[Critique] Further : Richard Hawley livre un album classique et efficace

Caractéristiques

  • Maison de disque/label : BMG
  • Date de sortie : 31 mai 2019
  • Format utilisé pour la critique : streaming
  • Autres formats disponibles : CD, vinyle
  • Site officiel de l'artiste : http://richardhawley.co.uk/
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Un album court qui nous fait voyager loin

Huitième opus studio de son auteur, Further est un album classique dans le bon sens du terme : des morceaux courts et efficaces aux arrangements épurés, des mélodies accrocheuses, une ambiance paisible dont se dégage néanmoins une véritable émotion…


Renonçant pour une fois à faire référence à son Sheffield natal à travers le titre de ce nouvel album, Richard Hawley a voulu cette fois-ci aller “plus loin”, et cette philosophie typiquement américaine de toujours aller de l’avant (même si l’artiste est bien entendu Britannique) nourrit également cette nouvelle collection de morceaux dont on pourrait faire la prochaine bande-son, tout en contrastes, de notre prochain road trip.

Des morceaux rock aussi efficaces qu’affûtés


Pour ce nouvel opus, l’ex-guitariste du groupe Pulp voulait proposer des chansons qui s’apparenteraient à “des balles de fusil” et, dans l’ensemble, force est de constater que la mission est réussie : les 11 morceaux qui constituent Further sont condensées, pour la plupart, sous la barre des 3 minutes. Sans perdre de temps, elles nous saisissent et nous font voyager loin, nous surprenant parfois pour nous faire passer par des chemins de traverse que nous ne soupçonnions pas, à l’image du très beau “My Little Treasures”, qui pourrait sembler de prime abord un peu trop mielleuse, jusqu’à ce que la mélodie change et ne se fasse bien plus intrigante et, finalement, poignante, tandis que l’artiste évoque la mort de son père.

Sans chercher à révolutionner le rock ou son propre parcours, Richard Hawley nous propose des morceaux directs et brillants, composés et arrangés de main de maître, et qui laissent apparaître de nouvelles nuances au fil des écoutes. De l’électrisant “Off My Mind” qui ouvre l’album au rêveur “Further”, en passant par le très beau “Emilina Says”, l’artiste nous entraîne dans un voyage musical que l’on sent heureux, paisible, à l’image du très zen “Doors” qui clôture le disque, que l’on imaginerait volontiers joué au soleil couchant.

Pourtant, si l’on excepte un “Midnight Train” sympathique mais un peu plus plan-plan, il n’y a aucune mièvrerie chez Richard Hawley. Simplement une sincère envie de partage, qui prend corps de titre en titre, et nous invite à “ouvrir la porte d’entrée de[notre] esprit” pour découvrir de nouvelles perspectives. En cela, malgré la mélancolie que l’on peut parfois deviner en creux, Further est loin d’être un album nostalgique. Il se distingue en cela de Morrissey, qui sortait au même moment un disque de reprises lui aussi étonnamment solaire, California Son.

7/10

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