C’est toujours meilleur la deuxième fois ?

On lit souvent qu’être « la suite de » est parfois un véritable handicap, quel que soit le medium abordé. Une difficulté qui n’a pas fait peur à Larian Studios, ce développeur ultra-doué et déjà habitué à se frotter à des défis pour le moins imposants. Rappelons, évidemment, que leur Divinity Original Sin Enhanced Edition (retrouvez notre test en ligne) a réussi à faire taire les mauvaises langues qui considérait ce genre de RPG occidental inadaptable sur consoles. Résultat ? Un chef-d’œuvre. Divinity Original Sin 2 prend-il la même direction ? Fera-t-il mentir une idée reçue de plus ? Début de réponse avec notre preview, écrite après quelques heures passées sur l’Early Access actuellement en cours sur Steam.

Exclusivement disponible sur Steam, et ce depuis le 15 septembre 2016, cet accès anticipé propose aux joueurs de se frotter au premier acte du jeu, et ce en solo ou… en multi. Car l’une des grosses nouveautés est de proposer de se réunir jusqu’à quatre joueurs, que ce soit en coopération ou en PVP. D’ailleurs une arène est disponible, histoire de prouver que ce mode ne sera pas juste une petite friandise, mais nous y reviendrons un peu plus tard : continuons de replacer le contexte. Côté histoire, le scénario de Divinity Original Sin 2 prend place près de mille ans après le précédent jeu. On ne vous spoilera pas trop la tronche rassurez-vous, mais il faut tout de même savoir que vous n’incarnerez plus un ou une Traque-Source, mais le camp adverse : un ou une Ensorceleur. Et pas vraiment en bonne posture : vous êtes retenu prisonnier sur Fort Joy, une île à la saveur très Alcatraz. Espérons, au passage, que Larian Studios nous réserve une bien meilleure introduction scénaristique pour la version finale, la petite vidéo de début de jeu étant vraiment légère.

Comme tout bon RPG occidental, Divinity Original Sin 2 se dévoile d’abord grâce à son système de création de personnages, moment important qui préfigure la profondeur du jeu. La recette est simple : on reprend tout ce qui fut une réussite chez le grand frère, et on apporte quelques touches pour donner encore plus de relief. Après avoir choisi la race (Lézard, Humain, Elfe, Mort-Vivant et Nain), il faut opter pour des tags. Ces derniers ne sont pas à prendre à la légère, car ils ouvrent des possibilités de dialogues à chaque fois différentes, et sont à même de proposer une expérience de jeu radicalement originale. Et si vous n’êtes pas super fan de ce passage pourtant savoureux de la création d’un personnage, sachez qu’il existe la possibilité de s’attacher d’un « Godwoken », soit un destin imaginé par le jeu. Au nombre de quatre pour cet accès anticipé, ces héros ont leur propre background qui entraîne un caractère et une destinée. Vous commencez à la sentir, cette énorme rejouabilité qui se profile ?

Les premiers instants de gameplay sur cet accès anticipé de Divinity Original Sin 2 pourront fortement rappeler ceux de son prédécesseur : un décor de bord de plage, coquillages et crustacés, clapotis de l’eau, on sentirait presque l’iode traverser l’écran. On remarque rapidement qu’il n’y a pas un énorme gap technique avec cette suite, même si les décors sont plus fouillés et animés qu’auparavant. Par contre, on peut dorénavant mieux zoomer, et le niveau de détails saute alors aux yeux. D’une manière générale, Fort Joy nous a paru être un terrain de jeu mieux équilibré que ce qui servait de premiers pas dans le précédent jeu. On se remémore avec finesse le système de combat absolument génial de la série, qui fait la part belle aux éléments et à leurs effets combinés : de l’huile sur le sol et un ennemi qui s’y badigeonne, parfait pour un mage qui maîtrise le feu ! Divinity Original Sin 2 se propose, là encore, de parfaire ce système jouissif, en apportant de nouveaux éléments, bénédiction et malédiction, qui provoqueront de nouveaux effets. S’il ne s’agit pas d’une révolution du gameplay, écrivons sans mal que le tout nous a paru encore plus fluide, plus intuitif, et même plus logique (attention aux différents effets sur les Morts-Vivants !).

Sans doute l’une des grandes dates de 2017

L’aventure en solo proposée par Divinity Original Sin 2 promet d’être plus qu’à la hauteur. Le travail sur les dialogues, pour le moment en anglais, est toujours aussi savoureux, même si leur interface commence à faire un peu daté. Le jeu est toujours blindé en endroits cachés, en notes intéressantes à lire pour qui aime se plonger dans un univers à l’écriture irréprochable. C’est toujours du tout bon de ce côté, qu’on se le dise, et les amateurs d’exploration ont du pain sur la planche. Ce premier acte, long d’une bonne douzaine d’heures (moins si vous rushez comme des cochons), est aussi l’occasion de se prendre en pleine poire une évidence : le potentiel du jeu en coop est tout simplement vertigineux. On a pu s’y essayer en duo, et différentes situations nous ont tout bonnement conquises. On pense évidemment au schéma que tout le monde imagine en premier : le vol. Quelqu’un parle à un habitant, et pendant ce temps notre coéquipier se charge de lui faire les poches ou, mieux, pour s’introduire chez lui pour le dévaliser. Les dialogues ne sont gérés que par le joueur qui a entamé la conversation, l’autre pourra y assister mais nullement intervenir, attention à bien choisir qui doit prendre les devants en fonction de ses tags…

Pour ne rien gâcher, cet accès anticipé de Divinity Original Sin 2 est d’une stabilité assez exemplaire. Si quelques bugs, principalement d’affichage, sont parfois perceptibles, nous n’avons pas eu le moindre problème côté plantage ou collisions. C’en est même assez surprenant, Larian Studios a du se démener pour obtenir un tel résultat aussi tôt. Un dernier mot concernant le fameux PVP qui, on ne vous le cache pas, nous faisait un peu peur côté philosophie de jeu. Cependant, on a plutôt été rassuré, notamment par un level design intelligent qui préfère confiner l’action mais lui proposer assez de variétés de situations pour permettre des joutes bien sauvages dans le rythme. Il est certain que l’arène ne constituera pas le gros de votre temps de jeu, mais le fait que les sorts soient bien adaptés aux niveaux des joueurs, et la justesse du lobby, font que l’expérience est loin d’être déplaisante.

Si votre question, avant de lire cette preview de Divinity Original Sin 2, est « cela vaut-il la peine d’acheter cet accès anticipé ?« , la réponse est clairement « oui« . Il reste inévitablement quelques ajustements à produire, notamment côté inventaire, avec des objets que l’on aimerait mieux capter du premier coup d’œil, ou encore une difficulté qui aurait peut-être besoin d’être rehaussée d’un chouïa. Des petites retenues qui ne changent rien à ce constat que nous n’hésitons pas à mener : on est là face à l’un des jeux les plus prometteurs de 2017, tous genres confondus. Sur ce, votre humble serviteur retourne essayer le dernier Godwoken à disposition, miam.

Divinity Original Sin 2, un jeu développé et édité par Larian Studios, est prévu pour 2017, sur PC, OS X et Linux. L’accès anticipé est disponible sur Steam. 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato