[Test – Playstation 4] Nex Machina : le twin stick shooter qui met la pression

Caractéristiques

    • Playstation 4
    • Ordinateur/PC
  • Développeur : Housemarque
  • Editeur : Housemarque
  • Date de sortie : 20 juin 2017
  • Acheter : Cliquez ici

Introduction

Dans le monde du jeu d’arcade, devenu impitoyable depuis que les très bons jeux se multiplient, Housemarque tient une place de choix. En effet, ce studio de développement finlandais a réussit à marquer son monde, avec un titre qui éveillera bien des souvenirs chez les joueurs plus ou moins assidus : Dead Nation (une exclusivité Playstation 3, offerte par Sony en excuse d’un énorme souci technique). Quelques bons voire très bons softs plus tard (Outland et Resogun), et malgré un Alienation carrément raté, on attendait leur nouveau bébé de pied ferme. Celui-ci répond au doux nom de Nex Machina, blase qui évoquera bien des choses aux amateurs de narration (deus ex machina). Étonnant, surtout que l’on va voir que le jeu ne s’embarrasse d’aucun véritable scénario.

Histoire : /

image screenshot nex machina

Nex Machina assume totalement son trip très arcade, façon belle époque, quand vous buviez du Seven Up en dévorant des Dinosaurus. Avec une petite référence à notre technologie actuelle, le soft nous plonge dans un univers futuriste, dans lequel les humains se font botter le derrière par des machines qui, sournoisement, ont profité des casques de réalité virtuelle pour prendre le contrôle des pauvres bipèdes que nous sommes. Et le, joueur, évidemment, incarne la fière résistance. Voilà, ces quelques lignes servent de mise en situation. Vous comprendrez, donc, que nous remisions les point ici en jeu dans le critère Gameplay.

Gameplay : 9/10

image gameplay nex machina

Nex Machina est un twin stick shooter on ne peut plus classique dans sa prise en mains, ce qui est une véritable marque de fabrique chez Housemarque. Le brave avatar se déplace avec le stick gauche, vise et tire avec le droit, fait péter un dash avec une gâchette, tandis que l’autre sert à faire feu avec l’arme secondaire. Cela, c’est la base du jeu, et celle de tous les softs du genre. C’est dans l’énergie, l’incroyable pêche qui s’exprime dans un concept pourtant sans grandes surprises, que l’on prend un pied assez monstrueux. On pourra regretter qu’on n’ai pas le droit à cette petite touche de folie en plus, cette feature sortie de nulle part, ce mode de jeu étonnant. Mais on pardonne vite, tant on est scotché à la manette, dès les premiers instants et, même, encore à l’heure actuelle.

Nex Machina est un jeu nerveux, c’est le moins que l’on puisse écrire. C’est grâce à deux éléments : le level-design, qui va à l’essentiel tout en se renouvelant efficacement, et la grande maîtrise dans l’art de la vague d’ennemis. Les différentes patterns savent exactement comment faire monter le stress, mais aussi elles favorisent la montée en puissance du saint skill. Le challenge, lui, est plutôt relevé, même si Housemarque ne cherche pas, non plus, à nous rendre la vie impossible. Les trois modes de difficulté sont bien différenciés, et avant de tenter le plus ardu vous pourrez vous faire la main avec des Continue illimités. Par contre attention, pouvoir recommencer à l’infini n’est pas source de sécurité, car mourir vous fera parfois criser, jurer, balancer la manette, et autres amabilités de mauvais perdants.

Nex Machina, c’est la quête du run pur, ainsi que du score le plus satisfaisant possible. Et, pour multiplier les points, il faut garder son multiplicateur inviolé. Housemarque est parfaitement conscient que les joueurs, qui deviennent vite monomaniaques à proximité de ce genre de soft, se doivent d’être constamment mis sous tension. Alors, pour leur faire prendre des risques, le studio utilise de bien bonnes idées, comme celle nous demandant de récupérer un certain nombre d’humains, au sein des niveaux. La récompense se sentira tout de suite dans votre quête à celui qui aura (le score) le plus gros, mais ça vous forcera à élaborer des trajets préférentiels, histoire de ne pas se jeter bêtement dans la gueule du loup. Comble du stress, ces homo sapiens à récupérer peuvent être victime des ennemis, alors il ne faudra pas traîner en route, sous peine d’assister à leur meurtre désobligeant.

Nex Machina multiplie les petites idées de gameplay, qui au final accouchent d’un grand tout fichtrement percutant. Le dash n’est pas un luxe, il sera régulièrement mis à contribution par des pièges lasers qui ne résisteront pas à cette accélération. Attention au temps de recharge, car en être à court peut être catastrophique à terme. On peut aussi citer le besoin de bien fouiller chaque niveau traversé, dans le but de s’assurer aucun oubli de bonus caché, parfois de manière bien fourbe. Seulement, il faudra s’y atteler avant de nettoyer l’endroit, car l’évolution dans le cheminement se fait automatiquement. Si vous avez vidé les alentours de ses belligérants mécaniques, le jeu ne cherche pas à savoir s’il vous reste quoi que ce soit à récupérer : il vous balance au level suivant. Tout cela résulte sur des sensations remarquables, addictives au possible.

Technique et ambiance sonore : 3/5

image jeu nex machina

Techniquement, Nex Machina est hyper solide. On a droit à un véritable feu d’artifice d’effets pyrotechniques, dans des couleurs un peu vives mais plutôt flatteuses pour les yeux. Et le tout dans une fluidité de tous les instants. Par contre, on remarquera que l’univers reste générique au possible, et ce tout du long. C’est vraiment dommage, car avec une patte plus prononcée, on aurait obtenu là une belle réussite artistique.

Les musiques de Nex Machina ont fait l’objet de plus d’attention. La bande originale est le fruit du travail d’un certain Ari Pulkkinen, artiste que vous connaissez sans doute pour son excellent travail sur Trine. On reconnaît de suite sa patte, avec des thèmes pas spécialement mémorisables mais terriblement entraînants. Il s’en dégage une sacrée ambiance, qui n’est pas innocente à cette envie irrépressible de toujours se lancer dans une nouvelle partie. Les bruitages, eux, sont tout à fait dignes de ce qu’on peut en attendre : on reconnait chaque action, chaque tir, leur provenance et autres informations importantes. D’ailleurs, on recommande fortement de jouer au casque, pour une meilleur spatialisation.

Durée de vie : 2/5

image playstation 4 nex machina

Malheureusement, c’est ici que le bât blesse. Le contenu de Nex Machina est du genre rachitique,  même pour celles et ceux qui visent les sommets en terme de résutats. Pour les non-fous du pad, il faudra une heure pour en voir le bout. Par contre, si vous vous lancez dans une envie de score ultime, il faut multiplier ce nombre par au moins une dizaine. Ce qui reste, finalement, assez peu pour ce genre de jeu, la faute à un cheminement court. Vous pourrez aussi parcourir le soft avec un ami, mais uniquement en local.

Note finale : 14/20

Nex Machina est typiquement ce genre de jeu qui rythmera une partie de votre été, et marquera certains esprits. Housemarque rend un résultat fabuleux côté prise en mains, une véritable leçon de ce qu’il faut faire pour pousser les joueurs dans certains retranchements, sans pour autant les braquer. Un équilibre de gameplay savoureux, mais un peu mis à mal par une durée de vie trop chiche pour en faire un soft qui nous accompagnera plus longtemps qu’un trip saisonnier. De même, la direction artistique loupe le coche, inscrivant le soft dans un univers peu mémorable. Deux petites retenues qui ne doivent surtout pas vous décourager, car Nex Machina est un jeu à découvrir à l’occasion, voire d’urgence si vous êtes amateurs du genre…

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
7/10

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