[Critique – PIFFF 2016] Prevenge – Alice Lowe

image poster prevengeCaractéristiques

  • Réalisateur : Alice Lowe
  • Avec : Alice Lowe, Kayvan Novak, Kate Dickie, Gemma Whelan, Joe Hartley, Dan Renton Skinner, Tom Davis
  • Durée : 88 minutes
  • Année de production : 2016
  • Genre : Thriller

Synopsis

Suivant les conseils avisés de son fœtus, une femme enceinte décide de s’adonner à l’auto-justice et se débarrasse de tous ceux qui se mettent en travers de son chemin.

La critique

Alice Lowe, vous l’avez certainement déjà croisée si votre passion du cinéma de genre vous emmène à regarder vers l’Angleterre. Comédienne vue dans Hot Fuzz, Le Dernier Pub Avant La Fin Du Monde, ou encore Kill List, elle s’est aussi illustrée au scénario de Touristes, autre film signé Ben Wheatley dans lequel elle figure égelement au casting. Il est évident que cette expérience l’a encouragé à aller encore plus loin, mais c’est un autre élément qui aura fini de la convaincre. Un argument du genre vivant : un enfant. Tombée enceinte, Alice Lowe s’est trouvée une motivation supplémentaire, ce qui donne le Prevenge que nous abordons dans cet article.

Prevenge est un film à tout petit budget, et tourné en une dizaine de jours. Totalement dans la veine du « do it yourself », l’œuvre signée Alice Lowe est évidemment très marquée par l’expérience que traversait la réalisatrice au moment du tournage. Dès lors, qu’elle soit le sujet principal de sa propre caméra se justifie, donnant au film une personnalité toute particulière. Alors certes, les esthètes pourront parfois faire la moue en constatant un éclairage qui pâtit évidemment du manque moyen, mais globalement la forme reste propre, voire inventive avec quelques séquences bien découpées, et c’est déjà pas mal.

Côté scénario, Prevenge est un peu plus problématique. On avait un peu peur de l’effet « court-métrage allongé », et c’est un peu le cas. Ruth aurait du être quelqu’un d’autre qu’une simple tueuse en série, le rapport avec son enfant, sa voix-off, aurait pu aller encore plus loin, provoquer une représentation de la grossesse plus poussée. Sans vouloir que Prevenge soit aussi pertinent et abouti qu’un chef-d’œuvre comme Rosemary’s Baby (d’ailleurs, cette comparaison que l’on a pu entendre en sortie de salle est terriblement à côté de la plaque), écrivons qu’on attendait du scénario qu’il nous prenne plus aux tripes.

Mais l’humour, l’esprit qui traverse Prevenge rattrape un peu le coup. Alice Lowe joue une sorte de Beatrix Kiddo en cloque jusqu’aux dents, en quête de vengeance après qu’un accident dramatique ait provoqué la mort du père. C’est plutôt classique au fond, mais assez efficace et, surtout, chacune des cibles est l’occasion  pour Ruth (et Alice Lowe) de régler ses comptes avec certains archétypes, et quelques idées reçues par la même occasion. Cependant, n’allez pas faire du film autre chose que le thriller à tendance comique qu’il est : car rien ne saurait justifier, bien évidemment, les actes odieux de la future mère. Prevenge se termine, d’ailleurs, à l’image de bien des œuvres de genre, sans réellement de leçon à en tirer. Et c’est tant mieux.

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Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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