[Test] Going Under : un Roguelite engagé

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • Nintendo Switch
    • PC
  • Développeur : Aggro Crab
  • Editeur : Team17
  • Date de sortie : 24 septembre 2020
  • Acheter : Cliquez ici

Going Under associe plutôt finement critique et Roguelite

image test going under
Going Under présente un univers original.

Depuis un bon moment, une partie de l’industrie vidéoludique s’est lancée dans un mouvement politiquement engagé. Il faudrait être aveugle pour ne pas capter les messages (lourdingues) délivrés par un The Last Of Us Part. II, par exemple. Et cela sans même aborder les multiples affaires qui remuent le milieu, voir par exemple ce qui se passe chez Ubisoft (nous ne donnerons pas notre avis sur le sujet, mais tout ça commence à vraiment devenir fatigant). Dès lors, il devient de moins en moins surprenant que de voir arriver des softs marqués par une quelconque idéologie, en tout cas celle des développeurs. Going Under, développé chez Aggro Crab et édité par Team17, s’inscrit totalement dans cette lignée.

Si vous êtes du genre à fuir comme la peste ces jeux qui tentent de vous imposer leur manière de penser le monde, restez tout de même car Going Under a, heureusement, des qualités qui compensent cette initiative. Et, entre nous, le sujet abordé mérite bien quelques critiques bienvenues. Vous allez incarner une stagiaire, dans un futur qui pourrait bien être la forme définitive de la « start-up nation » désirée par notre cher Président. La ville s’appelle Neo-Cascadia, et par le hasard des sélections déshumanisées vous allez vous retrouver esclave apprentie chez la société Fizzle, spécialisée dans une toute nouvelle boisson gazeuse qui remplace les repas. Miam miam, et puis c’est vegan hein, on est dans le safe ! Bref. De fil en aiguille, vous allez devoir visiter d’anciennes start-up qui ont fait banqueroute, dans d’autres étages de l’immense pépinière, et cela afin d’en vider les locaux de monstres. Logique, non ? En tout cas vous comprendrez tout : les sous-titres sont disponibles en français.

Going Under multiplie les références au monde que nous connaissons. On reconnait les réseaux sociaux, et surtout l’état d’esprit de ces boîtes détestables. Vous savez, quand on vous oppose un sourire, suivi d’un anglicisme débile pour vous expliquer à quel point vous êtes de la marchandise, mais à la cool hein parce qu’on est des jeunes entrepreneurs trop stylés. Vous voyez le genre. Le jeu aborde tout ça, mais avec beaucoup d’humour, de dérision, ce n’est pas déséquilibré. Il le fallait, car un gameplay se devait aussi d’apparaître dans tout ça. Faisons simple et clair : il s’agit d’un Roguelite tout à fait classique dans son déroulé, mais qui sort de la masse grâce à quelques idées intéressantes.

Classique mais non sans bonnes idées

image gameplay going under
On a parfois droit à des salles bonus.

Going Under nous propose trois donjons procéduraux, terminés par un boss. Le but est de terrasser ce dernier, mais pour y arriver il va falloir à la fois prendre du skill (la base) et comprendre les spécificités de l’expérience. Avant de rentrer dans le cœur des sensations, il faut d’abord souligner que les trois donjons proposent des salles spéciales, où il est possible de gagner des bonus (de l’énergie en plus, des mouvements plus rapides, des armes plus efficace, etc), d’acheter tout plein de choses, ou encore se prendre un malus vampirique temporaire afin d’avoir accès à des compétences utiles. Sachez que plus vous obtiendrez l’un des bonus, plus vous ferez grimper sa jauge d’acquisition. Et quand elle se fait pleine, vous pourrez l’activer en début de run, mais une seule à la fois. Autre petite subtilité, il est possible d’embarquer un allié, ce dernier activant là encore quelques effets bénéfiques. Par exemple, le big boss vous permet d’acheter ce que vous voulez en magasin, mais sous forme de prêt que vous devrez rembourser. Et jusque là, vous devrez vous coltiner un boulet ralentissant, malin.

Going Under parvient à bien capter une partie de ce qui fait l’intérêt d’un Roguelite. Plus on y joue, meilleur on est, et la courbe de difficulté est assez marquée pour vous donner l’impression de progresser. Pour les combats, c’est plus mitigé. Débutons par ce qui fonctionne. Dans les donjons, il sera nécessaire de s’armer, et pour cela il faut s’emparer des objets qui composent l’environnement des anciennes start-up. On peut embarquer jusqu’à trois armes de fortune, lesquelles se brisent après un temps d’utilisation. Cela rappelle évidemment Dead Rising, et c’est très agréable. Par contre, l’avatar donne l’impression de trop flotter à notre goût, et la hitbox de certains ennemis se révèle étrangement imprécise.

La durée de vie de Going Under reste plutôt bonne, même si l’on regrette le nombre trop limité de donjons. On finit par un peu tourner en rond, même si la rejouabilité est bonne. On apprécie aussi les missions secondaires (comme enflammer divers objets, par exemple), cela ajoute à l’impression de fourmillement. Côté technique, on est un peu moins enjoué. On observe du crénelage, quelques baisses de framerate quand les salles se remplissent d’ennemis et d’objets, et pas mal de bugs de collision. La direction artistique joue la simplicité du character design, voire la naïveté, et balance des couleurs un peu partout. Mais cela reste assez maitrisé pour ne pas partir dans tous les sens, on adhère. Les musiques, elles, manquent un peu de personnalité, mais ne nous dérange jamais.

Note : 15/20

Bonne surprise que ce Going Under ! On avait un peu peur d’une critique lourdingue d’un milieu qui, effectivement, n’est pas la tasse de thé de votre humble serviteur, mais c’est fait avec assez d’humour pour rester léger. Roguelite classique dans ses mécaniques, avec quelques emprunts notamment à Dead Rising, l’expérience se fait prenante pendant de bonnes heures. On aurait aimé encore plus de donjons, certes. Mais reste que ce soft pourra être découvert par les amateurs du genre.

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015. Manque clairement de sommeil.

7/10

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