article coup de coeur

[Test] PES 2019 : le ballon d’or de cette année ?

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
  • Développeur : Konami
  • Editeur : Konami
  • Date de sortie : 28 août 2018
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La licence de Konami effectue un sacré débordement

Qu’elle semble loin, l’époque qui faisait de PES la licence de football déclinante ! Après avoir plus que brillé de longues années, en atteignant la pole position de la simulation, il est vrai que la série a connu un sacré passage à vide, lors de la précédente génération de console tout du moins. Après quelques années à se remettre en question, à purifier son gameplay, voilà que le jeu est totalement relancé. L’édition 2017 fut un vrai tournant, en proposant une prise en main enfin à la hauteur des attentes. Deux ans plus tard, le constat s’est-il bonifié ?

PES 2019 tente le tout pour le tout, comme un gardien sur un corner, à la dernière minute d’un match qu’il est entrain de perdre. Le but est clair : s’emparer du statut de meilleure simulation depuis un bail, ce que le soft est sûrement, du point de vue du gameplay. Si d’autres éléments nous font écrire que le titre connaît des hauts et des bas, on ne peut que féliciter Konami (Metal Gear SurviveSuper Bomberman R), et le concepteur Yoshikatsu Ogihara, pour avoir su équilibrer l’expérience comme rarement. Ici, pas d’attaques qui prennent naturellement le pas sur les défenses. Aussi, le contraire n’existe pas, du moins pas naturellement. Le soft fait tout pour que le joueur puisse sentir le besoin de construction, en multipliant les possibilités de création. On retrouve toutes les passes habituelles (changement d’aile, en profondeur, etc), mais entourées d’un esprit tactique très jouissif. Les blocs sont difficiles à bouger, et les interceptions peuvent intervenir à tout moment, il est donc très important de toujours imprimer du mouvement, et surtout de rester attentif aux joueurs démarqués, ou aux appels.

Le gameplay gagne en équilibre

image tactique pro evolution soccer 2019
L’aspect tactique est central.

PES 2019 est certainement la simulation de foot la plus grisante du moment. Oui, devant son grand rival, que nous aborderons dans les prochains jours. On n’a jamais aussi bien ressenti l’importance d’opter pour la bonne tactique. La stratégie est importante, il faudra passer du temps dans les réglages, afin de bien maitriser les courses des coéquipiers. Signalons ici que les menus sont lisibles, mais gagneraient à être plus simples d’approche. On pense notamment aux réglage des touches, qu’il faut chercher pendant des plombes. Mais revenons à ce qui est important : le contenu des matchs, comme disent les coachs. Plus vivants que jamais, ils proposent un véritable spectacle. On a droit à des animations entre les actions, et l’on observe quelques réactions plus vraies que nature. Aussi, la fatigue a un impact direct sur le rendement de nos sportifs, ce qui pousse à la gestion, mais aussi à l’économie de courses inutiles. Terminé, le syndrome du poulet sans tête ! La seule anicroche concerne les gardiens, encore trop larges dans certaines interventions faciles. On ne compte plus les corners qui auraient largement pu être évités, par exemple…

PES 2019 propose Des sensations délicieuses, afin de profiter de modes de jeu efficaces. On retrouve avec plaisir la fameuse Ligue des Masters, avec quelques petites nouveautés plutôt notables. Tout d’abord, la présence d’un tournoi de pré-saison : l’International Champions Cup. Mine de rien, elle propose un vrai challenge, et l’occasion de faire rentrer un peu d’argent dans les caisses. Celui-ci sera important pour les transferts, lesquels ont encore gagné en réalisme. Les scouts sont importants pour bien cibler les besoins, et proposer une liste de possibilités en cohérence avec le budget. Bien entendu le président nous poussera à nous surpasser, en imposant des objectifs à atteindre. Attention à ne pas le décevoir. Comme d’habitude, on ne peut que vous conseiller de ne pas débuter par un trop gros club, histoire de savourer une certaine montée en puissance. Commencer à Toulouse, pour finir au Real Madrid, ça a quelque chose de magique.

Les licences en berne

image gameplay pro evolution soccer 2019
La construction des actions prime sur les offensives forcées.

L’autre mode star de PES 2019, c’est MyClub. Clairement, Konami a observé le succès du mode Fifa Ultimate Team, pour accoucher d’un contenu qui en propose une partie des sensations. Il va vous falloir fabriquer votre effectif à base de cartes, et l’état des joueurs, dans la réalité, saura changer la donne. Au nouveau des nouveautés, sachez qu’il sera possible d’affronter d’autres joueurs, mais aussi l’intelligence artificielle, histoire de soulager celles et ceux qui ne peuvent pas toujours compter sur une bonne connexion Internet. On pourra apprécier le petit côté fantaisiste qui accompagne l’expérience, notamment en tombant sur des joueurs de légende. Aussi, les compétitions en ligne vont bon train, avec en ligne de mire l’intention de proposer une expérience de suite satisfaisante. Rien de bien surprenant, que ce soit dans les simples duels ou la coopération en trois contre trois (toujours aussi précieuse). Mais on ne peut que bénir la qualité des serveurs, pourtant pris d’assaut. C’est globalement stable, le matchmaking se veut logique, et c’est là l’essentiel.

Abordons le sujet qui fâche. Non, PES 2019 ne compte pas sur l’ensemble des licences. Certains absents sont très regrettables, on pense surtout à la Bundesliga, dont seules quelques équipes subsistes, mais dans la catégorie du reste du monde. Certains clubs, voire sélections, ne sont pas proposés de manière exacte. La Juventus, le Brésil, Manchester United, tout ceci n’est pas inclus dans l’exactitude des noms. Qu’à cela ne tienne, un patch non-officiel est déjà disponible (uniquement sur PC et PlayStation 4). On pourra se réconforter avec la présence de vrais stade, comme San Siro ou le Maracana. Ou encore quelques petites friandises, comme le championnat du Chili, ou de Russie.

Techniquement de toute beauté

image konami pro evolution soccer 2019
Les replays sont toujours aussi impressionnants.

La technique des simulations de foot est un sujet périlleux, et ce depuis quelques années. Il faudrait être aveugle pour ne pas s’apercevoir d’un certain surplace dans ce domaine, autant chez PES que chez FIFA. La différence, dorénavant, se fait sur la mise en scène, la précision des modèles 3D, l’éclairage et les animations. Dans tous ces domaines, PES 2019 est plus que satisfaisant. Le rendu des joueurs se veut plus réaliste, on a enfin dit adieu à cet effet poupée de cire qui ruinait en partie le plaisir lors des ralentis. Il reste des cas douteux, dans les équipes les moins huppées, mais c’est malheureusement assez compréhensible. On note aussi un gros travail sur la physique de la balle. Les tirs se sentent bien mieux qu’auparavant, ça flotte moins, et il faut passer du temps à bien maitriser la jauge, sous peie de tuer un ou deux pigeons. Enfin, certains mouvements nous ont laissé pantois, on pense aux feintes de corps, idéalement reproduites, qui peuvent réellement créer le doute chez le joueur.

Un constat qui n’accompagne pas l’aspect sonore, et c’est bien dommage. PES 2019 ne parvient pas à corriger cet élément, véritable point noir de la licence depuis un bon moment. Le duo formé par Grégoire Margotton et Darren Tulett manque clairement de relief, mis à part quelques jeux de mot de l’anglais plutôt bien sentis. C’est trop peu pour convaincre, on aurait apprécié plus de précisions sur l’aspect tactique du match en cours, voir quelques analyses des statistiques. Ce n’est pas aussi désagréable qu’un soir de match animé par l’horrible, le détestable Stéphane Guy, mais on n’atteint pas un degré de qualité suffisant. Aussi, l’équilibre du sound design n’est pas bon : le stade a tendance à recouvrir les voix, ce qui n’est pas foncièrement une mauvaise chose, mais parfois cela force à tendre l’oreille, et ça porte un coup à la concentration. Il existe une marge de progression dans ce domaine, c’est certain.

Note : 17/20

Sans crier gare, PES 2019 vient de redistribuer les cartes, et s’empare de la première place des simulations de foot, côté gameplay. Si le contenu reste moins affolant que chez la concurrence, les sensations procurées par la prise en mains sont séduisantes au possible. Cela faisait longtemps qu’une simulation de foot n’avait pas atteint cet équilibre entre l’attaque et la défense, en privilégiant la construction aux offensives finalement irréfléchies. Le nouveau système de fatigue n’est pas innocent à ce résultat, tant il force à bien calculer chaque mouvement. Quant aux modes de jeu, ils ne réinventent rien mais s’avèrent assez costauds pour passionner de longues heures. Il est simplement dommage que certaines licences officielles soient aux abonnées absentes, mais on s’en remettra. Voilà qui devrait faire réfléchir, à l’heure du choix entre les deux concurrents…

8/10

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