[Test – Playtation 4] Agents Of Mayhem : G.I. Joe à la sauce Volition

Caractéristiques

    • Playstation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
  • Développeur : Deep Silver Volition
  • Editeur : Deep Silver
  • Date de sortie : 18 août 2017
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Introduction

image screenshot agents of mayhem
Image issue du Playstation Share.

Si vous n’avez pas été coincés dans un caisson à oxygène pendant les dix dernières années, vous avez sûrement remarqué qu’on en bouffe, du super-héros. Marvel et DC Comics ont investi les salles de cinéma, et les comics ont dépassé le stade, imposé par certains, de bandes dessinées destinées aux adolescents attardés. La pop culture est dorénavant imprégnée de ces personnages en collants, et le jeu vidéo n’échappe pas à ce constat. Dernier exemple en date, le jeu qui nous intéresse ici : Agents Of Mayhem, par les grands fous de chez Deep Silver Volition. Ce studio, vous le connaissez très certainement pour l’une des séries en monde ouvert les plus percutantes de ces dernières années : Saint Row, le challenger numéro un de de GTA, qui poussait à fond le délire quand la licence de Rockstar se dirigeait vers un trip plus sérieux. Alors, où se situe Agents Of Mayhem ?

Histoire : 4/5

image agents of mayhem
Image issue du Playstation Share.

On avait un peu peur qu’Agents Of Mayhem se transforme en fourre-tout référentiel, et bonne nouvelle : ce n’est pas le cas. Si la coquille fait effectivement penser à G.I. Joe (ouf, notre titre est sauvé), mais aussi aux Avengers, de par le rassemblement de diverses personnages aux aptitudes hors du commun, le fond est, lui, totalement certifié Deep Silver Volition. Le récit est plutôt simple, mais il est un prétexte à pas mal de choses. Le monde doit faire face à un danger à échelle planétaire : Legion. Pour faire face à cette menace envahissante, menée par le Docteur Babylon, pour le compte du très mystérieux Morningstar, il n’y a qu’une alternative : Mayhem. Cette organisation est menée par la femme fatale Perséphone Brimstone, dont les motivations sont, du moins au départ, plutôt floues. C’est dans cette guerre menée à découvert que le joueur intervient, pour faire échouer le plan de l’antagoniste, que nous vous laissons découvrir.

Agents Of Mayhem est sans aucun doute moins barge que ce que Saint Row a pu être, mais le jeu gagne en force critique. Car, comme à leur habitude, le studio Deep Silver Volition s’empare de la situation, qu’elle soit politique ou géographique, pour mieux aborder certains éléments bien connus des joueurs. L’action se déroule à Séoul, en Corée du Sud, un choix loin d’être anodin : la ville est connue pour être celle “de demain”. Tant mieux, puisque le soft ici abordé prend place dans le futur, et ce même si les problématiques qui y prennent racine restent très modernes. Au fur et à mesure de nos missions, on rencontre divers lieutenants du Docteur Babylone, et leurs tares vous évoqueront bien des sujets. Ainsi, et sans ne rien spoiler de l’intrigue, sachez qu’il est question d’un chanteur aussi insupportable qu’auto-tuné, ou encore du rapport au corps et à ses possibles améliorations pas très naturelles. Bien entendu, ces thèmes sont abordés avec énergie et humour, de sorte qu’on ne se sent jamais otage d’un point de vue, mais on ne peut ignorer un certain sourire en coin, tout du long.

Agents Of Mayhem, c’est un jeu de personnages. L’écriture leur fait la part belle, d’ailleurs le scénario de l’histoire principale s’étale sur autant de place que le développement de nos agents. Ils ont tous leur passé (voire carrément un passif), leurs motivations. Deep Silver Volition a d’ailleurs été jusqu’à élaborer l’évaluation psychologique de chacun des héros, ainsi que leurs connexions avec les autres membres. C’est traité en quelques lignes dans la “Base de données Mayhem” (qui rassemble les backgrounds, mais aussi les statistiques et les cinématiques), mais on peut aussi en vérifier l’exactitude au cours du jeu, avec des dialogues entre les personnages. Tout cela résulte sur un univers qui se tient bien. On regrette simplement que le soft ait été conçu comme le début d’une série. On en est certain (du moins, on croise les doigts), on retrouvera les agents à l’occasion d’une suite, et en attendant on reste avec des protagonistes aux développements mis en suspens. Enfin, pour les amateurs de Saint Row, on trouve bien de légers clins d’œil à cette licence, sous la forme de deux personnages : Kingpin, qui nous arrive tout droit de Stilwater, et Yeti, que vous connaissez peut-être sous le nom d’Oleg. Précisons que le soft est sous-titré en français, mis à part certaines rares répliques, qui n’ont pas eu le droit à ce traitement.

Gameplay : 4/5

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Image issue du Playstation Share.

Agents Of Mayhem ne cherche pas à révolutionner le genre du monde ouvert, et l’on s’en rend compte dès les premières secondes. Deep Silver Volition a voulu proposer un trip, plus qu’une nouvelle approche, et si cela pourra déplaire aux ayatollahs de la nouveauté, force est de constater que le tout fonctionne comme sur des roulettes. On a une carte, des activités qui s’y déclarent (course, élimination d’une patrouille etc) et que l’on peut rejoindre en les sélectionnant (ce qui créé un marqueur de distance à l’écran), des missions principales et des quêtes annexes (liées aux personnages). À la manière d’un RPG, les différents avatars gagnent des niveaux, donc deviennent de plus en plus puissants. Vous gagnez de l’expérience en maravant des ennemis de la paix, mais aussi en venant à bout de missions et de systèmes de sécurité à pirater.

Les déplacements et le système de combat d’Agents Of Mayhem n’ont qu’un mot d’ordre : le fun, et le plus immédiat possible. Ainsi, chacun des héros peut effectuer un triple saut, ce qui donne une belle impression d’aisance. Quant aux joutes, elles font dans le brutal. Pas de couverture, et impossible de s’accroupir, bref tout pour que le joueur soit obligé de rester en mouvement, et aille à l’impact. Vous aurez droit à une attaque spéciale et une Mayhem, chacune est propre au protagoniste, tout comme l’arme utilisée, unique à chaque fois : arc, pistolet silencieux, fusil à pompe, sabre, mitraillette etc. Ainsi, créer une équipe ne se fait pas au feeling accessoire, mais à la complémentarité des approches. Et c’est réussi : on apprécie de s’emparer des différents avatars, et de les mener au bout de leur cheminement, de leur évolution.

Une recette classique, à laquelle s’ajoute l’ARK, la base de Mayhem, au sein de laquelle le joueur a accès à tous les services. Cet endroit étant évolutif, en terme de niveaux et non cosmétiques, on a droit à une mécanique qui lui est propre : les améliorations de l’agence. Plus vous remplissez certaines tâches, comme le recrutement des agents, ou l’activation des points de téléportation, plus l’endroit gagne de l’expérience, comme un personnage à part entière. Et, quand certains niveaux sont atteints, vous pouvez dépenser de l’argent, récupéré sur le terrain, afin de vous voir offrir, par exemple, un scanner plus efficace, qui pourra détecter les coffres à proximité. L’ARK sera votre seconde maison, c’est ici que vous pourrez changer votre véhicule, avoir accès à une salle d’entraînement qui saura vous récompenser de vos efforts, mais aussi admirer les statistiques (qui ne sont pas accessibles en mission). Aussi, vous serez en capacité de jouer au Général des armées, en déployant des héros sur le terrain, partout dans le monde, via le Conflit mondial. Par exemple, pourquoi ne pas envoyer Oni en mission, en Asie de l’Est ? Une fois que le choix est effectué, un décompte se met en marche, au bout duquel vous allez gagner des bonus, ou un assaut à mener, cette fois-ci “en chair et en os”.

Enfin, on a le labo de recherche et développement, tenu par la très bricolo Gremlins. Il renferme une mécanique intéressante mais un peu fouillis : les technologies, qu’elles proviennent de votre hôte ou de Legion. Les premières ne seront fabriquées qu’à partir de matériaux récupérés sur le terrain, tandis que les seconds pourront s’ajouter, en tant que modifications parfois très utiles, aux gadgets. Ceux-ci seront gagnés généralement en fin de mission, et viennent s’emboiter dans un de ces trois slots, très parlants : Spécial, Arme et Passif. Comme vous l’observez, Agents Of Mayhem multiplie les mécaniques, en se contentant d’utiliser ce qui a fait ses preuves jusqu’ici, que ce soit dans le RPG, le jeu d’action ou l’open world. On a bien quelques réserves, comme les sensations des différents véhicules, très superficielles. C’est maîtrisé de la part de Deep Silver Volition, comme pour mieux appuyer la recherche du fun avant tout, mais du coup on ne s’aventure pas vers les autres modèles, que l’on débloque tout au long du jeu. Pour finir, on aurait apprécié que les Contrats, en fait des tâches précises à accomplir (utiliser une capacité Mayhem cinquante fois, détruire dix véhicules ennemis, etc) ne soient pas plus fous dans leurs objectifs. C’est une feature tout ce qu’il y a de plus enrichissante pour le titre, mais cela manque d’épices.

Technique et ambiance sonore : 3/5

image gameplay agents of mayhem
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D’un pur point de vue technique, le jeu souffle le chaud et le froid. Si l’on apprécie la distance d’affichage, et les textures valables, difficile de passer à côté des baisses de framerate et de certains bugs (de collision principalement). Plus grave, le level design se répète beaucoup, et heureusement que le scénario fait un peu oublier ce constat. Deep Silver Volition rend une copie qui aurait eu besoin d’être un chouïa plus peaufinée, même si aucune gêne ne se fait assez forte pour gâcher le plaisir de la découverte. Ainsi, Agents Of Mayhem nous propulse dans une Séoul futuriste très agréable, et c’est un fait qui doit énormément à la direction artistique. Le studio s’est laissé aller sur le violet, c’est certain, mais ce serait malvenu que de résumer les intentions à cette couleur dominante. L’architecture des lieux procure de bonnes sensations. Et fichtre, si les passants ne sont pas nombreux, on est amusé par certaines de leurs animations (ah, ces selfies !). Enfin, impossible de ne pas être satisfait par les cinématiques, en dessin animé très asiatique dans le style. Soignées et charmantes.

Aux commandes de la bande originale d’Agents Of Mayhem, on retrouve un nom qui figurait déjà sur Saint Row : The Third, et Saint Row 4 : Malcolm Kirby Jr. On est dans de la techno parfois un peu grasse, mais tout à fait dans le ton du jeu. Pas de radio à disposition dans les véhicules, mais la playlist est assez bonne pour ne pas en éprouver le manque. Mais la très belle réussite se situe surtout dans les doublages, absolument fabuleux d’un bout à l’autre de l’histoire. Ah, la voix de Perséphone…

Durée de vie : 4/5

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Pour terminer l’histoire principale d’Agents Of Mayhem, ainsi que les quêtes de personnages, il vous faudra une vingtaine d’heures. Un résultat auquel il faut ajouter assez de contenu pour presque le doubler. Entre les différents contrats (en solo ou en ligne), la recherche des cristaux disséminés en ville, et l’incontournable 100%, vous aurez de quoi faire sur quasiment quarante heures, ce qui s’avère très honnête pour un open world. Par contre, il faut bien souligner que l’après-fin est un peu abrupte. On aurait apprécié des événements spéciaux, afin de se sentir plus récompensé.

Note finale : 15/20

Ce n’était pas spécialement gagné, et pourtant Agents Of Mayhem a réussi à nous séduire. Ses forces provoquent des faiblesses, mais les premières s’avèrent bien plus mémorables que les secondes. Ainsi, le classicisme du gameplay, assez indéniable, pourra peut-être être ressenti comme un manque d’originalités. Qu’à cela ne tienne, car la prise en mains est si précise, rapide et fun qu’on ne peut qu’en savourer les sensations. Tout aussi attendue était l’histoire, et elle tient bien la route. Moins barge que Saint Row (encore que, sur la fin…), cette nouvelle licence développe un univers simple, mais pas simpliste, basé sur des personnages assez bien abordés pour qu’on puisse tous les apprécier, qu’ils soient bons ou mauvais. Certains passages restent bien en tête, notamment grâce à de vilains lieutenants bien loufoques. On espère, dorénavant, qu’une suite sera bientôt annoncée…

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
7/10

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