article coup de coeur

[Test] Astro’s Playroom : la next gen commence ici

Caractéristiques

    • PlayStation 5
  • Développeur : SIE Japan Studio
  • Editeur : Sony Interactive Entertainment
  • Date de sortie : 19 novembre 2020

Astro’s Playroom, un hit tout gratuit

image test astro's playroom
Astro’s Playroom vous réserve de grands moments.

Elle sort le 19 novembre 2020. Elle est au centre de toutes les convoitises, surtout en cette période de confinement. La PlayStation 5 s’apprête à débarquer, et nous la testons depuis quelques jours. Ainsi, nous allons vous livrer une foule d’articles étant destinés à ce monstre de technologie, et le premier ne pouvait qu’être celui consacré au jeu inclus dans la console : Astro’s Playroom. Annoncé sans grandes pompes, cette totale exclusivité a pourtant rapidement fait parler d’elle. Tout d’abord parce qu’elle est totalement gratuite. Oui, vous allumez votre PS5, et elle est déjà installée. Cela rappelle évidemment Wii Sport et nous allons voir que l’on prédit à ce soft le même destin couronné de succès.

L’autre raison qui poussait les joueuses et joueurs à ne pas prendre l’annonce d’Astro’s Playroom par-dessus la jambe tient en deux noms : ASOBI Team et Japan Studio. Le points commun entre ces deux entités n’est autre que Nicolas Doucet, le français qui monte, qui monte, à tel point qu’il dirige aujourd’hui la seconde citée. Et pour cause, son Astro Bot : Rescue Mission est, avec Resident Evil 7, ce qui se fait de mieux sur PlayStation VR. Le petit robot revient donc, et toujours avec une mission d’importance : montrer l’exemple, donner le « la ». Ici, ce n’est plus le casque de réalité virtuelle qui est au centre du concept, mais celle qui est l’une des plus grandes stars du lancement de la PlayStation 5 : sa manette, la Dual Sense qui, on vous le signifie de suite, va faire grand bruit.

Il faut tout d’abord faire la lumière sur le concept d’Astro’s Playroom. Il s’agit d’un jeu de plateforme en 3D, avec pas mal d’action et un gros focus sur les phases visant à exploiter les spécificités de la Dual Sense. Avec son précédent jeu, OSOBI nous avait conquis notamment grâce à une prise en mains si immédiate qu’on la qualifie d’exemplaire. Ici, c’est encore le cas. N’importe quel joueur pourra prendre son pied, que vous soyez du genre confirmé ou novice. Cela ne signifie pas pour autant que le soft se fait simpliste. On a droit à un vrai travail de level design, et les idées de gameplay fusent dans tous les sens. C’est, d’ailleurs, l’une des grandes qualités du titre : son rythme tambour battant, qui parvient à happer le joueur jusqu’à ce qu’il estime être venu à bout de l’expérience. On en attendait vraiment pas autant !

La DualSense, grande star de ce jeu

image jeu astro's playroom
Le pavé tactile de la DualSense est très bien utilisé.

Astro’s Playroom propose des mécaniques que l’on considère parmi les plus intelligentes croisées depuis un moment. La base est on ne peut plus classique : on saute, on prolonge le bond, on donne des coups. Ce sont les situations, les problématiques certes légères mais efficaces et fluides, qui ne cessent de relever la sauce. On ne va pas tout vous dévoiler, tant l’effet de surprise est nécessaire, mais l’on se doit ici d’aborder l’utilisation de la DualSense. On pense de suite aux phases pendant lesquelles le robot se transforme. On citera surtout la boule, qui exploite à la perfection le pavé tactile. On ose même l’écrire ici : il s’agit de la meilleure utilisation de cette feature, depuis sa naissance avec la Dual Shock 4. La reconnaissance de mouvement est aussi invoquée, notamment lors d’escalades simiesques.

Astro’s Playroom est une véritable ode à la DualSense, et ce n’est pas un hasard. Si cette nouvelle génération proposera de véritables révolutions purement techniques, la manette joue l’un des rôles les plus centraux de ce passage de flambeau entre la PlayStation 4 et la PlayStation 5. Le jeu s’ouvre d’ailleurs sur un petit tutoriel qui vous livre les spécificités du pad, et vous allez de suite capter ce qu’il a de purement merveilleux. Nous pesons nos mots. Le dispositif haptique va sûrement être l’élément qui vous prendra le plus aux tripes, dans un premier temps. On verra comment les différents éditeurs prennent conscience de l’impact d’une telle avancée, mais ici on est ébahit à chaque instant. On ressent des différences de vibration selon le sol, par exemple. On pense à ce passage sous la pluie, avec un Astro sortant son parapluie : on sent comme des gouttes d’eau tomber sur la DualSense. Et, plus loin, la grêle prend le relais, modifiant encore la sensation.

Ensuite, ce sont les gâchettes qui emportent l’adhésion. Dès l’écran de tutoriel, Astro’s Playroom nous fait découvrir un effet de résistance qu’on pensait impossible. C’est très simple : si le jeu le décide, ces boutons se bloquent, purement et simplement. De là, il faut comprendre que les différents degrés de fermeté font qu’on sent d’autant plus le retour. Ainsi, l’avatar utilise un arc, dans l’une des phases les plus mémorables du jeu. C’est tout simplement hallucinant : on ressent une tension dans la gâchette, ce qui ne fait que pousser plus loin le réalisme, mais aussi et surtout la précision. Si, ici, cela fait plus l’effet d’une démo, certes de très grande qualité mais dont le but est d’exposer plus que d’exploiter, on ne peut qu’imaginer sur des jeux de course (coucou Gran Turismo), ou sur Horizon 2 : Forbidden West. On en prend les paris, ces expériences n’en seront que plus inoubliables grâce à cette manette.

Un hommage aussi vibrant qu’intelligent à PlayStation

image gameplay astro's playroom
La marque PlayStation est au parfaitement mise en avant.

Astro’s Playroom ne propose pas un scénario comme on l’entend. Il ne s’agit pas de raconter l’histoire de ce petit robot tout mignon, mais plutôt d’accompagner le joueur là où il ne s’attendait pas à mettre les pieds. Il est donc question, non seulement, de découvrir des univers motivés par la technologie de la PlayStation 5, mais aussi de retracer l’historique de la marque de Sony Interactive Entertainment. Notre avatar va devoir visiter quatre mondes (plus un final dont que l’on vous laissera découvrir) : Circuit SSD, Jungle du GPU, Prairie de la RAM et Station climatisante. Le but est de traverser ces territoires afin d’y collecter l’une des quatre précédentes consoles Sony. Bien entendu, en chemin vous aurez le loisir de farfouiller dans des environnements directement inspirés par l’élément technologique qui lui est associé. Par exemple, le Circuit SSD montre quelques possibilités liées à ce composant, avec une distance d’affichage qui dépasse l’entendement. Et, en chemin, on récolte d’autres objets qui trouveront leur place dans le musée.

Astro’s Playroom dégage une véritable sympathie car il sait choyer le joueur, et notamment celui qui suit l’aventure PlayStation depuis ses débuts. Cachés dans les niveaux, jamais trop vicieusement, les artefacts retracent les différentes sorties hardwares en lien avec les quatre précédentes consoles. Tous seront ensuite stockés au Labo PlayStation, un musée tout simplement exemplaire, où l’on peut réellement passer au crible les différents objets. On insiste : cette dimension d’hommage aux différentes machines nées chez Sony Interactive Entertainment occupe une place importante, et cela forme un engouement communicatif. En ce lieu joyeux, rempli de petits robots qui s’affairent dans tous les sens, on pourra aussi admirer deux grandes fresques, lesquelles se dessinent au fur et à mesure des pièces de puzzle que l’on déniche au sein des niveaux, mais aussi à la machine Gashapon, dans laquelle on insère les pièces là encore trouvées pendant vos pérégrinations.

L’ambiance d’Astro’s Playroom est une énorme réussite, et c’est aussi grâce à tout ce travail sur les références. Au sein des différents mondes, les clins d’œil se multiplient. Il suffit d’être attentif pour en voir : Final Fantasy 7, God of War, Crash Bandicoot, Resident Evil, Silent Hill, et des dizaines et des dizaines d’autres. Cela grouille de vie à l’écran, et mine de rien on fait bien face à la première expérience visuelle next gen. La PlayStation 4 était obligés de trouver des solutions afin de charger des éléments au fur et à mesure, on observait donc une distance d’affichage réduite. Ce besoin est désormais de l’histoire ancienne, et c’est ce qui saute de suite aux yeux : ces nouvelles technologies embarquées par la PlayStation 5 provoquent des mondes infiniment plus crédibles, animés de partout, et ce sans qu’ils ne se chargent de partout. Ajoutons une certaine dose de grand spectacle avec une mise en scène intelligente (ce n’est pas ce météorite du Circuit SSD qui nous fera dire le contraire), des effets pyrotechniques de partout, et une direction artistique mignonne au possible. Ajoutons une fluidité constante à soixante images par seconde, de la 4K sans le moindre accroc, secouons, et l’on obtient une bien belle claque.

On sent aussi qu’il va falloir compter avec la partie sonore de la console. Pour le moment, nous avons surtout joué au casque, et pas avec l’officiel (dont on vous réserve un test complet dès réception), mais on est déjà séduit par le rendu. Le travail du compositeur Kenneth Young se révèle réjouissant au possible. On adore particulièrement les musiques du Circuit SSD (« esse esse diiii, esse esse diii, esse diiii, esse esse diiii », ça va vous rentrer dans la tête pour un moment) et de la Jungle du GPU. Aussi, tendez bien l’oreille et vous hallucinerez en entendant une multitude de petits détails liés aux robots figurants, à leurs animations. C’est, là aussi, quelque chose que l’on ne pouvait imaginer sur PlayStation 4. Pour finir, quelques mots concernant le contenu. Astro’s Playroom est certes un jeu gratuit, directement installé sur votre PlayStation 5, il ne faut cependant pas penser que vous en ferez le tour en deux heures. Les quatre mondes, et la dernière partie, vous demanderont six bonnes heures de jeu. C’est déjà pas mal du tout, et à cela on ajoute la chasse aux Trophées, avec un Platine au programme. Bien entendu, on est tellement à l’aise dans cet univers qu’on en aurait voulu plus, mais qui aurait pu prédire que l’annonce initiale, un peu en catimini, accoucherait d’une telle réussite ?

Note : 17/20

C’est très simple : avec cette exclusivité, toute personne possédant une PlayStation 5 a droit à un hit, le plus gratuitement du monde. Pré-installé sur la console, Astro’s Playroom se veut plus qu’une simple démo technique : Japan Studio livre un excellent jeu de plateforme adapté pour tous les publics. Bourré de références, foisonnant d’effets impossibles sur l’ancienne génération, le soft se permet même de nous mettre une claque visuelle. Mais c’est surtout l’incroyable prestation de la DualSense qui va rester en mémoire. Si vous n’étiez pas certain de l’utilité de migrer de la PS4 vers la PS5, ce titre va vous exposer une surprenante somme d’arguments. De quoi durablement installer ce petit robot comme la véritable mascotte de PlayStation.

8/10

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