[Test] Airheat : aussi apaisant que relevé

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Ordinateur/PC
    • OSX
  • Développeur : Blindflug Studios
  • Editeur : Blindflug Studios
  • Date de sortie : 24 juillet 2018
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Un conte écolo et difficile

image ps4 airheat
N’hésitez pas à farfouiller dans les étages.

Que de chemin parcouru par Blindflug Studios, depuis l’accès anticipé de Airheat, en 2016 ! Si le genre du soft était déjà établi, ainsi que son ambiance si particulière, les joueur PC qui sont fidèles au jeu depuis ses débuts savent à quel point les sensations ont évolué, se sont améliorées. Un an après sa sortie officielle sur ordinateur, voilà que le titre débarque sur PlayStation 4, histoire de gonfler les rangs, déjà bien fournis, du Rogue-like. C’était justement le grand danger : l’œuvre allait-elle se retrouver noyée dans l’offre, imposante et parfois très qualitative ?

C’est assez rare pour être souligné : Airheat est un Rogue-like qui cherche à nous conter une histoire. Le joueur incarne Amélia, une jeune femme qui rêve de dépasser sa condition de pêcheuse, afin d’atteindre un objectif précis : les limites du monde, dans le but d’y rencontrer la mythique baleine céleste. Car, si l’on parle bien de pêche, ce n’est pas en mer… mais dans les airs. Le récit prend place à Granaria, une ville qui flotte dans les nuages, dont les quelques habitants ont fuit le chaos du sol. Elle sera votre point de départ, dans une ascension difficile, à travers autant des cieux qui font office d’étages. Un petit goût d’Icare ? Oui, très clairement. De temps en temps, on aura droit à des cutscenes, entièrement sous-titrées en français (comme le reste du jeu) et plutôt mignonnes, afin de bien nous accompagner dans cette impression de progression scénaristique, en phase avec celle du gameplay. Une ambiance intéressante donc, qui fait travailler l’imaginaire.

Le gameplay déploie quelques subtilités

image test airheat
Les boss sont surpuissants.

Ce n’est pas pour autant que Airheat est une partie de plaisir. Loin de là. Bien vite, le joueur va se rendre compte qu’Amélia n’est pas la seule à se produire dans les airs. Les poissons volants s’y trouvent, voilà la raison de la pêche : il faut les attraper afin de gagner de l’argent. Lequel pourra être dépensé dans de l’équipement, de plus en plus puissant. Seulement, votre avatar ne sera pas l’unique personnage au travail. D’autres pêcheurs sont dans le business. Mais, surtout, des pirates n’ont que faire de la denrée animale : ils chercheront à abattre votre vaisseau, afin d’en récupérer les composants. C’est pour se préparer à ces combats que le joueur a droit à une petite phase d’apprentissage. Au cours de celle-ci, vous apprendrez à utiliser le harpon, très important. En effet, il permet d’agripper certains éléments de structures ennemies, afin de les arracher, le tout pour affaiblir la cible. Il pourra aussi servir à attraper un poisson trop rapide, ce qui n’a rien de simple.

Airheat est bourré de mécaniques intéressantes, qui en font bien un Rogue-like digne d’intérêt. On a abordé les améliorations par l’argent, vous pourrez aussi vous lancer dans la construction, grâce à de la matière première récupérée dans les cieux. L’atelier va devenir votre deuxième maison : c’est le lieu de l’expérimentation, de la trouvaille de recettes. Une fois l’une d’elle découverte, elle s’ajoute dans votre liste, et le résultat s’en trouve dupliquable à volonté… tant que vous possédez les éléments nécessaires à la tâche. Pour récupérer ceux-ci, il faudra farfouiller dans les étages, mais aussi détruire les pirates. Attention à ne pas agresser des pêcheurs paisibles : la police guette, et elle n’hésitera pas à abattre votre vaisseau. L’échec est évidemment possible, et il fait partie intégrante de l’expérience. Si votre embarcation est détruite, elle s’écrase vers la base, et perd même quelques composants de la structure de vol. Se met alors en place une phase stressante, dans le bon sens, car si vous loupez Granaria, vous devrez reprendre l’aventure depuis le début. Game over.

Parfois très, très rageant

image jeu airheat
Plus dure sera la chute.

Le joueur pourra aussi choisir de chuter sciemment. C’est d’ailleurs, la seule méthode pour ramener la matière première à bon port. Airheat sait se faire très cruel. Plus le joueur s’élève dans les cieux, plus la pêche est bonne. Et plus l’adversité est marquée. Les pirates, s’ils ne sont qu’une menace toute relative lors des premiers étages, gagnent vite en force, et en défense. Le skill du gamer est mis à contribution, car il se rend compte qu’une méthodologie est indispensable pour s’en sortir. Foncer dans le tas est l’assurance de se faire liquider en beauté, et ce n’est vraiment pas la meilleure solution pour évoluer. On en vient à ce qui est sûrement le défaut du soft : sa difficulté assez mal dosée. Derrière cet univers charmant se cache un jeu impitoyable, qui peut faire craquer à tout moment. Se faire abattre est une chose. Mais perdre, dans la lutte, cette pièce qui améliore votre vitesse, et que vous avez acheter très cher, après beaucoup de dur labeur, c’est plus que rageant. Cela pourra même s’avérer décourageant, dans les premières heures. Voilà qui nous fait écrire que le titre doit être joué dans de courtes sessions, d’ailleurs sa répétitivité ne fait que renforcer ce constat.

Airheat saura vous faire rager, n’ayez aucun doute sur ce fait. Le jeu parviendra aussi à vous émouvoir, non seulement par le biais de son histoire, mais aussi de son univers visuel. L’ascension est aussi l’occasion de voir la faune et la flore évoluer, même si le paysage en lui-même, sa structure, ne se bouleverse pas. On peut aussi compter sur des jeux de lumière bien chiadés et, si l’on a compté une poignée de ralentissements sur les derniers étages, on peut tout de même se satisfaire du framerate. Enfin, la bande originale, composée par Michel Barengo, s’adapte très bien à l’action, et appuie le côté merveilleux de la découverte.

Note : 14/20

Voilà un trip que l’on pourra qualifier de contre-pied. Airheat, sous ses airs de conte de science-fiction, très écolo dans le fond, n’est pas pour autant un Rogue-like à prendre à la légère. La pêche se révèle plutôt bonne, grâce à un gameplay qui joue de particularités bien structurées, mais il faudra s’armer de courage pour ne pas se faire harponner par la difficulté de l’ensemble. Si le joueur s’accroche, nul doute qu’il y prendra du plaisir.

7/10

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