[Test – Playstation 4] Danganronpa 1.2 Reloaded : une excellente licence rejoint la PS4

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Test

En l’an de grâce 2014, alors que David Bowie était encore en vie, et qu’une poignée de supporters du PSG croyaient encore dur comme fer en une victoire de la une Ligue des Champions, sortait un Visual Novel hors du commun intitulé Danganronpa : Trigger Happy Havoc. Un des (rares) grands jeux de la Playstation Vita venait de sortir, et les amateurs d’aventures textuelles se délectaient de l’un des scénarios les plus savoureux de ces dernières années côté jeu vidéo. Un essai transformé par sa suite, cette fois-ci sous-titrée Goodbye Despair et qui, nous allons le voir, se hissait sans mal au niveau de son grand frère. Licence très associée à la Vita, on se demandait quel serait son futur, et les fans redoutaient un abandon pur et simple. Heureusement, Spike Chunsoft (One Piece : Burning Blood) n’a pas dit son dernier mot, contrairement à la portable de Sony, et le troisième épisode est dore et déjà annoncé sur Playstation 4 pour cette année 2017. L’occasion de conquérir un nouveau territoire vidéoludique, dès lors quoi de plus logique que de sortir Danganronpa 1.2 Reloaded, une compilation regroupant les deux premiers jeux ?

Histoire : 4/5

Danganronpa 1.2 Reloaded regroupe les deux Visual Novels parmi les mieux écrites de ce genre si particulier. Le premier jeu, Trigger Happy Havoc, prend place dans une école bien spéciale : la Hope’s Peak Academy. Qu’a-t-elle de si louche vous demandez-vous ? Eh bien sachez que pour y être scolarisé, il faut faire partie de l’élite, être un génie dans une discipline intellectuelle ou sportive. Pas d’entretiens, pas de concours : tout se fait sur les qualités intrinsèques de l’élève. Mais notre avatar, dans cet univers si singulier, ne présente aucun don particulier. Makoto Naegi a « juste » eu la chance d’être tiré au sort dans une lotterie à échelle nationale (l’action se déroule au Japon, vous l’aurez compris) et, en sa qualité de « Super Chanceux » va pouvoir vivre un rêve éveillé… qui va rapidement tourner au cauchemar. Un jour, les élèves voient l’école se refermer sur eux : impossible de sortir, les différentes issues sont condamnées. Les écoliers sont alors reçus par le directeur de l’établissement, un ours en peluche complètement cinglé du nom de Monokuma. Celui-ci fait une annonce fracassante. Son intention est de ne plus laisser sortir les élèves, sauf dans un cas précis et plus que cruel : si quelqu’un tue l’un de ses camarades sans que l’identité de l’assassin ne soit découverte…

La suite, Danganronpa : Goodbye Despair, reprend la même problématique mais la transpose dans un autre lieu. Cette fois-ci, direction Jabberwock Island, une île paradisiaque offrant clairement une autre ambiance à cette suite. Exit Makoto Naegi : on incarne Hajime Hinata, un amnésique qui se retrouve embarqué avec ce que le Japon produit de plus ultime en terme de têtes d’ampoule et de sportifs hors normes. Tout ce petit monde se rend donc à Jabberwock Island, dans le cadre d’une sortie scolaire détendue… du moins dans les premiers temps. Alors que le professeur Usami, un lapin rose charmant, assure le bon déroulé du séjour, le voilà qu’il se fait rejoindre par l’odieux Monokuma, l’ours en peluche écorché vif. Le directeur frappadingue prend les commandes, faisant d’Usami son larbin malchanceux, et lance une nouvelle fois son « jeu » de survie sadique : pour s’échappet de l’île il va falloir que les élèves tuent l’un des leurs sans se faire repérer. C’était sans compter sur le talent de Hajime Hinata, qui va tout faire pour retrouver la trace des différents coupables.

Vous l’aurez compris, insérer la galette Danganronpa 1.2 Reloaded dans votre Playstation 4 vous assurera l’entrée dans un univers pour le moins savoureux. Le scénario d’un Visual Novel est sa principale force (merci Captain Obvious), et les artistes de chez Spike Chunsoft l’ont bien compris. Sorte de mélange entre Battle Royale et Phoenix Wright : Ace Attorney, la licence Danganronpa nous embarque dans un délire voguant sur les flots de l’humour très noir et du sinistre. Les phases de gameplay, divisées entre différents styles d’exploration, imposent un récit tout en construction. L’histoire se dévoile donc petit à petit, les meurtres sont découverts dans un rythme carrément excellent, les phases de jugements apportent leur dose de rebondissement, tout marche comme sur des roulettes. Une fluidité narrative exemplaire qui se retrouve aussi dans les différentes rencontres avec les élèves et, si le sentiment de suspicion reste fort envers eux, il n’est pas rare de s’attacher à quelques uns. En tant que Visual Novel, Danganronpa 1.2 Reloaded est très, très écrit, et passe par des phases de dialogues longues mais délectables… pour qui maîtrise l’anglais. Car voilà l’un des très rares talons d’Achille de cette compilation : elle propose les jeux originaux, et ils étaient sortis sur Vita en étant seulement traduits en anglais. Alors que le troisième épisode est annoncé totalement localisé en français, on aurait apprécié un petit effort à ce niveau. Dommage.

Gameplay : 4/5

image test danganronpa

Danganronpa 1.2 Reloaded rassemble deux jeux très proches en terme de gameplay. Il faut dire que les mécaniques à l’œuvre sont bien huilées, mélange les phases d’exploration, d’enquête, de jugement. Seules les séquences de dialogues sont très passives, mêmes si un système de réaction permet au joueur de ne pas totalement enclencher le pilotage automatique. Mais revenons plus précisément sur ce qui fait la sève de la licence : les procès. Ils sont dynamiques, demandent au joueur une attention constante et, surtout, une bonne dose de méthode. Avant de se lancer dans ces phases, il va falloir bien préparer son argumentaire grâce aux preuves disséminées ici ou là, et bien préparer les Skills trouvés pendant les phases de « School Life ». Ces bonus pourront vous permettre de vous produire avec plus d’aisance lors des procès, et ces derniers pourront tout à fait être perdus de votre part !

Les différences de gameplay entre Trigger Happy Havoc et Goodbye Despair sont peu nombreuses, mais elles existent. La suite gagne en diversité des mini-jeux lors des procès, et propose une vue subjectif plutôt réussie dans les lieux en intérieur. Globalement, Danganronpa 1.2 Reloaded offre l’une des expériences les plus abouties du genre Visual Novel, grâce à un équilibre entre dialogues et phases de gameplay très constant, ne favorisant jamais trop l’univers au détriment du plaisir vidéoludique. On pourra peut-être regretter une certaine facilité, et quelques instants un peu brouillons (surtout dans Trigger Happy Havoc), mais cela ne terni pas le rayonnement de l’ensemble.

Technique et ambiance sonore : 3/5

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Danganronpa 1.2 Reloaded est un pur portage des épisodes Trigger Happy Havoc et Goodbye Despair. Dès lors, l’upscale mis en place a tendance à provoquer un très léger flou à quelques occasions. Heureusement, cette impression un peu en demi-teinte est contrebalancée par les grandes forces de la licence en terme de direction artistique. Avec sa « 2.5D », ses couleurs bien dans le ton, son character-design exemplaire, la licence présente une véritable personnalité qui vous fera de l’effet, à n’en pas douter.

L’ambiance sonore voyage mieux vers la Playstation 4, et c’est sans nul doute dû au gros travail de composition de Masafumi Takada (The Evil Within, Vanquish, The Silver Case). Un nom qui parlera aux amateurs d’OST de jeux vidéo, notamment à travers le duo qu’il forme avec Jun Fukuda (à l’occasion notamment de EDF 4.1 : The Shadow of New Despair, No More Heroes ou God Hand). Ses sonorités bien énervées apportent une sacrée dose d’énergie, mais n’oublient pas non plus de bien souligner la bizarrerie de certaines situations. Signalons que les voix sont disponibles en anglais ou japonais d’origine.

Durée de vie : 5/5

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S’offrir Danganronpa 1.2 Reloaded, c’est partir pour un trip long d’au moins une cinquantaine d’heures… si vous ne poussez pas les deux jeux à fond. Dans ce cas, alors vous pouvez carrément tabler sur plus d’une centaine d’heures afin de découvrir l’intégralité du contenu. Celui-ci ne change pas d’un iota, il est le même que celui qui avait lieu sur Vita, cependant il est amplement suffisant afin de vous faire passer un grand moment dans cet univers. Sachez que voir le bout des deux jeux n’est pas une fin en soi : boucler Trigger Happy Havoc et Goodbye Despair ouvre les portes à des modes bonus. Dans le premier soft, on compte notamment le School Mode, qui propose au joueur de construire son propre harem avec les personnages rencontrés. Dans le deuxième, l’Island Mode propose une alternative au scénario et permet au gamer de se lancer dans une chasse aux hope fragments en toute liberté. Les deux softs proposent bien d’autres modes à découvrir, des choses à débloquer, des trucs gagner dans tous les sens. Bref, vous aurez de quoi faire c’est une certitude.

Note finale : 16/20

Danganronpa 1.2 Reloaded prépare le terrain pour le troisième épisode à venir, et c’est toujours un sacré plaisir que de replonger dans cet univers complètement barré. Monokuma reste la principale attraction de cette licence, un véritable puits à glauquitude tendance humour noir, le tout mis en scène dans deux scénario légers et passionnants. Trigger Happy Havoc et Goodbye Despair en profite aussi pour démontrer aux frileux du Visual Novel que l’équilibre entre dialogues et gameplay peut-être trouvé et constant, et les phases de procès donnent de véritables sensations. On regrettera tout de même l’absence de localisation en français, préjudiciable pour les gamers qui n’auraient pas un niveau de langue vivante au moins intermédiaire. Aussi, on aurait aimé autre chose qu’un simple upscale des softs d’origine, parfois légèrement trop voyant. Malgré ces légères retenues, on vous recommande de foncer vous procurer ce Danganronpa 1.2 Reloaded, non seulement parce que la suite arrive bientôt (et tout en français !), mais aussi parce qu’il s’agit là d’un Visual Novel hors du commun, à la durée de vie plus que généreuse.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
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