, annonçons-le d’entrée, va être encore bonifié grâce à cette nouvelle technologie…

image ps4 bound

Débutons par une anecdote : avant de mettre la main (et la tête) sur cette version, on ne connaissait Bound ni d’Adam, ni d’Eve. L’offre jeu vidéo a cela de passionnant qu’elle réserve bien des surprises à tout un chacun, et que son actualité florissante peut parfois nous submerger. Bref, on enfile le très confortable Playstation VR sur le crâne, on en fait de même avec un casque audio pour une immersion absolue, et le spectacle commence. On utilise ce mot en le maîtrisant : Bound est autant un jeu qu’un véritable spectacle à admirer. Ce qui saute immédiatement aux yeux, avant même le soft en lui-même, ce sont les sensations nouvelles qu’apporte le casque quand il est associé à un jeu « à la troisième personne ». On est au plus près de l’action, bien plus proche que le joueur ne l’a jamais été. On est décidément fasciné par les possibilités qu’offrent cette nouvelle technologie.

image santa monica bound

Bound a su charmer les amateurs de jeux à ambiance, à direction artistique forte, un peu moins les joueurs avides d’innovations purement « gameplayennes ». Si nous ne nous prononcerons pas sur le jeu sans Playstation VR, écrivons qu’avec celui-ci nous avons été tellement envoûtés que l’aspect très terre-à-terre de ces remarques nous ont paru hors-sujet. Principal apport du casque : le maniement de la caméra gagne en intensité. L’angle de vue est laissé à la charge du joueur, celui-ci devra la placer à l’aide du stick droit, ce qui donne une impression de maîtrise qui pourra déstabiliser dans les premières secondes de jeu. C’est très simple : on a l’impression d’être le metteur en scène de Bound, le choix des angles procure un sacré plaisir… et un certain confort.

image playstation vr bound

Le personnage principal de Bound, une ballerine dont l’animation nous a stupéfié par sa grâce, se mouve dans un environnement artistiquement sublime. On se souviendra longtemps de cette très belle impression que l’on a eu quand, après avoir arrêté notre choix sur un angle de vue fuyant, l’héroïne s’est élancée sur le chemin quelques secondes, le temps d’opérer une sortie de champs purement cinématographique. Un mouvement de stick droit, et la caméra revient sur le personnage. L’effet est tout simplement remarquable, et une fois le tour de passe-passe maîtrisé on ne manipule plus la caméra : on la devient, on l’incarne. Ce genre d’instants magiques, contemplatifs à souhait, s’enchaînent dans ce Bound version Playstation VR.

image playstation 4 bound

Bien entendu, qui dit Playstation VR dit poursuite du regard transmis à l’écran. Ainsi, le joueur de Bound pourra regarder tout autour de lui en toute liberté, et se servir de cette possibilité pour prolonger un angle de vue. Le casque est décidément opérationnel quelle que soit la forme du jeu qu’il vient sublimer. On voit venir la question, donc prenons les devants : on n’a pas ressenti une seule seconde de nausée. On le répète à l’envie depuis pas mal de temps, l’expérience réalité virtuelle n’est aucunement réduite aux FPS. On verra même que ces jeux « à la première personne » où le joueur contrôle le traveling sont ceux qui peuvent provoquer des maux de ventre. Ici, le joueur pourra jouer et rejouer les trois heures de Bound sans ne jamais se sentir gêné d’aucune façon, car notre corps comprend le mouvement envoyé en provenance de nos yeux jusqu’au cerveau.

image preview bound

On ne peut tout de même pas s’empêcher de parler de Bound en lui-même. Écrivons le clairement : en terme de gameplay pur le soft reste inchangé. Il s’agit d’un jeu de plateforme aux mécaniques classiques, d’aucun dirait basiques, et qui répondent au doigt et à l’œil. On sent clairement la patte de Santa Monica dans la finition au détail près tant Bound n’est jamais pris à défaut, que ce soit dans les énigmes proposées ou dans le level design assez aérien. Le tout est englobé dans une direction artistique très typée art moderne, avec un choix des couleurs pensé en fonction des habitudes des joueurs (ce rouge ne peut que vouloir dire quelque chose…). Des interrupteurs parfois bien cachés dans le décors vous ouvriront la voie, laquelle vous demandera une dose de dextérité pour les sauts et obstacles habituels. On ne peut pas dire que le concept réinvente la roue, même si nous soulignons la très bonne tenue de la maniabilité que l’on pourrait qualifier du fameux « aux petits oignons ». Mais on a été tellement captivé par l’apport du Playstation VR en terme de sensations que l’on ne peut s’empêcher de penser que le casque transcende l’expérience Bound. Décidément, la révolution est en approche…

Le casque Playstation VR sera disponible le 13 octobre 2016, rendant Bound compatible à cette date.

image sony bound 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato