article coup de coeur

[Test] Hatsune Miku Project Diva Mega Mix : un bien bon opus

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
  • Développeur : AM2
  • Editeur : Sega
  • Date de sortie : 15 mai 2020
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Hatsune Miku revient avec un jeu accessible à un large public

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Hatsune Miku dans un nouveau jeu de rythme très réussit.

Si vous êtes du genre à vous tenir au courant de l’actualité pop-culturelle japonaise, vous avez obligatoirement entendu parler d’Hatsune Miku, l’égérie digitale qui cristallise le Vocaloid, une application de synthèse vocale. Vous avez compris ce véritable charabia ? Et vous n’avez pas pris peur devant ce qui est clairement le turfu à portée de mains (on n’a presque plus besoin de chanteurs en fait), alors vous connaissez aussi tous les produits dérivés que cette véritable waifu a engendrés, en plus de ses albums et autres compilations de clips : mangas, figurines, et bien entendu jeux vidéo. Née sur PSP, la série des Project Diva s’est depuis renforcée avec moult itérations, et s’est construite une réputation plutôt solide dans l’univers des jeux de rythme. Loin d’être un simple objet mercantile, ce qui est pourtant l’ADN du personnage, ces adaptations vidéoludiques connaissent aujourd’hui un nouveau virage, en atterrissant pour la première fois sur Nintendo Switch avec Hatsune Miku : Project Diva Mega Mix.

Nous avons une pensée toute particulière pour les gamers qui n’auront pas capté un mot de notre introduction. Pourtant, si c’est votre cas, vous ne devriez surtout pas passer votre chemin. Bien au contraire, restez, la suite est faite pour vous. Hatsune Miku : Project Diva Mega Mix se présente comme un best of de tout ce que la starlette digitalisée peut offrir. Sega peut se targuer d’avoir compris la principale problématique avec cette arrivée sur nos Switch occidentales : le grand public n’est pas forcément conscient de ce qu’est la franchise. Ainsi, l’expérience débute par un tutoriel un peu costaud, ce qui n’est pas courant dans ce genre de soft mue par l’esprit best of. Eh oui, il faut penser aux nouveaux venus. Ceux-ci vont quand même devoir s’accrocher, surtout à cause des sous-titres exclusivement en anglais. C’est d’un niveau largement abordable mais tout de même, on aurait aimé un effort de ce côté, notamment pour les plus jeunes d’entre nous.

Les nouveaux venus pourront donc découvrir le gameplay de Hatsune Miku : Project Diva Mega Mix bien à leur aise. Les habitués, eux, retrouveront tout ce qu’ils ont aimé dans l’excellent opus Future Tone. Ce qui signifie une énorme emphase sur le rythme. Si vous pensiez avoir été à rude épreuve avec Persona 3 et 5 Dancing, vous allez vous prendre un bon gros revers : le jeu de Sega va plus loin. Signalons de suite que la maniabilité aux Joy-Con ne nous a pas vraiment convaincu, tant la détection de mouvements manque de précision dès que l’on désire s’acharner sur le scoring. Aussi, l’option Tap Play, qui exploite la fonctionnalité tactile de l’écran Switch, nous parait un peu déséquilibrée, on a même remarqué une visibilité plus réduite des clips par nature. Puisqu’on tape l’écran, on fait de suite moins attention à ce qu’il s’y passe. Autrement, il est évidemment question d’actionner les touches au moment crucial du passage dans la bonne zone. Les habitués aux manettes PlayStation pourront aussi remapper les touches, ce qui est une information de prime importance, tant les vieux réflexes ont la vie dure. Toute cette base, simple au possible, se verra complétée par d’autres mécaniques elles aussi accessibles, comme le scratch avec le stick. C’est l’application de tout ça, sur des tempos très serré, qui fait le sel de la recette. Donc oui, l’importance des chansons est primordiale.

Du vrai bon fan service

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Le playlist se révèle conséquente.

Une centaine de chanson, ce n’est pas un chiffre à prendre à la légère. Oui, la série a déjà fait mieux, il n’en reste pas moins que Hatsune Miku : Project Diva Mega Mix figure parmi les jeux de rythme les plus généreux de ce genre. Cela se répercute évidemment sur la durée de vie, qui vous réserve bien des heures de pratique. Car les chansons ne sont pas le seul contenu à attendre : les niveaux de difficulté offre du challenge pour tout type de joueurs, notamment ceux qui aiment s’appliquer une courbe de progression. Atteindre les hauts scores, débloquer des personnages, des coiffures et autres très nombreuses tenues (dont un hommage à Space Channel 5 très pertinent, tant les deux licences partagent une imagerie acidulée) grâce aux Diva Points, tout cela va vous demander de l’implication. Par contre, on reste plus circonspect sur les modes, qui se limitent au seul scoring. Au revoir, donc, le mode Story qui, s’il a toujours été très oubliable, permettait tout de même de s’amuser dans un univers aussi coloré qu’innocent. Ajoutons un éditeur de T-shirt, et l’on obtient tout de même une belle dose d’un fan service ici cohérent.

Si Hatsune Miku : Project Diva MegaMix ne réserve pas de grosses nouveautés côté gameplay, les fans pourront tout de même se lécher les babines. En effet, dix titres se trouvent être totalement inédits, ce qui ne pourra que faire fondre les plus jusqu’aux-boutistes des amateurs. La playlist, que vous pouvez retrouver entièrement listé ici, brille par son bon équilibre. Les connaisseurs savent que cette idol dématérialisée ne s’est pas inscrite que dans la pop la plus pure, elle a aussi pu viser un rendu un tout petit peu plus rock, et même parfois jazz voire électro. Tout cet éventail s’avère bien représenté, idéalement soutenu par la présence des clips. On retrouve de véritables classiques comme Senbonzakura, Miracle Paint ou Electric Angel (décidément notre préférée), ou évidemment World is Mine. D’autres sont un peu moins populaires, mais toutes semblent avoir été faite pour bien cadrer avec le concept de jeu de rythme. Signalons aussi qu’un DLC gratuit intitulé Theme Song Pack sera disponible dès le 12 juin 2020, rajoutant ainsi quatre chansons à ce beau casting. Bien sûr, au final il faudra supporter le vocodage, ce style robotique qui peut nous irriter fortement quand il est mal utilisé par des pseudos-artistes pourtant très populaire (Jul, par exemple). Mais le charme opère tout de même, la créativité restant au rendez-vous.

Côté technique, Hatsune Miku : Project Diva Mega Mix s’en tire très bien. Le crénelage existe mais se fait finalement léger, les textures ne sont pas hyper détaillées mais là n’était pas l’intérêt. Il fallait surtout que l’univers bariolé de l’idol pixelisée soit respecté, et c’est bien le cas. Cela déborde de couleurs vives, d’une fraicheur énergique. Et en ces temps moroses, ou certaines productions occidentales s’enferment dans une tonalité dépressive au possible, on prend cette sortie comme une bouffée d’air vivifiante. Bien entendu, le rendu sonore fait un sans faute, et l’on conseille l’utilisation d’un casque pour mieux s’immerger.

Note : 16/20

Hatsune Miku : Project Diva Mega Mix est une bonne porte d’entrée dans l’univers de l’idol virtuelle. Son caractère très best of en fait une véritable compilation de ce qu’elle a pu faire de mieux en dix ans, le tout soutenu par un gameplay qui a fait ses preuves. Certes, il faudra accrocher au style Vocaloid, ce qui ne sera pas le cas de tout le monde, mais l’on ne peut que louer la bonne tenue de l’ensemble. On a bien un ou deux regrets, notamment du côté des modes de jeu, mais globalement on en sort repus.

8/10

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