[Test Express] Unto The End : sympathique après des débuts compliqués

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • Nintendo Switch
    • PC
    • Stadia
  • Développeur : 2 Ton Studios
  • Editeur : Big Sugar Games
  • Date de sortie : 9 décembre 2020
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Unto The End, l’exemple du petit jeu sympathique

image gameplay unto the end

Dans l’industrie vidéoludique, la fin d’année est toujours synonyme de grosses sorties. Il s’agit de l’un des deux gros rushs, avec le début du second trimestre, allez comprendre pourquoi. Cette fois-ci, tous les projecteurs étaient tournés vers deux phénomènes gigantesques : la nouvelle génération de consoles, et le très attendu Cyberpunk 2077. Si le second a fait faux bond, la première a effectivement retenu l’attention. Pourtant, à côté on a vu pas mal de belles choses. Est-ce le cas avec Unto The End, jeu signé par le studio-couple 2 Ton Studios, et édité chez Big Sugar Games ? Disons que l’expérience a en tout cas eu le mérite de retenir notre attention.

Unto The End est le genre de soft qui ne vous prend jamais par la main. Au contraire, même, il tente de vous l’arracher et de la jeter en pâture aux loups qui passaient par là. Le joueur incarne un homme en âge de se battre et d’affronter l’adversité d’un environnement particulièrement hostile. Après avoir salué sa femme et son fils, avant de partir pour ce qu’on pense être une journée de chasse habituelle, notre avatar va devoir faire face à une succession d’embûches qui le met plus que dans l’embarras. Ceci est le début d’une quête clairement initiatique, qui se révèle au fur et à mesure d’éléments observés dans les décors. Comme pour un Demon’s Souls, il ne faut pas attendre de la narration autre chose que du sous-entendu : pas de textes à rallonge ni de dialogues, la compréhension passe par l’expérience. Et la douleur.

Un jeu qui ne se dévoile pas sans efforts

image test unto the end

Une histoire qui ne se livre pas facilement, et un challenge très relevé. Unto The End se fait âpre, et pourra même décourager voire rebuter dans les premiers instants. Car le gameplay est à l’image de la narration : il se découvre en essayant, en étant attentif. Après une chute vertigineuse dans une caverne, l’avatar s’empare d’une torche puis d’une épée, et c’est parti mon kiki. Sur un plan en 2D, on se déplace de manière basique, on récupère des clés, on devine son chemin dans la pénombre. Rapidement, on a droit à un premier flashback, qui nous permet d’apprendre l’attaque. Car les combats s’ajoutent à la recette, et ils sont fichtrement durs. On regrette surtout des hitboxs pas toujours hyper précises, et des monstres dont l’allonge dépasse l’entendement. Aussi, le choix d’avoir des adversaires usant d’armes de jet nous parait peu cohérent avec le principe du cheminement plongé dans l’obscurité, ou dans des contrastes marqués : on a du mal à voir venir.

Ajoutons aussi un mystérieux système de craft, qui ne dévoilera son intérêt qu’en l’éprouvant. On vous en laisse la surprise de la découverte, tant il s’avère à la fois utile et plutôt bien vu. Côté durée de vie, Unto The End se termine potentiellement en cinq à six heures, mais cela dépend évidemment de votre propension à apprendre par l’échec. Et à ne pas abandonner. Techniquement, le soft se tient bien. Et pour cause, la direction artistique a été bien pensée : quand on a peu de moyens financiers, il faut se concentrer sur ce qui est possible. Ici, on est dans du minimalisme de rendu, mais ça fonctionne. Les décors nous permettent d’imaginer ce qui se cache dans l’obscurité, ou nous permettent d’admirer de jolis endroits enneigés. Avec un gros travail sur les contrastes et les sources de lumière, même si parfois cela joue contre la lisibilité à l’écran. Aussi, la fluidité reste assez stable tout du long. Enfin, le mixage sonore se révèle bon, avec un gros travail sur les bruitages.

Note : 13/20

Unto The End est un jeu dont la substantifique moelle se mérite : il faudra passer par un apprentissage rude, peut-être un peu trop pour une partie d’entre nous, pour en savourer les quelques qualités. Trip minimaliste mais pas fainéant, le soft distille une histoire classique mais efficace, un gameplay pas exempt de tous reproches (loin de là) mais tout de même passable, et une direction artistique plaisante. Dès lors, on attend le prochain jeu de 2 Ton Studios avec impatience.

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 avant de lancer Jeux Vidéo Plus en 2021. Manque clairement de sommeil.

6/10

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