[Test – Playstation 4] Constructor : un classique de la gestion fait son come back

Caractéristiques

    • Playstation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
  • Développeur : System 3
  • Editeur : System 3
  • Date de sortie : 23 juin 2017
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Introduction

image art constructor

Voici donc venu l’heure de tester Constructor, d’une manière définitive, et après l’avoir découvert lors d’une preview plutôt prometteuse. Il faut bien écrire que l’on était assez curieux du résultat, depuis l’annonce de cette ressortie, tant l’originale a marqué son petit monde, voilà vingt ans, en 1997. Vingt ans. Cela ne nous rajeunit pas, certes, mais on s’en souvient comme si c’était hier. Le jeu, alors édité par Acclaim (boom, deuxième coup de vieux), avait su se faire sa place au soleil, à une époque où le jeu de gestion triomphait sur PC. Constructor plaisait pour un tas d’éléments, notamment son humour noir bien décapant. Dès lors, System 3, qui a connu une longue traversée du désert avec quelques sorties très vite oubliées (Toshinden 4, par exemple), se devait de réhabiliter ce petit classique finalement assez méconnu. C’est chose faite avec cette nouvelle parution…

Histoire : 4/5

image system 3 constructor

 

Constructor, ce n’est pas un récit à suivre de manière cloisonnée. C’est toute une ambiance, couplée à plusieurs scénarios possibles. Ils sont au nombre de six, pour autant de modes, et offrent à chaque fois une situation bien rocambolesque. Par exemple, État utopique vous donne l’occasion de jouer les licornes à paillettes, en vous lançant dans un défi très « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » : vous devrez faire cohabiter trois locataires, tous de types différents, en atteignant les 90% de jauge de bonheur. Certes, il s’agit avant tout d’une idée de gameplay, mais il se dégage une atmosphère si inhabituelle qu’on ne peut que ressentir comme une envie de nous raconter quelque chose.

On a rarement connu un jeu doté d’un humour aussi noir que celui de Constructor. Il faut remonter à la Nintendo 64, avec Conker’s Bad Fur Day, pour trouver un soft qui puisse soutenir la comparaison. L’univers, dans lequel évolue le joueur, n’aurait pas pu naître autre part que chez un studio de développement anglais. On sent, derrière le comique corrosif, une véritable envie de dénoncer les marchands de sommeil. En associant le milieu du grand banditisme à celui, parfois tout aussi véreux, de l’immobilier, System 3 touche un sujet rarement évoqué (au cinéma, on se souvient de 99 Homes), et plutôt courageux au fond. On adhère… et on rigole bien grassement. Ajoutons que Constructor est totalement localisé en français, un très bon point pour le confort de jeu.

Gameplay : 3/5

Si vous appréciez les jeux de gestion, et si les softs plus difficiles que la moyenne ne vous font pas peur, alors Constructor doit retenir votre attention. Car vous allez devoir en gérer, des paramètres, et pas qu’un peu. Pas de panique, System 3 est conscient que le jeu, déjà ardu en 1997, n’a fait que gagner en difficulté au fi du temps. Alors, pour faciliter la prise en mains, le studio de développement a opté pour un tutoriel. Long et complet, il apporte la base, pour mieux comprendre les diverses mécaniques. De quoi éviter, à peu près, de vous faire tout de suite gronder par des locataires mécontents de leur sort. Mais attention, car les complications ne tarderont montrer le bout de leur loyer.

Constructor est bourré de mécaniques. Parmi elles, on pourra citer celle de l’accouplement. En effet, l’une des particularité du jeu est de vous demander à prendre en compte le bonheur de vos vaches à lait chers locataires. Alors, surtout évitez de construire une scierie à proximité d’un lotissement : le bruit coupera toute envie de faire crac-crac. Idem, cherchez à ce que vos bidochons profite de tout le confort matériel, ils n’en seront que plus motivés au moment de monter dans la chambre. Le but ? Que ces plus ou moins braves gens fassent des bébés, qui plus tard deviendront de nouveaux loyers sur pattes habitants. Il devront aussi travailler, bien évidemment, afin d’éviter de rejoindre l’inoubliable bande à Bilel. En gros, ils aideront à mettre en place ce que le contremaître exige.

Il faut bien comprendre que, dans Constructor, si l’on se plonge dans la peau d’un promoteur immobilier, nos responsabilités dépassent celles d’un simple bailleur, sans pour autant que l’on ne soit aussi bienveillant qu’un maire, loin s’en faut. Le bonheur des citoyens ne nous concerne pas, du moins si ceux-ci ne sont pas logés par les soins du joueur. Pour récupérer ces portefeuilles à vider potentiels clients, il va falloir mener une véritable guerre contre les concurrents. Tous les coups seront permis, et surtout les plus bas, comme envoyer des hippies dans les autres quartiers, afin qu’ils se lancent dans des activités bien énervantes dont ils ont le secret. Bien des solutions délirantes sont mises à disposition, comme les très flippants clowns, ou encore les plus classiques voleurs, et toutes auront leur utilité…

Constructor est un jeu difficile. Voire cruel à certaines occasions. Attention, car une simple augmentation de loyer peut faire vriller une partie, et dès lors la situation est difficilement maîtrisable. C’est d’ailleurs le point noir du soft : il est compliqué de toujours éviter les mauvaises décisions, et celles-ci sont fatales. Le jeu est tout aussi exigeant qu’en 1997, alors il va falloir bûcher, buter contre l’écran de game over, afin de tirer les conséquences des différents échecs. Aussi, la caméra nous a parfois joué des tours, se bloquant certes à de très rares occasions. Par contre, on apprécie le système de raccourcis, efficace, et jongler entre les onglets ne pose pas de problème pour la visibilité. Il manque peut-être une feature vraiment toute neuve pour réellement faire la différence, mais en l’état on se contente de ce qu’on nous sert.

Technique et ambiance sonore : 3/5

image test constructor

Cette ressortie de Constructor a beau être mise à jour techniquement, on aurait voulu encore plus de résultats probants. Ce n’est pas moche, loin de là, le souci est d’ordre purement technique. Quand l’écran se remplit, on observe des baisses de framerate. Les différents modèles de personnages ont été retravaillés, sont plus précis, mais l’ensemble est encore un peu trop juste. Heureusement, la direction artistique est toujours aussi savoureuse, parfois à la limite du glauque, et toujours marquée par une vision du monde particulière.

Côté ambiance sonore, on souligne le très gros travail de doublage. Constructor est proposé tout en français, dans un rendu qui apporte beaucoup à l’humour noir ambiant. Par contre, l’ambiance musicale manque cruellement de thèmes mémorables. Bien dommage, surtout que les bruitages nous ont aussi plutôt convaincu.

Durée de vie : 3/5

image screenshot constructor

Il va vous falloir un certain temps avant de pouvoir dompter Constructor. Six modes de jeu sont au programme, et ils apportent tous leur lot de difficultés. Les parties étant finalement assez rapides, on pourra « grignoter » le jeu, ou le « nolifer » pour les moins atteints par la difficulté du soft. Et, mine de rien, les heures de jeu ont tendance à s’envoler assez vite.

Note finale : 13/20

image gameplay constructor

Constructor a le mérite de nous rappeler au bon souvenir d’un jeu qui, sans avoir été un hit absolu, avait su séduire les amateurs de jeux de gestion. Vingt ans plus tard, on est plutôt satisfait de ces retrouvailles, même si tout n’est pas rose, loin de là. La pure technique est un peu décevante, à cause de chutes de framerate assez marquées. Aussi, il manque peut-être « la grosse feature qui tue », pour que les fans de ce qu’était le titre, à l’époque, puissent voir leur intérêt totalement renouvelé. En l’état, ils auront tout de même le plaisir de redécouvrir un jeu à la difficulté conservée. Et les nouveaux venus pourront s’aider d’un tutoriel complet et bien fichu. Ajoutons le plaisir de voir l’ensemble totalement localisé en français, c’est important pour le confort. Une ressortie pas fondamentale, mais plutôt agréable, donc.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
6/10

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