[Test – Playstation 4] Flywrench : Messhof confirme leurs débuts prometteurs

image logo flywrenchCaractéristiques

  • Test effectué sur : Playstation 4
  • Genre : Réflexion, Action
  • Éditeur : Messhof
  • Développeur : Messhof
  • Sortie : 14 février 2017

Test

Tout genre a sa production hardcore, tout style visuel a son jusqu’au-boutisme, et c’est fort de ce constat que le studio Messhof a produit une entrée fracassante dans l’univers du jeu vidéo. Son premier jeu, intitulé Niddhog, sorte de soft d’escrime hyper minimalisme en apparence mais captivant à jouer, a fait sensation lors de ses participations à divers événements. Loin d’être facile d’accès, surtout de par sa direction artistique sans concession, Niddhog a posé les bases pour un programme qui, indubitablement, s’annonce dans la droite lignée (d’ailleurs, Niddhog 2 devrait arrive courant 2017). Le deuxième jeu du studio, Flywrench, vient confirmer cette affirmation.

Histoire : /

image jeu flywrench

S’il existe bel et bien un enrobage contextuel, via une sorte de trip spatio-philosophique complètement barré, on ne peut pas dire que Flywrench soit un jeu scénarisé. Du coup, les cinq points en jeu pour l’histoire sont reportés dans le critère du gameplay.

Gameplay : 9/10

image messhof flywrench

Flywrench est typiquement ce genre de soft qui sait exactement comment mettre nos nerfs à rude épreuve. Tout d’abord, il faut préciser que le concept est des plus simples : le joueur incarne une sorte de bâton, et il va falloir rejoindre une sortie en fin de niveau. Pour ce faire, il est primordial de maîtriser les déplacements, et ceux-ci sont inhérents à une certaine apesanteur, qu’il va falloir gérer en sautillant grâce à la touche X (en l’associant avec la direction Haut, on déclenche une sorte de super saut), tout en dirigeant avec le stick gauche (ou la croix multidirectionnel, c’est comme bon vous semble). Simple comme bonjour, sauf qu’évidemment tout va très vite se compliquer.

En effet, les différents niveaux de Flywrench sont bien entendu parsemés d’embûches. Des murs vont se dresser sur votre chemin. Il va falloir les briser afin de s’envoler vers le prochain défi. Ces cloisons affichent une couleur, aussi intéressons-nous aux trois les plus importantes pour la bonne compréhension du principe : blanc, rouge, vert. Il va falloir défoncer ces barrières, et pour ce faire transformer votre avatar en ces mêmes couleurs. Appuyer sur X nous donne une apparence rouge, donc il faudra associer cette action afin de traverser les murs de la même couleur. Carré déclenche la couleur verte, donc il sera indispensable d’appuyer sur cette touche afin de briser les remparts de la même teinte. Ne toucher aucun bouton vous laisse votre apparence blanche initiale, donc… vous avez compris le principe. Précisons ici qu’un tutoriel très efficace est disponible.

Plus le joueur avancera dans le jeu, plus Flywrench développera ce principe des embûches associées à des couleurs (on vous en laisse la surprise), créant une signalisation parfaite afin d’apporter au gamer un système idéalement identifiable. Ajoutons à cela des commandes qui répondent au doigt et à l’œil, et l’on peut dire que Messhof s’est bien démené afin de nous offrir un gameplay si maîtrisé que le joueur ne peut que pester contre lui-même quand il échoue, et jamais contre le programme. Clairement jeu à skill, et aussi bon gros die and retry des familles tant certains (excellents) level designs sont faits pour favoriser l’échec (et, donc, le bonheur de la réussite), Flywrench vous en fera baver par litres entiers.

Dur, Flywrench l’est. Surtout si vous vous lancez dans des défis aussi fous que terminer l’ensemble des niveaux en moins de deux heures. Soyons clairs : le soft révèle son vrai potentiel quand il est poussé dans ses derniers retranchements. Les amateurs de speedrun trouveront là le parfait candidat pour leurs nuits blanches, et maîtriser à fond le cheminement du soft est un véritable exploit bien savoureux. Par contre, il nous semble qu’il faudra picorer Flywrench plus que le dévorer pendant des heures d’affilée : le jeu est tellement fiévreux que le gamer atteint vite un certain niveau de nervosité, et quand il est trop élevé le gameplay semble un peu nous échapper. Et, dès lors, les échecs se multiplient, à une vitesse d’autant plus prodigieuse que la résurrection suit la mort au millième de seconde près. C’est incontestable, Messhof signe là un titre mélangeant l’agréable et l’éprouvant, le jouissif et le rageant, pour le plus grand plaisir des amateurs de challenge.

Technique et ambiance sonore : 3/5

image gameplay flywrench

Dès son premier jeu, le studio Messhof a imposé une vision très précise, une direction artistique marquée par l’amour du néo-rétro et sans aucun compromis sur le but à atteindre. Indéniablement, ces graphismes sciemment simples, et ces couleurs limitées ont provoqué un clivage, ce qui est aussi signe d’un véritable choix artistique. Flywrench s’inscrit dans la droite lignée, même si le genre même du soft pourra un peu plus jouer en sa faveur. Les couleurs sont toujours flashy, mais l’absence de besoins côté décors offre un jeu plus épuré, moins bariolé, visuellement plus « friendly ». Signalons qu’on a croisé quelques bugs, notamment deux ou trois traversées des limites assez rigolotes….

La bande originale de Flywrench ne déçoit pas. Le programme s’annonçait alléchant sur le papier, avec la présence de Daedelus, Mark Redito, Baths, Kuh Lida, Danny Scrilla, Knife City, Om Unit, Dntel, Syndakit, Sweatson Klank et Goodnight Cody. Toute cette joyeuse bande nous sert là une soundtrack immersive au possible, qui valorise très bien le gameplay nerveux. Là encore, on ne pourra pas non plus conseiller d’écouter les divers morceaux toute la journée, mais dans le cadre du jeu cela convient admirablement.

Durée de vie : 3/5

image test flywrench

La durée de vie de Flywrench dépendra de l’utilisation qui en est faite par le joueur. Si ce dernier veut juste atteindre le bout, sans non plus se frotter à tous les niveaux, alors il faut compter sur un peu plus de trois heures. Ce sera plus si vous vous mettez dans l’idée de terminer tous les niveaux : il faudra vous défaire d’une seconde partie de jeu parfois ahurissante de difficulté. Aussi, sachez que l’éditeur de niveaux de la version PC n’est pas disponible sur Playstation 4, par contre Messhof a ajouté 12 nouveaux niveaux totalement inédits.

Note finale : 15/20

Avec son concept simple comme bonjour, mais diaboliquement efficace et bien pensé, Flywrench s’impose comme la deuxième réussite de Messhof. Si la technique, et les choix effectués à ce niveau, pourront toujours poser problème aux détracteurs du studio, forcé de constater que la direction artistique s’accorde plutôt idéalement avec la tonalité nerveuse de l’ensemble, créant ainsi un grand tout cohérent. Difficile, et même très, très retors dans sa seconde partie, Flywrench fera la joie de ces joueurs qui apprécient de devoir maîtriser un soft afin de le pousser dans ses derniers retranchements.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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