[Critique] The Guilty : un premier film digne d’intérêt

Caractéristiques

  • Titre original : Den Skyldige
  • Réalisateur(s) : Gustav Möller
  • Avec : Jakob Cedergren, Jessica Dinnage, Johan Olsen, Katinka Evers-Jahnsen, Omar Shargawi
  • Distributeur : ARP Sélection
  • Genre : Thriller
  • Nationalité : Danemark
  • Durée : 85 minutes
  • Date de sortie : 18 juillet 2018

Un début de carrière prometteur, pour Gustav Möller ?

image film the guilty

Le Danemark a su, ces dernières années, nous livrer quelques œuvres très intéressantes. Et notamment dans le domaine des thriller, voire carrément du films de genre. On pensera à La Chasse, Hijacking, ou Les Enquêtes du Département V : Profanation. Avec The Guilty, on fait connaissance avec Gustav Möller, nouveau venu qui semble promis à un bel avenir. Une histoire qui commence bien, donc, comme nous allons le voir dans cet article.

The Guilty nous raconte l’histoire d’Asger Holm, répartiteur d’appels d’urgence au 112. Un jour, il répond à un appel d’une femme qu’on est en train de kidnapper, mais la communication s’interrompt brusquement. Ce qui, bien entendu, fait grandir l’inquiétude. Avec son seul téléphone, le personnage va tenter de résoudre l’affaire. Débute alors une véritable course contre la montre, et Asger Holm finira par découvrir qu’il est embarqué au milieu d’un crime encore plus grave qu’il ne l’avait imaginé.

The Guilty est un film pour le moins surprenant. Non par son artifice de narration, qui vise à recentrer la narration sur un seul et unique personnage, cela a déjà été utilisé par d’autres films comme Phone GameBuried, mais plutôt dans sa capacité à ne pas nous conduire dans la direction supposée. Le personnage central, et presque unique dans le champ de la caméra, est campé par l’acteur Jakob Cedergren, lequel nous livre une très belle interprétation tout en nuances. Il nous tient en haleine tout le long d’un long métrage très court (1h15, sans compter le générique), mais dont le propos exigeait ce genre de format.

Des points forts… et d’autres plus faibles

The Guilty parle de culpabilité. Le coupable du titre n’est pas forcément celui qu’on imagine de prime abord, ce qui créé une certaine surprise. Car c’est bien de ce statut dont l’intrigue se nourrit, et qui constitue le cœur du récit. Par contre, le réalisateur, Gustav Möleler, fait clairement le choix de moins s’appuyer sur les codes du thriller, que sur la vision du monde qu’il extirpe de son récit. Ce qui constitue à la fois, le point fort et éventuellement le point faible du film.

Le point fort car justement, c’est ainsi que The Guilty prend son indépendance par rapport à d’autres œuvres aux artifices similaires, et devient une expérience réflexive, morale, sur la nature humaine. Le point faible car, justement, quand on fait trop appel au regard critique du spectateur, on prend le risque de perdre la sympathie d’une partie du public. C’est un choix risqué que nous défendons, mais l’émotion et l’empathie sont des données subjectives. Ne désirant pas dévoiler le scénario, et ses rebondissements, on ne peut que vous confier que notre sensibilité morale s’est retrouvée moins concernée en fin de métrage qu’en début. Cependant l’essentiel est là : interprétation, parti pris osé et rythme soutenu, font de ce long métrage une réussite. On valide, donc, cette première réalisation, et il est à souhaiter que le réalisateur nous gratifie d’un second effort (un coup de maître peut-être ?), à l’avenir.

7/10

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