[Critique] Baywatch – Alerte à Malibu : Sauve(teur) qui peut

Caractéristiques

  • Titre original : Baywatch
  • Réalisateur(s) : Seth Gordon
  • Avec : Dwayne Johnson, Zac Efron, Alexandra Daddario, Priyanka Chopra, Jon Bass, Kelly Rohrbach, Ilfenesh Hadera, Hannibal Buress, David Hasselhoff, Pamela Anderson...
  • Distributeur : Paramount Pictures France
  • Genre : Comédie, Action, Aventure
  • Nationalité : États-Unis
  • Durée : 117 minutes
  • Date de sortie : 21 Juin 2017

Critique

Depuis quelques années, un certains nombre de séries ont été adaptées en film (et inversement) avec plus ou moins de réussite. Le meilleur exemple récent aura été 21 Jump Street, et plus particulièrement sa suite. Baywatch – Alerte à Malibu, librement adapté de la série des années 90, joue sur la nostalgie et le kitsch associés au programme d’origine, et arrive en salles pile pour le début de l’été. Sortez vos plus beaux maillots de bain rouges, car l’été va être chaud !

Comme l’on peut s’en douter, le film raconte l’histoire du légendaire sauveteur de Malibu, Mitch Buchannon, qui, après avoir recruté trois nouveaux jeunes sauveteurs, enquête avec son équipe pour déjouer un complot qui menace la Baie.

image dwayne johnson baywatch alerte à malibu

Alors oui, il ne faut pas s’attendre à un scénario digne des plus grands films, puisque celui-ci tient sur un timbre poste, et assume clairement ce parti pris. Rien que la scène d’ouverture donne le ton. Mitch sauve un homme de la noyade, et le titre apparaît alors qu’il sort de l’eau en portant le rescapé. On comprend dès lors que tout ce qui suivra ne sera qu’un joyeux délire au dixième degré.  La première partie du film présente ainsi chaque personnage au cours d’épreuves — et d’un concours de muscles — afin de recruter de nouveaux sauveteurs. Chacun occupe une place bien définie, tandis que les gags et répliques fonctionnent. La comédie légère se fait néanmoins moins convaincante à partir du moment où l’on aborde l’intrigue policière, même si le film lorgne du côté de la parodie, et joue clairement sur l’auto-dérision vis-à-vis de la série. Les spectateurs à la mémoire d’éléphant trouveront d’ailleurs de nombreuses références aux intrigues et personnages de l’oeuvre d’origine.  Cette trame narrative a beau être absolument limpide et ménager son lot de rebondissements, elle crée un certain déséquilibre par rapport au reste, de sorte que les longueurs se font sentir.

Les gags et puchlines du film fonctionnent assez bien et ne tombent presque pas en dessous de la ceinture, si l’on excepte peut-être deux ressorts comiques de ce type. On s’amusera du running gag autour du nom de Matt Brody qui, à chaque fois, fait mouche. En revanche, Zac Efron jouant les travestis le temps d’une infiltration se révèle beaucoup moins drôle. Par ailleurs, si l’on s’amuse la plupart du temps, certains gags tombent à l’eau. La plupart de ces ratés ont lieu durant la partie policière en milieu de film, et l’ennui ne tarde pas à s’installer, malgré un bref sursaut durant la scène de la morgue, à mourir de rire. On regrettera aussi la trop courte apparition de David Hasselhoff et Pamela Anderson, pourtant annoncés dès le générique d’ouverture. De même, l’utilisation de la musique du générique original de la série est bien trop brève, alors qu’il y avait là un ressort comique en puissance. En bref, on s’attendait à un peu plus.

image seth gordon baywatch alerte à malibu

La réalisation de Seth Gordon (Comment tuer son boss ?) est banale et brouillonne, sauf quand il utilise les ralentis à la manière de la série. Mais est-ce vraiment là faire preuve d’imagination quand on sait que ces plans au ralenti sont ce que tout le monde retient de la kitschissime série plus de 25 ans après ? La direction artistique est plutôt bonne, que ce soit au niveau des décors ou des costumes (ahhh, les célèbres maillots de bains rouges !), on se sentirait presque en vacances en visionnant le film.  Mais que dire des effets spéciaux ? Horrible… On remarque tous les fonds verts, ainsi que les incrustations, un comble pour un film avec un budget  de 70 millions de dollars suffisamment large pour être un minimum propre de ce côté-là. On doute également qu’il s’agisse d’un parti pris, ou alors celui-ci n’est pas clairement assumé.

Concernant les acteurs, comme ils sont dans l’auto dérision, à l’instar du film, ils peuvent en faire trop sans que cela ne leur nuise. Ainsi, Dwayne Johnson se montre à la hauteur de la légende de Mitch Buchannon, et ses répliques font mouches. Les punchlines de Matt Brody (Zac Efron) également d’ailleurs. Au départ sceptique (comme nous) de voir des sauveteurs enquêter, il se laisse entraîner au fur et à mesure dans cette étrange aventure. Le duo fonctionne plutôt bien, avec une bonne alchimie entre les deux acteurs. Alexandra Daddario en fera fondre plus d’un, que ce soit avec sa plastique, ses magnifiques yeux, mais aussi par l’intelligence de son personnage. Kelly Rohrbach — qui reprend le rôle de C.J, tenu par Pamela Anderson dans la série — est la blonde un peu nunuche, mais tellement efficace dans son travail. La jeune actrice, presque toujours filmée au ralenti, n’en fait pas trop, et révèle un joli charisme. Ilfenesh Hadera, de loin la plus sérieuse, reprend le rôle de Stéphanie Holden, qui seconde Mitch : elle est un peu la maman de tout ce petit groupe. Jon Bass, le sauveteur geek, est peut-être l’élément le plus faible du groupe en termes d’acting. Il surjoue toute ses scènes et, l’on a bien du mal à s’attacher à son personnage. Enfin, Priyanka Chopra (loin de son rôle de la série Quantico) ne se révèle pas très convaincante en méchante.

Baywatch – Alerte à Malibu est donc une adaptation à moitié réussie. L’auto-dérision, ainsi que la plupart des gags et punchlines fonctionnent, mais d’autres tombent à l’eau. Quant à l’intrigue riquiqui et la réalisation, celles-ci n’aident pas forcément à remonter le niveau, laissant place à l’ennui pendant un petit bout de temps. Malgré cela, la comédie dépayse suffisamment pour nous donner un avant-goût de vacances.

Guillaume Creis

Guillaume Creis

Adore le cinéma en général , que ce soit lesgros blockbusters ou les plus petits films .les séries TVet les jeux vidéo.
Guillaume Creis

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