Un Rogue-like qui a du cœur

Vous le savez depuis notre test de Downwell, chez Culturellement Vôtre on a tendance à adorer les Rogue-like. Ces jeux qui misent beaucoup sur le rythme et la rejouabilité sont obligés de se conceptualiser pour pousser le joueur à devenir accroc. On fait donc face à un genre fait, pensé pour scotcher les joueurs à leur écran, et cela n’est pas pour nous déplaire. Attention, cependant, car si le terme Rogue-like sonne gracieusement à nos oreilles, il faut aussi préciser qu’un manquement en terme d’équilibre, de gameplay, de technique, voire même d’ambiance sonore, et c’est la fin des haricots ! Qui pourrait devenir quasiment dépendant à un soft pas maniable, pas stable, ou encore désagréable aux esgourdes ? Donc, c’est tout de même avec une pointe d’appréhension que la découverte d’un Rogue-like se vit. Voyons comment s’en sort cet Airheart, bébé du studio indépendant Blindfug

Débutons par un petit retour sur le concept d’Airheart en lui-même. Le joueur incarne non pas un petit avion, comme on serait tenté de le croire, mais sa pilote : la douce rêveuse Amelia. En effet, en songes elle projette de capturer le Skywhale qui, comme son nom l’indique, est une baleine impressionnante flottant dans les airs, ou plutôt la stratosphère. Mais, pour ce faire, notre avatar féminin va devoir booster son engin volant à grands coups de nouvelles pièces qu’elle se procurera contre de la monnaie sonnante et trébuchante. Enfin, ça c’est pour le côté pécuniaire, car on pourra aussi récupérer ces améliorations en les lootant sur des ennemis. Car, dans les airs, c’est aussi un champs de bataille qui deviendra de plus en plus sans pitié au fil des hauteurs atteintes : plus vous vous aventurerez haut, plus les adversaires seront coriaces, donc laisseront derrière eux de bien belles récompenses. On sent aussi tout un background très solide, qui aborde le sujet important du respect de la nature .On n’a pas pu l’approfondir lors de cette heure passée avec Airheart, on se réserve ça pour le test.

image screenshot airheart

Skill est bon, ce jeu

S’il faudra évidemment attendre de poser les pattes plus longuement sur Airheart, d’autant que l’on s’est entendu dire que côté contenu certaines choses très prometteuses sont dans les tuyaux, forcé de constater que cette heure passée avec le jeu est plus que satisfaisante. Débutons par ce qui est, pour nous, la condition la plus sine qua non pour qu’un Rogue-like soit réussit : la profondeur de son gameplay. Le skill, pour être plus exact, qui va faire sentir au joueur sa propre marge de progression, le poussant à jouer encore et encore. Airheart réussit ce tour de magie, à l’image des plus belles réussites du genre : le niveau affiché par votre humble serviteur n’était pas le même lors de sa première partie que pendant sa dernière. Plusieurs raisons à cela : les contrôles de l’avion, et le rapport qui se créé avec les autres éléments (l’adversité, les obstacles), offrent de quoi véritablement progresser dans notre manière d’optimiser nos parties. Pour faire simple, on comprend vite nos limites, et la façon de les repousser de plus en plus.

Comprendre Airheart est un jeu d’enfant, par contre le maîtriser est une autre paire de manche. Si les premiers « étages » sont plutôt tranquilles, voire même reposants, plus vous emprunterez les ascenseurs vers le septième ciel, plus vous serez assaillis par une flopée de véhicules volants retors. Pour s’en défaire, il faudra user de la panoplie qu’offre votre avion : tir simple, tir secondaire, et « skill » propre au modèle choisi à la base qui peut être, par exemple, un boost de vitesse ou la possibilité de stationner pour mieux défourailler. Chaque ennemi a un point faible, certains seront protégés par des boucliers, d’autres seront de véritables forteresses volantes. Si l’on n’a pas eu le temps d’aller très haut dans la stratosphère, écrivons que ce que l’on a croisé était assez varié pour créer des situations toujours nouvelles. Et ça, dans un Rogue-like, c’est toujours apprécié.

image preview airheart

Espérons que la durée de vie suive

Même si Airheart propose de prendre les commandes d’un avion, il faudra faire attention à ne pas trop se sentir pousser des ailes ! Le jeu a beau être très plaisant dans sa direction artistique pleine de couleurs, il ne faut pas croire que Blindfug signe là un jeu « tranquilou loulou ». Vous vous en rendrez compte si vous ne respectez pas à la fois les limites de votre avion et celles de votre skill. Et si vous vous faîtes dégommer en beauté attention : car vous serez carrément en position de tout perdre ! Airheart est un Rogue-like, donc la notion de « je recommence depuis le début » est très forte, cependant ici elle est aussi punitive. Se faire dézinguer provoque une phase d’atterrissage forcé : vous êtes en mode mayday, et devrez viser la piste d’atterrissage en évitant les obstacles sur le chemin. Évidemment, plus vous vous serez aventuré en hauteur, plus vous serez emmené à devoir zigzaguer entre les contrariétés. Et si vous vous ratez… tout ce que vous aurez amassé sera perdu, mais pas seulement : l’avion aussi ! Il faudra donc recommencer depuis le tout début, ce qui, bien entendu, ne constitue pas un frein à la joie de jouer à Airheart. L’échec fait partie de la globalité, et le joueur est même poussé à cela.

S’il faudra vérifier encore certains éléments lors du test d’Airheart, notamment côté durée de vie, écrivons sans peine qu’on est là face à un jeu indépendant comme on les aime : terriblement addictif, bourré d’idées, et enchanteur dans son ambiance. On l’a abordé un peu plus haut, l’univers coloré fonctionne à merveille, et techniquement le jeu est aussi solide que stable. On a pu vérifier ce dernier point lors d’une joute assez impressionnante, avec plusieurs ennemis à nos trousses, cela restait fluide. On a rencontré un ou deux bugs, mais rien du tout d’alarmant sur ce genre d’essai en amont de la sortie. On peut aussi aborder la musique, que l’on a trouvé enchanteresse et pas répétitive, et tant lieux car il s’agit parfois d’un véritable frein dans certains Rogue-like. Terminons en dévoilant que Blindfug bosse d’arrache-pied sur quelques surprises côté contenu, dont de nouveaux poissons ou, attention c’est à la mode, un grappin, qui a une justification toute trouvée au sein du gameplay. Les amateurs de ce genre peuvent donc attendre la sortie d’Airheart avec impatience, un jeu qui promet de longues parties… sous réserve que la durée de vie tienne le vol, bien évidemment.

Retrouvez la page Steam Greenlight d’Airheart. Sachez que le jeu est prévu sur PC, il aura droit à une version en accès anticipé en 2016. Il fera aussi le voyage vers les consoles PS4 et Xbox One. 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato