[Critique – PIFFF 2016] Safe Neighborhood – Chris Peckover

image poster safe neighborhoodCaractéristiques

  • Réalisateur : Chris Peckover
  • Avec : Olivia DeJonge, Levi Miller, Ed Oxenbould, Aleks Mikic, Dacre Montgomery, Virginia Madsen, Patrick Warburton
  • Durée : 105 minutes
  • Année de production : 2016
  • Genre : Thriller, Home Invasion

Synopsis

À l’approche de Noël, une baby-sitter et le jeune garçon de douze ans qu’elle garde vont être confrontés à de vils intrus. Loin de se démonter, les deux jeunes vont donner du fil à retordre à leurs invités…

La critique

Le genre du home invasion est parmi les plus usités ces dernières années (voir notre article sur The Neighbor), pourtant les réalisateurs semblent redoubler d’imagination pour proposer des trames surprenantes, retardant le trop-plein pour le moment. Les explications d’un tel succès sont nombreuses : lieu simple à recréer donc parfait pour des productions à budget limité, ou encore un récit en huis-clos qui provoque toujours des émotions fortes au prix de production values minimales. En cette fin d’année, l’Australie nous envoie un film parfaitement dans l’ambiance et dont l’envie est carrément de bousculer le genre : Safe Neighborhood.

Safe Neighborhood débute comme Halloween, avec une introduction qui installe une situation typique : parents absents, baby-sitter à la maison et un gamin de douze ans à surveiller. L’humour est de la partie, l’aspect comique du couple qui s’absente réussit sa mission première : détendre l’atmosphère. Parfait pour, ensuite, emmener le public exactement là où le veut Chris Peckover : une mauvaise piste d’une puissance phénoménale, car en elle repose l’une des analyses les plus intelligentes du public vues sur grand écran depuis longtemps. Pour s’en rendre compte, il faut absolument voir Safe Neighborhood en salles, pour entendre les rires lors de séquences pourtant très inquiétantes. Quand un enfant de douze ans tient les mêmes réflexions qu’un jeune adulte, on se doit d’être interloqué, et pas spécialement de s’esclaffer.

image film safe neighborhood

Ainsi, Safe Neighborhood se joue de nos propres perceptions, et renvoie en pleine tronche du public ses propres largesses. Sans pour autant ne tirer aucune conclusion sur « la jeunesse actuelle », le film ne se permettant jamais de viser trop haut, il faut bien écrire que le réalisateur s’amuse avec les possibilités offertes aux enfants, de sorte que le pétage de plombs est une éventualité tout à fait crédible. Ajoutons une interprétation hallucinante des deux gamins (les autres sont aussi très bons), le tour en est que plus réussit. Et le scénario se charge d’enrober le tout d’une véritable maîtrise du genre, de ses codes et de son public. Du rire, on vire aux frissons avec une fluidité étonnante pour un deuxième long-métrage, Chris Peckover gagnant au passage le rang des réalisateurs australiens à surveiller de très près.

Safe Neighborhood se termine sur une note absolument magique, une dernière variation de tonalité qui ferait pouffer de rire un rocher. Un fait d’autant plus impressionnant que la tension accumulée juste auparavant avait clairement besoin d’être expulsée, on est donc là en face d’une œuvre qui sait exactement ce qu’il provoque. Le film de clôture de ce PIFFF 2016 est même notre préféré de la programmation (hors séances cultes, bien évidemment), une pépite dont on espère qu’elle pourra au moins être admirée en DTV. Safe Neighborhood le mérite (très) largement.

image safe neighborhood

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
/10

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