[Test – Playstation 4] Berserk And The Band Of The Hawk : Musô unleashed

image jaquette berserk and the band of the hawkCaractéristiques

Test

Voilà quelques temps qu’Omega Force (A.O.T. Wings Of Freedom) s’est décidé à ouvrir les portes du Musô à toute une ribambelle de licences prestigieuses. Zelda, Hokuto No Ken, Arslan, One Piece, et prochainement Fire Emblem, les associations semblent illimitées en potentiel tant le principe même du genre pousse à ces rencontres bien pertinentes. C’est le cas de Berserk, grande star du manga, imaginé depuis 1989 par un Kentaro Miura qui, pour le moins, a de la suite dans les idées (même s’il accuse le coup depuis quelques temps, c’est indéniable). Issu d’un Seinen à la fois philosophique et ultra-violent, aux thématiques puissantes et sombre, Berserk And The Band Of The Hawk se fait donc une joie de rencontrer le studio Omega Force, détenteur des codes de ce qu’on appelle aussi le Warriors-like.

Scénario : 3/5

image guts berserk and the band of the hawk
Image issue du Playstation Share.

Ce n’est (malheureusement) pas une surprise, Berserk And The Band Of The Hawk relate l’intégralité de l’Âge d’Or, arc initiateur devenu culte au fil du temps. Si les fans hardcore du manga pourront peut-être ressentir une certaine redondance (entre la série animée et les OAV, on peut dire qu’on connait ce passage sur le bout des doigts !), ils ne pourront que constater le soin apporté par Omega Force à la livraison d’un récit fidèle… au triptyque vidéo. En effet, on est clairement dans une adaptation des trois dessins animés signés Toshiyuki Kubooka, et non du seinen sur papier. Ce qui explique aussi que, si la violence est bien au rendez-vous, elle est tout de même (très) largement atténuée comparé à ce qu’on a connu dans les moments les plus mémorables du manga.

S’il ne faut donc pas espérer croiser les mêmes envolées véritablement gores du manga, Berserk And The Band Of The Hawk n’est cependant pas un jeu qui brade son esprit. Il prend le temps d’évoquer tous les moments clés de ces fondations médiévales, en présence de tous les personnages qui y sont évoqués. Griffith, Casca, Pippin, Judeau, Carcus, Rickert, Zodd, et tous les autres, sont réunis autour d’un Guts bien évidemment omniprésent. Concernant la pure trame du mode Histoire, elle est à l’image de la trilogie animée : simplifiée certes, mais elle garde l’essentiel de l’esprit. Le scénario ne brade pas les problématiques, le crescendo vers la redoutable Eclipse fonctionne bien : rien à redire. Et, pour les gourmands de l’univers, entre chacune des (nombreuses) missions s’ouvre l’accès à de très courts dialogues, voir de petites cutscenes (qui nécessitent un temps de chargement, damned) qui grattent un peu les rapports entre les personnages.

Berserk And The Band Of The Hawk est donc tout à fait satisfaisant en terme de fidélité à l’histoire d’origine. La narration, cependant, nous a paru ponctuellement asthmatique, avec parfois des transitions un peu brutales, ainsi qu’un mélange d’extraits des OAV et de cinématiques parfois un peu déroutant. Mais globalement cela se tient honorablement, et ce n’était clairement pas une mission gagnée d’avance. Dernier point, signalons que le jeu est entièrement localisé en anglais, et se révèle pas mal dialogué hors ou intra action.

Gameplay : 4/5

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Image issue du Playstation Share.

Berserk And The Band Of The Hawk se positionne fermement dans la moyenne de ce que produit Omega Force en terme de gameplay. S’il ne faut pas s’attendre à une révolution du Musô, la licence a bel et bien une certaine influence sur les codes du genre. Il va donc falloir tapoter sauvagement les touches « Carré » et « Triangle » jusqu’à se faire des courbatures (oui, aux doigts, c’est possible), dans la joie et l’allégresse mais en ayant en tête quelques subtilités. La plus importante est évidemment la jauge de rage, laquelle se remplit quand vous envoyez ad padres des grappes de belliqueux. Elle dispose de niveaux par ailleurs, jusqu’à cinq chez certains personnages, ce qui allonge de ce fait l’état de transe dans lequel est plongé le personnage. Pendant cette véritable transformation, votre avatar deviendra un véritable surhomme, beaucoup plus rapide, puissant et résistant, et chaque ennemi terrassé rapporte des orbes qui, une fois engrangées, permettent de balancer un coup spécial impressionnant.

Berserk And The Band Of The Hawk offre aussi les possibilités habituelles, mais toujours bienvenues, de craft et de forge. En effet, il est possible d’améliorer les objets dûment gagnés sur le champ de bataille, aussi bien avec différentes pierres dédiés que par le biais de fusions avec d’autres éléments. Du classique, mais de l’efficace. Côté boutique, ce qui inclut de facto un système d’argent à récupérer en pleine bataille, on est un peu étonné par la grande accessibilité des achats : le livret A de Guts est du genre à ne jamais connaître la crise. Enfin, signalons ici que, comme dans tout Musô qui se respecte, votre avatar a accès à un cheval afin de dévaler les cartes plus vite. D’ailleurs, lui aussi pourra être renouvelé, afin que le canasson soit le plus qualitatif possible.

Si Berserk And The Band Of The Hawk a du peps à revendre, et c’est sans doute là le principal apport de la licence. Plus lourde et tranchante que dans les autres Warriors-like, l’impression manette en mains est satisfaisante, et ce malgré un nombre un peu chiche d’enchaînements chez les personnages secondaires. Par contre, Guts est particulièrement gâté, et sa Dragonslayer offre le rendu que l’on était en droit d’attendre : chaque coup asséné fait bien mal, et la nature même de la pourfendeuse de dragon en fait un élément à constamment avoir à l’esprit. Plus viscéral donc, parfois même nerveux, le sentiment que laisse Berserk And The Band Of The Hawk surprend, et encore plus dans les quelques phases de combats de boss qui vous demanderont une totale maîtrise de l’esquive.

Technique et ambiance sonore : 3/5

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Image issue du Playstation Share.

Visuellement, Berserk And The Band Of The Hawk est là aussi dans la droite lignée de ce que peut nous livrer Omega Force depuis quelques années. À savoir des décors paresseux, qui se répètent parfois éhontément, et c’est bien dommage. Car le travail sur les personnages, lui, est exemplaire en tous points. Une modélisation exemplaire, et un beau travail sur les animations, lesquelles évitent idéalement tout sentiment de redite. Bien entendu, les textures ne sont pas tout le temps nickelles, mais le studio de développement s’est tellement attaché à bien être fidèle à l’ambiance de Berserk que la direction artistique se charge de faire oublier cet impair. Par contre, la fluidité est parfois mise à défaut quand l’écran se rempli admirablement, mais rien de bien gênant au final. Signalons ici qu’il est possible de désactiver les effets gores par le biais d’une option, pour les âmes sensibles qui ne supporteraient pas le rouge sang. Et soulignons que ces gerbes d’hémoglobine sont autant de douces mélopées pour les rétines avisées, même si le tout reste finalement plutôt sage comme nous l’avions vu plus haut.

Côté ambiance sonore, Berserk and the Band of the Hawk remplit partiellement ses objectifs. Si les bruitages manquent un peu de diversité, les musiques sont quant à elles calibrées juste comme il le fallait. Les boucles sont peut-être un peu courte, donc lors des longues batailles un petit sentiment de lassitude peut pointer le bout de son oreille, mais les sonorités sont exactement ce qu’on attendait pour accompagner idéalement un jeu Berserk.

Durée de vie : 5/5

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Image issue du Playstation Share.

Si Berserk and the Band of the Hawk peut paraître chiche en modes de jeu, il se rattrape bien volontiers sur le contenu de chacun d’entre eux. Comme toujours dans le genre Musô, accrocher au concept c’est se lancer de manière monomaniaque dans des dizaines et des dizaines d’heures de jeu pour faire évoluer les personnages, à se prendre d’envie de les faire vivre chacune des batailles au cours desquels ils peuvent prendre part, à atteindre méthodiquement chacun des objectifs afin de débloquer des petits bonus sympathiques. Le mode Histoire vous accompagnera de très longues heures donc, puis il sera temps d’aller se frotter à l’Eclipse, que l’on peut aisément comparer à un mode Survie… en plus énervé. Un passage à ne pas louper donc, là encore chronophage (100 étages à atteindre, pour chacun des personnages) et qui délivre tant de bonus qu’il en devient carrément indispensable. Croyez-nous, atteindre le bout vaut la débauche d’efforts consentis. Pour finir, l’habituel monde Libre permet de rejouer les batailles avec des personnages qui n’y figurent pas dans le strict scénario.

Note finale : 15/20

Si vous vous attendiez au Grand Soir pour le Musô, Berserk and the Band of the Hawk ne sera pas spécialement votre meilleur ami. Loin de vouloir révolutionner le genre (Omega Force a-t-il intérêt à se lancer dans une telle opération ?), le soft doit tout de même retenir votre attention tant il propose une recette certes usitée mais savoureuse. Les fans de la licence s’y retrouveront, même si ce sont plutôt les OAV qui servent de base scénaristique, et non le manga. Et les nouveaux venus pourront, eux-aussi, prendre leur pied étant donné que la trame suit le tout premier arc de cette série culte. Enfin, Berserk and the Band of the Hawk offre à ces deux publics, s’ils adhèrent, une matière si généreuse que le rapport qualité-prix nous paraît optimum. Efficace, donc, mais pas renversant.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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