[Test – DVD] Doomwatch – Peter Sasdy

image dvd doomwatchCaractéristiques

  • Réalisateur : Peter Sasdy
  • Avec: Ian Bannen, Judy Geeson, John Paul, Simon Oates, Jean Trend
  • Éditeur : Movinside
  • Date de sortie DVD : 9 mai 2017
  • Durée : 92 minutes

Image : 4/5

Le master utilisé pour ce DVD rend tout à fait hommage à ce film Doomwatch. Évidemment, on n’attend pas d’un DVD la même précision que l’on exige d’un Blu-ray, mais tout de même : la netteté saute aux yeux. Les contrastes aussi, ce qui pourra d’ailleurs créer quelques petits soucis sur une poignée de plans, mais globalement la colorimétrie d’origine est respectée. De très bonnes conditions de visionnage, donc.

Son : 4/5

Doomwatch est proposé uniquement en version originale, sous-titrée en français, en Dolby Digital 2.0 Mono. Nous n’avons déceler aucun souci majeur : dialogues bien mis en relief, musique jamais étouffée, on ne remarque pas de souffle désagréable.

Bonus : 2,5/5

Une présentation par le toujours sémillant Marc Toullec qui, avec Jean-François Davy, co-dirige la collection Trésors du Fantastique (dans laquelle vous retrouvez déjà La nuit des vers géants, Soudain les monstres, Nuit de cauchemar et Monstres invisibles). Notre hôte revient sur la condition du film, qui adapte au cinéma une série très peu connue en France. Pas mal d’anecdotes, et de faits importants pour mieux situer l’œuvre.

Synopsis

Le docteur Del Shaw est chargé par l’organisation Doomwatch d’analyser les effets d’une marée noire sur la côte de la petite île de Balfe. Il y découvre une population isolée et hostile, qui voit d’un mauvais œil l’arrivée de ce nouveau venu et semble dissimuler un secret. Étonné par leurs comportements, puis par une macabre révélation, Shaw commence à enquêter, assisté par la jeune institutrice du village, Victoria Brown. Il semble que les villageois soient frappés les uns après les autres d’une maladie mystérieuse, qui déforme leur apparence physique, tout en les rendant extrêmement agressifs. Shaw réalise que les déchets chimiques rejetés dans la mer par un laboratoire travaillant sur de dangereuses expériences, seraient à l’origine de cette étrange malédiction. Mais il se heurte à l’obstination de la population, qui refuse de quitter ses terres, et à l’hypocrisie du laboratoire en question.

image test doomwatch

Le film

Décidément, l’écologie est un thème important dans l’histoire du cinéma de genre. Doomwatch, c’est le nom d’une organisation qui mène différentes enquêtes, sur des troubles liés à la science. Et le film, dans la continuité de la série, envoie son meilleur élément, Del Shaw (joué par un autre acteur que dans le programme télévisé, afin de s’en démarquer), enquêter sur une affaire qui apportera toute la matière nécessaire afin de construire un récit typique des années 1970. Il faut donc en attendre un fond assez engagé, et une dose de paranoïa, de mystère. Mais nous allons voir que le film est aussi surprenant, notamment de par le nom qui le signe : Peter Sasdy.

Peter Sasdy, ce n’est pas un réalisateur qui vous est inconnu, du moins si vous appréciez les films de la Hammer. En effet, la société de production la plus renommée des îles britanniques (désolé la Amicus) a fait appel aux talents de ce metteur en scène afin de signer quelques uns de ses films parmi les plus osés : Comtesse Dracula, La fille de Jack l’éventreur, et surtout Une messe pour Dracula, dont on se souvient des excès érotiques (du moins pour l’époque, soit écrit en passant). On attendait donc que Doomwatch soit un peu dans la même veine racoleuse… et ce n’est absolument pas le cas. Au contraire même, il se dégage de cet effort une saveur naturaliste étonnante, qui prend à la gorge dès les premiers plans du film. Pas de structures gothiques ici, l’île de Balfe est aussi hostile que ce qu’on pouvait imaginer, et Del Shaw ne tarde pas à s’en rendre compte. Les portes de l’unique village se ferment à lui, les volets claquent, et c’est à peine si on répond à ses questions. Ambiance.

image film doomwatch

Cette froideur se répercute dans tout Doomwatch, donnant à l’urgence de la situation une pichenette stylistique non négligeable. L’intrigue se développe sur un tempo plutôt lent, mais avec assez d’avancées factuelles pour que le spectateur n’ait pas l’impression de faire du surplace. Il ne faut pas s’attendre à du grand spectacle, ni même à des sursauts de tonalité, mis à part dans le dernier quart. L’important, dans Doomwatch, c’est l’enquête, les différentes épreuves qu’elle disséminera sur le cheminement du héro. Elles sont effectivement intéressantes, même si le message écolo peut parfois faire sourire. En effet, Del Shaw et son organisation semblent très remontés contre les hormones de croissances dissimulées dans un enclos sous-marin géré par l’armée. Par contre, les déchets toxiques entreposés par celle-ci sont balayés d’un revers de la main. Ce n’est évidemment qu’un détail, mais assez symptomatique des années 1970.

Et le fantastique alors, prend-il forme dans Doomwatch ? Oui et non, serait-on tenté de répondre. La maladie invoquée dans le film, qui déforme les êtres, existe réellement. Seule la cause peut paraître un peu rocambolesque, mais même là rien ne dépasse. Le récit n’est pas sage, mais il s’attache à un certain réalisme, et cette entreprise qui méprise la Nature s’inscrit, le plus malheureusement du monde, dans le tangible. Ce qui résulte sur un film certes peu enclin aux débordements, mais tout à fait intriguant, un peu comme a pu l’être Quatermass 2. Enfin, le casting correspond parfaitement à cette envie de proposer une œuvre très calculée. Ian Bannen (que l’on a aussi vu dans l’excellent The Offence) sait se faire pressant tout en gardant une certaine maîtrise sur son jeu. Au final, Doomwatch vaut le coup d’œil pour son enquête et son naturalisme décomplexé.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato

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