[Test – Playstation 4] White Day A Labyrinth Named School : la flippe à l’ancienne

Caractéristiques

    • Playstation 4
    • Ordinateur/PC
  • Développeur : Sonnori
  • Editeur : PQube
  • Date de sortie : 25 août 2017
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Introduction

White Day, voilà un titre qui n’évoquera pas grand chose pour beaucoup d’entre nous. Enfin, sauf si vous êtes du genre fan de culture sud coréenne, car le jeu d’origine, sorti en 2004, fut un grand succès au pays du Matin Calme. Survival horror typique de cette époque où la peur pouvait se passer de gunfights et de zombies, le soft a même gagné un certain statut auprès des fondamentalistes du genre, qui le placent souvent dans leurs tops des jeux les plus flippants. Alors, quand PQube a annoncé sa sortie, sur Playstation 4, dans une version revue et corrigée, on ne pouvait que plonger dans le trip.

Histoire : 4/5

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Image issue du Playstation Share.

Sous ses airs de petit scénario sans prétention, le récit de White Day : A Labyrinth Named School nous a bien surpris. Tout débute par une séquence que l’on croirait sorti d’un drama coréen mièvre et sirupeux. Le jeu se déroule en plein White Day, un équivalent de notre Saint Valentin, au cours duquel les amoureux s’échangent des boîtes de chocolat, et autres témoignage d’amour. Notre avatar, Lee Hui-min, est en passe de déclarer sa flamme à Han So-young, mais pour ce faire il doit pénétrer le lycée Yeondu, à 22h00, alors que le lieu semble désert. Une fois à l’intérieur, on va évidemment se rendre compte que quelque chose ne tourne pas rond. Surtout dans la tête du gardien, un véritable psychopathe que l’on surprend entrain de malmener plus que férocement des élèves un peu trop baladeurs. Problème, vous êtes l’un d’eux.

Un pitch simple et efficace, sans grand relief, mais qui a le mérite de vite instaurer une angoisse qui nous chope à la jugulaire, et ne nous lâche pas le temps de notre partie. White Day : A Labyrinth Named School va vite approfondir son univers, avec quelques notes découvertes ici ou là, qui ont la grande force de multiplier les fausses pistes à grands coups de rumeurs, et de nous foutre une sacrée pétoche grâce à des histoires de fantômes carabinées. On aura aussi droit à des rencontres avec d’autres élèves, parfois très énigmatiques, voire louches. Des phases de dialogues s’enclencheront à cette occasion, et attention à vos réponses : elles ont une répercussion directe sur la manière dont on vous traitera. Signalons que le jeu propose pas moins de neuf fins différentes, demandant toutes un cheminement bien précis, de quoi plaire aux complétistes. Enfin, terminons par la très bonne nouvelle de cette sortie : PQube a fait en sorte que le jeu soit intégralement sous-titré en français. Plus qu’une friandise : une bénédiction tant cela apporte un sacré confort.

Gameplay : 3/5

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Image issue du Playstation Share.

White Day : A Labyrinth Named School est un véritable trip à l’ancienne. On pense souvent à Clock Tower, ou à quelques passages de Resident Evil 3 (voir de la première moitié du septième épisode). Oubliez toute notion de défense par l’attaque : vous faire attraper par le gardien vous vaudra une morts assurée. Alors, le gameplay du jeu ressemble plus à une partie de cache-cache très tendue, et il va vous falloir courir, courir et encore courir pour sauver votre peau. Aussi, l’ouverture de portes deviendra une de vos activités préférées, puisque la plupart des énigmes vous demanderont d’accéder à telle ou telle salle de classe. On ne vous cache pas, d’ailleurs, que chaque issue vous vaudra une sacrée pétoche : on ne sait jamais ce qui peut se cacher derrière. Aussi, il faudra ne pas oublier de trouver l’interrupteur, signalé par un voyant rouge, et bien plus efficace que le briquet. Bien entendu, si le gardien est dans les parages, il sera attiré comme un moustique, alors prudence.

D’ailleurs, le gardien agit assez sommairement. Une ambiance sonore à vous en donner la chair de gallinacée accompagne ses pérégrinations nocturnes, ce qui permet au joueur d’adapter ses déplacements en conséquence, et de se planquer du mieux possible. Cela provoque des moments de pure angoisse, comme cette fois où votre humble serviteur, agenouillé dans les toilettes, a observé les pas lents et vicieux de ce rogntudju d’antagoniste terrorisant, avant qu’un malheureux coup sur le stick droit (la tension, que voulez-vous…) ne trahisse sa position. La nuit se souvient encore du hurlement strident qui a retenti, à cet instant précis. White Day : A Labyrinth Named School joue beaucoup sur ces moments suspendus, parfois un peu trop dans le dernier tiers, mais comment lui en vouloir ?

Par contre, les sensations manette en mains ne sont pas très bonnes. C’est indéniable : le jeu accuse le poids de son âge, et ce même s’il paraît que des améliorations sont au programme. Comme nous n’avons pas joué à l’original, nous ne pourrons pas vérifier cet élément. Toujours est-il que bien des passages rappellent que nous nous trouvons face à un titre de 2004. Les allers et retours sont incessants, l’avatar est affublés de déplacements patauds, et les énigmes chronométrées sont du genre à nous plonger dans un passé plutôt lointain (et pas spécialement regretté). Le mécanisme de fabrication des clefs manque de clarté. Cependant, on pardonne aisément à White Day : A Labyrinth Named School, car sa réussite provient justement de sa saveur à l’ancienne. Oui, il va falloir aimer fouiller, farfouiller même, et se débrouiller sans indices, du moins dans les niveaux de difficulté normaux et élevés. Sachez, d’ailleurs, que le soft en propose quatre, et un cinquième à débloquer, qu’on a pas osé lancer pour le moment. Courageux, mais pas téméraire.

Technique et ambiance sonore : 2/5

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Image issue du Playstation Share.

 

Techniquement, White Day : A Labyrinth Named School est lissé (1080p), stable (60 fps), mais il ne peut cacher son aspect très vieillot. Les textures font parfois peine à voir, et les modèles 3D nous ramènent à l’ère de la Playstation 2. Les animations font aussi penser à un trip rétro un peu hardcore. Par contre, il serait injuste de ne pas souligner le gros travail de composition des décors. En effet, l’une des grandes forces du soft provient de l’ambiance glauquissime du lycée Yeondu, dans lequel vous n’aimeriez pas poser le moindre orteil. C’est parfois de l’ordre du détail, comme une porte condamnée dans les toilettes d’un étage de l’établissement. Mais, associer les uns aux autres, ces éléments favorisent une trouillomètre qui atteint des sommets.

L’ambiance sonore, elle, est merveilleuse. On vous conseille fortement d’y jouer au casque, en pleine nuit : gros frissons assurés, et en chaine. Les développeurs ont compris qu’il ne fallait pas noyer le jeu sous les musiques, et proposer une véritable montée en puissance, sur le modèle du danger qui rôde. Ainsi, le silence fait partie de l’expérience : on épie chaque bruitage, on en analyse la distance, l’origine. Les pas de l’avatar font datés, certes, mais tout le reste est d’un très bon niveau. Les voix sont proposées en coréens et en anglais, et autant vous signifier de suite que seule la première solution a notre adoubement. N’oublions pas la bande originale, signée Hwang Byung-ki et Park Sang-hyeok. Les thèmes ne sont pas nombreux, mais tous apportent beaucoup à cette sensation claustrophobe et sordide qui accompagne notre expérience de jeu.

Durée de vie : 4/5

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Image issue du Playstation Share.

Il va vous falloir du temps pour venir à bout de ce jeu, White Day : A Labyrinth Named School propose pas mal de contenu. Déjà, trouver les cheminements nécessaires (attention aux dialogues) afin d’expérimenter les neuf fins différentes vous demandera un nombre d’heures conséquent, du moins pour un survival horror. Ensuite, c’est la foire aux petits secrets : des descriptions de revenants à collectionner, une nouvelle histoire à débloquer, des figurines à dénicher. Sans compter que les plus courageux d’entre vous, ou les plus fous, pourront se mesurer aux modes de difficulté élevés. Nous, on en est resté au Normal, pas folle la guêpe.

Note finale : 13/20

Certes, White Day : A Labyrinth Named School n’est pas la playmate de l’année. Oui, les allers et retours peuvent sembler fastidieux sur certains passages. Mais cela ne change rien à notre ressenti profond : on fait face à un survival horror de belle qualité, et les fans du genre ne peuvent pas l’ignorer. La pétoche est omniprésente, et le trouillomètre s’excite quand on est poursuivi par l’odieux gardien, qui provoquera bien des sursauts dans les chaumières. Si vous êtes du genre tolérant avec les trips pas forcément de première fraîcheur visuelle, voilà le genre de soft à découvrir à l’occasion. Surtout que le prix est très correct, et l’expérience longue.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
6/10

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