[Test] Jurassic World Evolution : une bonne idée donne un bon jeu

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
  • Développeur : Frontier Developments
  • Editeur : Frontier Developments
  • Date de sortie : 12 juin 2018
  • Acheter : Cliquez ici

Gestion et dinosaures font bon ménage

image playstation 4 jurassic world evolution
Très vite, vos enclos vont se remplir.

L’Histoire des jeux à licence est jalonné de très bons titres, mais aussi de biens mauvais rejetons. Et c’est sans doute ce qui provoque cette appréhension palpable quand on aborde l’un de ces softs. Va-t-on avoir droit à un très agréable King Kong, ou à un raté navrant comme Superman 64 ? Pourtant, on ne peut pas écrire que le concept de Jurassic World Evolution n’est pas excitant, sur le papier. On peut même affirmer, sans conteste, que le jeu de Frontier Developments allait droit dans la direction du vrai fantasme des fans des films de dinosaures. Imaginez, prendre le contrôle d’un parc, le créer d’un bout à l’autre, tout en menant des recherches sur ces animaux préhistoriques. On était fébrile, donc, et voici ce qu’on en a pensé, après quelques parties menées à leur terme.

Vous le voyez venir : ce n’est pas pour son scénario que vous jouerez à Jurassic World Evolution. Pas de récit à attendre, si ce n’est celui que vous vivrez, grâce à vos décisions, et aux différentes mécaniques du jeu. Tout d’abord, sachez que vous devrez gérer jusqu’à six îles, mais pas en même temps. Il s’agit plutôt de niveaux, dans les grandes lignes, dans lesquels il faudra atteindre un certain stade de rentabilité afin de passer au suivant. Et ce, tout en gérant des contraintes parfois drastiques, comme reprendre le contrôle d’une situation critique, sur une île en proie aux catastrophes climatiques. Vous aurez aussi droit à des missions en cours de partie, comme créer tel dinosaure, ce qui vous rapportera non seulement de l’argent, mais aussi de la réputation auprès de trois services : Science, Divertissement et Sécurité. Notons que l’île du film Jurassic World, Isla Nublar, est aussi disponible, et prend la forme d’un véritable bac à sable. Ici, pas d’objectif à atteindre, vous pourrez vous sentir totalement libre… ou presque.

Pointu, mais tout de même abordable pour les novices

image jeu jurassic world evolution
Faites attention au bien-être des dinosaures, ou ils s’entretueront.

Car, comme dans tout jeu de gestion, des règles sont à respecter. Et, si Jurassic World Evolution n’est pas le soft le plus pointu du genre, il va tout de même falloir prendre un pli. Certaines lois tombent sous le sens, comme le fait de devoir, obligatoirement, raccorder les bâtiment construits non seulement à une route, mais aussi au réseau électrique. L’évolution des boutiques, la maitrise des tarifs (sauf le prix de ticket d’entrée, étrange), font partie ds grands classiques. Jusqu’ici, rien de bien surprenant, mais le jeu réserve quelques surprises de bon goût. Tout d’abord, ne pensez pas balancer des dinos sans, auparavant, les avoir créé. En effet, il va falloir construire des bâtiments de recherche, mais aussi des postes capables de missionner des scientifiques, en les envoyant à l’autre bout du monde pour chercher de l’ADN de bestioles préhistoriques. Le joueur pourra aussi jouer au Docteur Henry Wu en manipulant le code génétique des créatures. Histoire, notamment, de les rendre plus puissantes, plus résistantes. On avait un peu peur de la manière dont était conçue le rapport à la naissance de ces animaux, mais Frontier Developments a trouvé la mécanique adéquate afin de créer une véritable charge de travail, avant de résulter sur l’heureuse mise au monde.

D’ailleurs, Jurassic World Evolution n’est pas du genre à prendre son concept à la légère. Oubliez vite, très vite, l’envie de balancer un Stégosaure dans un enclos à Tyrannosaure. Vous comprendrez rapidement que Frontier Developments a pris soin de créer un véritable système social, entre les dinosaures. Chaque animal, que vous pourrez d’ailleurs renommer à votre guise, est accompagné de différentes jauges, et le tout forme son bonheur. S’il n’est que peu enclin à apprécier sa situation, sachez qu’un Spinosaure, par exemple, peut produire d’énormes dégâts, s’échapper, et croquer quelques uns de vos visiteurs. Ce qui ne sera pas sans répercussions sur votre réputation, bien entendu. L’espace est à prendre en compte, la verdure aussi, les points d’eau, la nourriture et, donc, la qualité du voisinage. Tout cela forme un véritable challenge quand il s’agit de faire cohabiter ce beau monde. Mais le développeur a aussi su faire en sorte que, globalement, le jeu soit assez facile d’accès pour ne pas effrayer les joueurs moins expérimentés. Le passage par la phase d’expérimentation est obligatoire, et l’erreur pourra être réparée. Et, même, les combats qui résulteront de certaines rencontres non désirées profiteront au vainqueur, qui se verra accordé un bonus. Seule retenue de ce côté du soft : on aurait apprécié plus d’indices quant aux préférences de chacune des espèces. Pourtant, le titre s’accompagne d’une grande base de données, très complète, sauf dans ce domaine.

Beau comme un camion

image jurassic world evolution
Chaque dinosaure est accompagné d’une fiche complète.

Jurassic World Evolution, c’est du dino, mais aussi de l’humain. Celui-ci se divise en deux catégories : la main d’œuvre, et les visiteurs. Les premiers, vous vous en doutez, auront besoin de bâtiments pour pouvoir exercer. Les équipes de secours, notamment. On perçoit ici le véritable savoir-faire du studio Frontier Developments, qui rend cette gestion hyper agréable. Et même fun : sachez que vous pourrez prendre le contrôle des équipe, sur le terrain, en conduisant vous-même les véhicules, en administrant les différents médicaments. Le joueur pourra même s’organiser son petit safari photo, en immortalisant sur clichés de petits événements, comme la course d’un des dinosaures. Un peu comme dans Dead Rising, la qualité de vos photographies sera jugée par le jeu, qui vous administrera quelques récompenses. Et le visiteurs, dans tout ça ? Lui, il est présent pour s’amuser et consommer. Dans ce but, il sera prioritaire de construire tout ce qui est boutiques, restaurant, hôtels, mais aussi attractions. Vous vous en doutez, plus votre parc proposera de l’activité, plus l’affluence grandira, et plus les caisses se rempliront. Attention, les développeurs ont fait le choix de se passer d’une option d’avance rapide, ce qui n’est pas une mauvaise chose dans ce cas précis. Si cela ralentit le gain d’argent, c’est salvateur pour certaines mécaniques comme celle, décrite plus haut, de la recherche d’ADN.

On le sait, l’interface est l’un des points sensibles des jeux de gestion sur console. Malheureusement, Jurassic World Evolution ne trouve pas la solution miracle dans ce domaine. C’est parfois très brouillon, on croule sous les informations. On apprécie les quelques raccourcis, mais ils sont l’arbre qui cache une forêt parfois trop dense, surtout dans les premières heures. Lesquelles peuvent s’accompagner d’un sentiment de trop-plein d’informations. Rassurez-vous, la digestion se fait tout de même, et les mécaniques deviennent de plus en plus claires au fil du temps. Enfin, impossible de ne pas souligner la satisfaction qui entoure le domaine technique. On redoutait un framerate déficient, et ce n’est absolument pas le cas. Certes, c’est moins beau que sur PC, mais le niveau de détails, les jeux de lumière, tout nous ravit les mirettes. Quant à la musique, il s’agit des morceaux officiels de la licence. On aurait aimé que le thème principal soit encore plus présent, mais l’ensemble se tient très bien. Un constat que l’on pousse jusqu’aux doublages, en français s’il vous plaît. Que les fans de Jeff Goldblum se rassurent, le théoricien du chaos est bien présent, avec sa voix issue du film.

Note : 15/20

Au final, Jurassic World Evolution se destine à un large public. Ceux qui apprécient le travail de Frontier Developments retrouveront un peu du jusqu’au-boutisme du studio, sans pour autant atteindre les sommets vertigineux de certains de leurs titres, mais tout de même avec assez de puissance pour s’amuser. Quant aux novices, plus fans de la licence qu’autre chose, ils pourront aussi prendre leur pied, non sans passer par une phase d’apprentissage un peu rude. Quelques imperfections demeurent malgré tout, comme une interface brouillonne, mais on sort comblé de cette expérience. Laquelle vous accompagnera pendant au moins une quarantaine d’heures de jeu. Les bons softs trouvent toujours un chemin…

7/10

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