Homeland saison 3, Sleepy Hollow et Once Upon a Time in Wonderland saison 1 : chronique express

homeland saisonPetit post spécial séries télé autour de trois séries en cours de diffusion aux États-Unis : la saison 3 de Homeland et deux nouvelles séries : Sleepy Hollow et Once Upon a Time in Wonderland.

Commençons par Homeland  : après 2 premières saisons complètement scotchantes — que nous avons binge watchées cet été —, la série nous laissait sur la survenue d’un attentat terroriste et la fuite de Nicholas Brody, aidé par Carrie. La saison 3 — 8 épisodes ont été diffusés jusque-là — se déroule quelques temps après le drame et plonge l’héroïne dans des soucis juridiques avec la CIA, en plein coeur d’un énorme scandale. Moins palpitante que les saisons 1 et 2, mais toujours finement observée, la saison 3 se suit avec plaisir tant que l’on accepte d’avaler une couleuvre assez grosse : la révélation, au détour d’un épisode, alors que Carrie vient de passer plusieurs semaines internée en hôpital psychiatrique, que ses révélations et son internement forcé faisaient partie d’un plan élaboré dans le plus grand secret avec Saul pour traquer un gros bonnet des renseignements iraniens qui pourra leur permettre de remonter la piste du poseur de bombes. Pas très convaincant et mal amené.

Pour le reste, on a droit à de belles scènes et à des intrigues savamment développées malgré quelques ficelles. Claire Danes est toujours aussi touchante dans le rôle de cet agent secret bipolaire. La série n’en fait d’ailleurs pas des tonnes avec la maladie de l’héroïne, qui n’apparaît pas constamment hystérique, risque inhérent à ce type de rôle où l’acteur aura souvent tendance à tomber dans le cabotinage. En revanche, on ne peut s’empêcher de rire lorsque Carrie utilise un test de grossesse et le range ensuite dans un tiroir de sa salle de bains où des dizaines de bâtonnets s’entassent ! On veut bien qu’elle ait quelques petites obsessions et soit dans le déni, mais à ce point !

sleepy hollow

Sleepy Hollow ensuite. Nouveauté de la Fox qui a battu des records d’audience lors de la diffusion de son pilote, cette série fantastico-policière s’inspire bien évidemment du conte gothique du même nom et du film de Tim Burton. Mais de manière très libre, puisque, hormis le cavalier sans tête et les noms d’Ichabod Crane et Katrina, tout le reste a été inventé. L’histoire se déroule dans l’Amérique contemporaine, où un cavalier sans tête fait irruption dans la petite ville de Sleepy Hollow pour trancher quelques têtes, dont celle d’un policier, mentor de la jeune lieutenant Abbie Mills (Nicole Beharie), seul témoin oculaire du meurtre. Un homme en costume d’époque du nom d’Ichabod Crane (Tom Mison, que l’on avait aperçu enfant dans Beignets de tomates vertes) est arrêté sur les lieux du crime puis relâché. Il prétend être celui qui a décapité le cavalier et venir tout droit du 18e siècle.

Bien que le chef d’Abbie ne croit pas vraiment à son histoire, n’ayant pas d’autre option, il accepte qu’elle fasse équipe avec cet homme du passé pour venir à bout du cavalier, qui se trouve être le premier des quatre cavaliers de l’Apocalypse. Marié à une sorcière, Katrina (Katia Winter), dont le sort l’a protégé à travers le temps, Ichabod est d’un flegmatisme tout british et découvre le monde du XXIe siècle guidé par Abbie, qui apprendra à faire preuve de foi et à laisser remonter les fantômes de son passé pour déjouer le complot diabolique.

Sept épisodes ont été diffusés jusque-là et il faut bien l’admettre, la série est drôle et très distrayante. Pas une grande oeuvre, non, mais un produit bien conçu qui attise la curiosité et maintient en haleine. Bilan à l’issue de la saison, donc.

Enfin, Once Upon a Time in Wonderland d’ABC qui n’est autre que… la spin-off de Once Upon a Time, dont nous avions déjà eu l’occasion de vous parler plus tôt dans l’année. Cette fois-ci, la série nous plonge dans l’univers d’Alice au Pays des Merveilles mais, fidèle au principe énoncé dans la série-mère, on y retrouve également les personnages d’autres contes, comme Aladdin et Robin des Bois.

Le pitch ? Après avoir vécu d’extraordinaires aventures au Pays des Merveilles lorsqu’elle était petite fille, Alice (Sophie Lowe) a passé son adolescence à tenter de prouver à son père qu’elle n’était pas folle et que le Pays des Merveilles existait bien. Tant et si bien qu’elle fut abandonnée par son paternel et internée dans un asile où les docteurs veulent la pousser à accepter de se faire lobotomiser lorsque le pilote débute. Heureusement, un personnage de valet anglais débarque au moment critique et lui porte secours, en compagnie du lapin blanc. La jeune fille, qui avait décidé de se laisser mourir depuis qu’elle croyait l’amour de sa vie, Cyrus (le génie de la lampe), mort reprend des couleurs et se lance à sa recherche, retraversant pour cela le miroir. Elle devra y affronter la Reine de Coeur, dont nous découvrirons l’histoire au fil des épisodes, ainsi que le terrible Jafar.

Attachante et d’une qualité assez comparable à celle de Once Upon a Time, la série se suit avec plaisir et propose des clins d’oeil sympathiques, un imaginaire kitsch et des flash backs qui permettent de reconstituer le passé féérique des personnages. Là encore, il ne faut pas chercher une grande série, mais, dans la catégorie série fantastique grand public, ABC nous propose là un programme de qualité qui plaira aussi bien aux jeunes qu’aux adultes ayant gardé leur âme d’enfant. Et, bien que basé sur un univers naïf, on devine que le programme proposera, à l’instar de sa grande soeur, des aspects (relativement) plus sombres au travers de ses deux méchants. A suivre donc.

Cécile Desbrun

Cécile Desbrun est une journaliste culturelle spécialisée dans le cinéma, la musique et l'image de la femme dans la culture. Elle créée Culturellement Vôtre en 2009 et écrit parallèlement pour plusieurs publications en ligne. Elle achève actuellement l'écriture d'un livre sur la femme fatale dans l'oeuvre de David Lynch et est la créatrice du site Tori's Maze, dédié à l'artiste américaine Tori Amos, sur laquelle elle mène un travail de recherche approfondi.

Une réaction

  1. Pingback: [Critique] Conspiracy — Michael Apted

Réagir à l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *