[Critique] Mazinger Z Infinity : combats colossaux et MazinGirls drôlissimes

Caractéristiques

  • Titre original : Gekijōban Mazinger Z
  • Réalisateur(s) : Junji Shimizu
  • Avec : Arnaud Ducret (France), Natsuki Hanae (Japon), Unshô Ishizuka (Japon), Ai Kayano (Japon)
  • Distributeur : Eurozoom
  • Genre : Dessin animé, Science fiction, Action
  • Nationalité : Japon
  • Durée : 90 minutes
  • Date de sortie : 22 novembre 2017

Découvrez le robot géant qui, au Japon, remporte l’adhésion

image critique mazinger z infinity

Tentez l’expérience. Demandez, à quelqu’un de votre entourage, à quel robot japonais géant on pense, en premier ? La réponse sera inlassablement la même : Goldorak. Et c’est bien normal, tant cet animé fut précurseur dans l’hexagone, dès juillet 1978, dans l’émission Récré A2. Seulement, dans l’archipel nippon, ce travail issu de l’imagination du génial Go Nagai n’a pas réellement rencontré le succès. Il fut moins populaire que les deux séries qui précédaient la licence citée au-dessus : Mazinger Z et Great Mazinger, qui font partie du même univers. Une aura plus forte, à tel point qu’aujourd’hui il n’est pas question de lancer un long-métrage Goldorak, tant le titre ne pas vraiment d’attente au Pays du Soleil Levant. C’est, donc, avec étonnement mais aussi un certain appétit que l’on a découvert Mazinger Z Infinity, alors que la ficelle nostalgique est plus que jamais solide, comme en atteste la phrase d’accroche de l’affiche française.

Mazinger Z Infinity prend place dix ans après que Kôji Kabuto (que vous connaissez aussi sous le nom d’Alcor), aux commandes du super robot Mazinger Z, créé par son grand-père, a ramené la paix en combattant l’Empire des Ténèbres et le maléfique Dr Hell. Aujourd’hui, notre héros n’est plus un grand pilote, il a pris la décision de rejoindre le chemin de son père et grand-père, en devenant un scientifique de renom. A l’occasion de ses recherches, il découvre une structure gigantesque profondément enterrée sous le mont Fuji. Il détecte de mystérieux et inquiétants signes de vie. Il s’en suit de nouvelles rencontres, de nouvelles menaces et bientôt, un nouveau défi pour l’humanité. Une nouvelle fois, c’est à Mazinger Z que revient la lourde charge de sauver le monde.

Un scénario qui, quand on y regarde de plus près, contient déjà quelques indices sur la teneur de ce Mazinger Z Infinity, que l’on ne saurait résumer à un simple trip nostalgique. Bien évidemment, retrouver Alcor (oui, l’ami d’Actarus dans Goldorak) provoque de véritables sensations, des flashbacks que l’on ne peut contrôler. Aussi, ces gigantesques robots, très typiques dans leur forme, ne peuvent que nous rappeler de doux souvenirs, du moins si vous êtes dans la trentaine, et plutôt la deuxième moitié. Seulement, si vous ne comptiez vous déplacer uniquement pour cela, vous risquez non pas d’être déçu, vous en aurez pour votre argent, mais vous passerez à côté d’une matière pourtant évidente. Junji Shimizu, qui a signé quelques épisodes de Slam Dunk et One Piece, n’est pas un simple faire-valoir, il emmène avec lui une vision limpide, un style bien à lui, une rythmique pas toujours très bien maitrisée, un sens de l’action évident, et un humour rafraîchissant.

Nostalgique, certes, mais surtout moderne dans son récit

image film mazinger z infinity

Si vous voulez retrouver Goldorak, et uniquement Goldorak, procurez-vous un coffret qui lui est dédié, et allez tout de même découvrir le film que l’on aborde dans cette critique, mais pour d’autres raisons. Mazinger Z Infinity a une histoire à développer, et celle-ci n’est pas cloisonnée dans un trip nostalgique. Sans trop vous spoiler, il est question de sacrifice, de rédemption, de terrorisme aussi. L’actualité de notre monde est clairement au centre des intérêts du réalisateur, qui n’hésite pas à dresser un parallèle pertinent avec les prédicateurs de haine qui, malheureusement, polluent notre existence. Aussi, on remarque une envie de moderniser le rapport entre le pilote et son robot géant. Moins systématiques, les grands combats ne se mènent plus sans un accord préalable de la hiérarchie. Ce qui provoque un milieu de film un peu mou, habité de débats parfois un peu longs, pas inintéressants mais au rythme en dents de scie, avec une grande place accordée aux dialogues jamais digressif mais sur-écrits. D’ailleurs, signalons ici que certains personnages, issus des séries Mazinger Z et Great Mazinger, nous sont inconnus, tant ces deux œuvres ne font pas partie de notre paysage culturel. Comme ils sont introduits sans pincettes, il faut un peu s’accrocher, mais on s’y fait.

L’action culmine en début et fin de métrage, dans des séquences de haute volée. Mazinger Z Infinity devient, à ces occasions, purement jouissif, avec ces attaques annoncées, et ces coups aux effets dévastateurs. Les différents modèles de robots pullulent et, ô joie, ô bonheur, les ennemis ne sont pas de simples reproductions, sans âme et sans charisme. D’ailleurs, la grande menace du film reste bien en mémoire, tant elle est impressionnante, en taille et en puissance. On aurait peut-être aimé la voir encore plus à l’œuvre, mais ce n’est que pure gourmandise. Ajoutons quelques doses d’humour typiquement japonais, qui font mouche, comme les délirantes MazinGirls, dont la présence à l’écran est limitée, et que l’on aimerait voir abordées dans une œuvre dédiée. Sans oublier une bande originale épique à souhait, composée par Toshiyuki Watanabe, très connu au Japon pour ses travaux sur Mori Motonari ou Space Brothers. Signalons, d’ailleurs, que son père n’était autre que Chuumei Watanabe, compositeur des musiques de… Mazinger Z et Great Mazinger. Terminons en soulignant, au stabilo, la belle qualité de l’animation, qui n’est jamais atteinte d’asthme. Et l’on obtient un très bon moment, imparfait mais jubilatoire.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
7/10

Réagir à l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *