[Critique] Alex, Le Destin d’un Roi: Une aventure Arthurienne pour enfants

Caractéristiques

  • Titre original : The Kid Who Would Be King
  • Réalisateur(s) : Joe Cornish
  • Avec : Patrick Stewart, Louis Serkis, Rebecca Ferguson, Tom Taylor, Angus Imrie, Dean Chaumoo, Rhianna Dorris, Denise Gough...
  • Distributeur : Twentieth Century Fox France
  • Genre : Famille, Fantastique, Aventure
  • Nationalité : Royaume-Uni
  • Durée : 121 minutes
  • Date de sortie : 10 Avril 2019

Un film sympathique

Après un sympathique Attack the Block en 2011, nous n’avions plus eu de nouvelles de Joe Cornish jusqu’à aujourd’hui. Le réalisateur nous revient avec un nouveau long-métrage: Alex, Le Destin d’un Roi. Le film raconte l’histoire d’Alex, un écolier ordinaire de douze ans dont la vie va être bouleversée par la découverte de l’épée mythique Excalibur. Il doit à présent former une équipe de chevaliers, composée de ses amis, de ses ennemis et du légendaire Merlin l’Enchanteur, afin de contrer la maléfique Morgane, venue du Moyen-Age afin de détruire le monde. Le résultat est-il aussi magique que le laisse penser cette accroche ? Découvrons la réponse tout de suite.

Côté scénario, Alex, Le Destin d’un Roi est plutôt simple et, en même temps, on y trouve des thèmes d’actualités. Quand Alex découvre Excalibur, c’est un enfant ordinaire de douze ans qui se dresse devant deux brutes pour aider son meilleur ami. À partir de là, une quête débute pour sauver le Royaume-Uni de Morgane, une sorcière du Moyen-Age bien décidée à régner par la terreur. Si le postulat est fait pour être digéré rapidement, et tend même vers le Spielbergien, le contexte est un peu plus fouillé car le réalisateur (et scénariste) injecte une dose de politique post-Brexit. Si Morgane est de retour, c’est que le peuple est désunis, ce qui renforce son pouvoir. Même si le propos reste léger, il ne se développe que dans les news à la télé ou sur des journaux, cela pose un second plan qui parlera aux adultes. On sent que Joe Cornish, au delà de faire un film pour enfants ou pré-adolescents, se sent concerné par ce qui arrive chez lui. Il n’est donc pas étonnant que le personnage principal doit s’unir avec ses ennemis et trouver une armée battre le sorcière (ndlr : ça reste très discutable, dans le fond : le Brexit serait pire que nos ennemis ?). Pour ce qui est du reste, on reste dans du classique, avec le schéma classique du voyage du héros qui devra vaincre les obstacles pour arriver à son but avec quelques révélations au passage.

Une réalisation en dent de scie

image joe cornish alex le destin d'un roi

Abordons maintenant la réalisation d’Alex, Le Destin d’un Roi. Elle est un peu en dent de scie. Si l’on loue la qualité de la scène d’ouverture, un plan séquence, avec l’histoire de Arthur et des chevaliers de la table ronde en rendu dessins animé (dans un pur style de bande dessinée), puis l’arrivée de le monde réel avec le départ d’Alex à l’école, le reste est très moyen. On sent clairement que, vu le budget du long métrage, le réalisateur n’a pas pu s’exprimer tout le temps de la façon dont il voulait. Il y a bien quelques sursauts mais cela reste très léger. Dommage, car la photo de Bill Pope (Alita: Battle AngelMatrix) s’avère des plus savoureuses. Cela se retrouve aussi sur la musique du collectif Electric Wave Bureau, lequel tente des choses courageuses, comme des parties électroniques. Mais cela ne fonctionne que partiellement. Enfin, les deux heures de durée du film sont un peu longues pour une œuvre de ce genre, surtout qu’il vise les enfants et les pré-adolescents. On trouve parfois le temps trop allongé, et certaines scènes un peu redondantes auraient pu être supprimées pour donner plus de rythme. Mais, surtout, l’ensemble manque cruellement d’action et d’un sens de l’épique. N’oublions pas qu’on est sensé faire face à une histoire Arthurienne, cela devrait nous emmener dans une aventure fantastique palpitante. Ce n’est pas tout le temps le cas.

Concernant le casting, le jeune Louis Serkis (fils d’Andy Serkis) s’en sort pas trop mal, même s’il a tendance à surjouer par moment. Tout de même, signalons qu’il arrive à être touchant lors d’une scène. Tom Taylor est plutôt bon dans le rôle de Lance. Il parvient aisément à changer de registre. Il en est de même pour Rhianna Dorris, qui interprète Kaye. Les deux acteurs jouent les brutes de l’école, et s’en sortent vraiment bien. Le jeune Dean Chaumoo se révèle touchant de justesse dans le rôle de Bedders. Côté adulte, Denise Gough s’avère aussi émouvante dans le rôle de la mère d’Alex. Angus Imrie et Patrick Stewart (logan) interprètent Mertin (ou Merlin) à différents ages. Si le premier tire son épingle du jeu, la prestation du second n’est pas toujours des plus convaincantes. Enfin, Rebecca Ferguson (Mission: Impossible – Fallout, The Greatest Showman) est venue toucher son petit chèque pour une participation assez limitée et oubliable. Au final, Alex, Le Destin d’un Roi est une aventure Arthurienne sympathique et familiale qui plaira surtout aux enfants et aux pré-adolescents. Malgré quelques défauts, le long métrage propose quelques bonnes idées, ce qui est déjà pas mal.

5/10

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