[Test] Remothered Tormented Fathers : conseillé, mais en docké

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
    • Xbox One
    • PlayStation 4
    • PC
  • Développeur : Stormind Games
  • Editeur : Darril Arts
  • Date de sortie : 6 septembre 2019
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Si vous cherchez un très bon survival horror, le voilà

image test remothered tormented fathers
Ce genre de situation flippante se multiplie…

Un an après avoir terrorisé les joueurs sur PC, PlayStation 4 et Xbox One, Remothered : Tormented Fathers refait parler de lui en sortant sur Switch. L’occasion de rappeler que ce jeu, développé par le studio italien Stormind Games, fut l’un des plus flippants de 2018. Véritable  surprise, bientôt suivi par un second opus très attendu (Remothered : Broken Porcelain), le titre se devait de se plier aux exigences de la console de Nintendo, bien moins puissante que les autres. Mission réussie ? En partie…

Il ne faut pas lésiner pour couvrir Remothered : Tormented Fathers de louanges. Avant même d’aborder la qualité d’adaptation sur Nintendo Switch, la sève du soft ne fait l’objet d’aucune contestation. Ce jeu, fruit notamment d’un auteur particulièrement stakhanoviste (Chris Darril est à la réalisation, au design et au scénario), est indubitablement un modèle de survival horror efficace. Dans la droite lignée des Clock Tower, et forcément influencé par le succès mérité de Resident Evil 7, le titre vous propulse dans la peau de Rosemary Reed, docteur de son état. Cette femme plus robuste qu’elle n’en a l’air est sur la trace de Celeste Felton, une fillette portée disparue. Son enquête la mène tout droit vers un manoir Felton habité, vous l’aurez deviné, par le père de Celeste. Celui-ci est atteint d’une maladie qui semble lui rongé la santé mentale, notre entretien avec lui coupant court à cause d’une saute d’humeur impressionnante. Pas dégonflée pour autant, Rosemary attend patiemment, sous la pluie, que l’auxiliaire médicale de Richard Felton quitte les lieux, afin de les pénétrer. Et là, l’Enfer se déchaîne.

S’il fallait sélectionner un qualificatif pour décrire le récit de Remothered : Tormented Fathers, on choisirait sans aucun doute « éprouvant ». On ne peut aller plus loin dans l’histoire, sous peine de vous divulguer des éléments pour le moins troublants, lesquels forment l’une des grandes forces du titre : un scénario prenant, et pas mal référencé. On y voit évidemment du Silence des Agneaux, tant l’apparence de Rosemary rappelle celle de Clarice Starling. Mais d’autres se planquent ici ou là, plus ou moins visibles : Les Oiseaux, Psychose, un peu de David Lynch, le directeur du soft a bon goût. Et cela construit une ambiance hallucinante, qui n’hésite pas à s’accorder des respirations. Bon, jamais sereines, mais le rythme suit une courbe non-linéaire très efficace, ce qui ne fait qu’accentuer les moments de pure frousse. Et vous allez en traverser, oh que oui.

Un jeu de cache-cache glauque à souhait

image gameplay remothered tormented fathers
N’oubliez pas de tout fouiller, pour trouver de quoi survivre.

Il faudrait envoyer une notification aux héros de jeux vidéo : n’entrez jamais dans un manoir, ce n’est pas un lieu sain. Pas le choix pour la courageuse Rosemary, et elle découvrira des lieux qui habiteront vos cauchemars, à n’en pas douter. Remothered : Tormented Fathers joue beaucoup avec la composition des pièces, et pour cause : il va vous falloir bien repérer leurs possibilités. On peut s’y cacher, comme sous un lit ou dans une penderie, ou encore récupérer des objets de défense. Dans ce jeu à la troisième personne, vous allez vite comprendre que vous ne faites pas le poids face à la folie furieuse du cinglé (et d’autres, mais chut, on ne vous en dira pas plus) qui habite les lieux. Afin de vous en sortir, et de faire la lumière sur l’horrible secret des lieux, il faudra user d’éléments récupérés, à poser au sol ou à lancer, afin de créer une diversion. C’est une mécanique très importante, car le rôdeur est très habitué à la pénombre, et son champ de vision, très précis, ne vous accorde aucune seconde chance.

Si l’ennemi vous a capté, il est nécessaire de détaler comme un petit lapin, dans le but de se cacher. Si vous n’y parvenez pas, le vilain aura des arguments pour vous envoyer ad patres, d’une manière bien gore. Si votre avatar se fait attraper, il sera encore temps d’utiliser une arme de défense à l’aide d’un QTE, mais seulement si vous en avez récupéré. D’où l’importance de bien farfouiller autour de vous, quand la situation vous accorde un peu de répit. Remothered : Tormented Fathers est un véritable jeu de cache-cache, il faudra constamment rester sur vos gardes. Par contre, on remarque que les antagonistes ont le don d’apparaître un peu comme ils veulent. La cohérence de déplacement, qui faisait l’une des qualités de Resident Evil 2 Remake n’est pas au rendez-vous, et c’est dommage. On a plus l’impression de se trouver face à une horde de Michael Myers, mais sans la justification de cette ubiquité. Cela ne gâche pas trop la constante pression, et l’on se prend à se déplacer discrètement, histoire de ne pas éveiller les soupçons. Surtout que Rosemary ne peut compter sur aucune carte pour se repérer. Une bonne chose, qui met en valeur un level design malin, fait pour être retenu.

Remothered : Tormented Fathers se révèle, donc, un très bon survival horror. Par contre, l’adaptation sur Nintendo Switch n’est pas tout à fait idéale. Le jeu d’origine n’était déjà pas un foudre de guerre technique, et l’on garde ici des animations assez raides. Les textures manquent cruellement de précision, le flou peut parfois s’inviter à l’écran. Plus positif, la promesse d’un jeu sans temps de chargement pendant le gameplay est tenue. Le véritable regret se trouve au niveau des sous-titres. La qualité de la traduction n’est pas top. Mais, surtout, la police d’écriture est trop petite en mode nomade. Du coup on vous le conseille surtout en docké, même si l’on y perd encore un peu plus en netteté d’image. Notez que les développeurs préparent, à l’heure actuelle, un patch afin de corriger certains bugs présents. Heureusement, la direction artistique relève le résultat visuel. Les environnements ont cette personnalité glauque nécessaire pour créer l’effroi à chaque recoin. Et le character design est exemplaire, notamment celui d’une ennemie que l’on ne peut aborder : vous la découvrirez par vous-même, en hurlant de terreur. Pour terminer sur une qualité, car le soft le mérite, il faut absolument aborder la bande originale carrément divine. Elle est signée Nobuko Toda, une compositrice que vous connaissez obligatoirement pour ses travaux sur la licence Metal Gear Solid, ou encore le premier The Evil Within. Certains thèmes nous ont dressé les cheveux (blancs) sur la tête, notamment quand l’un des adversaires nous découvre.

Note : 15/20

Remothered : Tormented Fathers figure parmi les meilleurs survival horror de ces dernières années. Véritable jeu de cache-cache terrifiant, le soft vous plonge dans une ambiance morbide, glauque à souhait, dans un jusqu’au-boutisme réjouissant. Le récit n’est pas innocent dans ce constat : il se révèle plus malin qu’escompté, avec pas mal de références à des classiques du cinéma d’horreur. Malheureusement, l’adaptation sur Nintendo Switch n’est pas totalement convaincante. On pense surtout à des sous-titres trop petits pour jouer en nomade. Espérons qu’un patch, déjà prévu, règle ce problème. Si oui, on pourra rajouter un point. à la note. Et, du coup, on attend impatiemment la suite, qui devrait paraitre en 2020…

7/10

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