article coup de coeur

[Test] Demon’s Souls : un grand hit en exclusivité sur PlayStation 5

Caractéristiques

    • PlayStation 5
  • Développeur : Bluepoint Games, Japan Studio
  • Editeur : Sony Interactive Entertainment
  • Date de sortie : 19 novembre 2020
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Demon’s Souls, un excellent remake sans concessions

image jeu demon's souls
Demon’s Souls revient dans un remake d’excellente qualité.

Tout le monde se souvient de Sekiro, Bloodborne, ou encore de Dark Souls 3. Depuis quelques années, un nouveau jeu signé FromSoftware, et particulièrement dirigé par le surdoué Hidetaka Miyazaki, est synonyme de grand évènement. Et pourtant, l’entité japonaise n’a pas toujours été associée à de la grande qualité. Quand est paru le Demon’s Souls originel, chez nous en 2010, le studio restait sur un Ninja Blade à la qualité discutable. C’est donc dans un relatif anonymat qu’a débarqué celui par qui tout a commencé. Malgré des retours de la presse parfois à côté de la plaque, les joueurs se sont vite pris de passion pour un soft qui renouait avec une difficulté incroyable, tout en développant un univers aussi minimaliste qu’évocateur, alors que l’époque était aux récits de plus en plus garnis. Du coup, Demon’s Souls a laissé de bien bons souvenirs, et le voilà qui revient aujourd’hui. Mais pas n’importe comment : en revêtant les habits d’un grand hit.

Cette revisite de Demon’s Souls était sur toutes les lèvres, les rumeurs l’attachant à Bluepoint Games remontent à bien longtemps. En fait, on en entend parler depuis la sortie de Shadow Of The Colossus. Oui, ce studio, que l’on murmure en cours de rachat par Sony Interactive Entertainment, s’est spécialisé dans le remake et le remaster. God Of War Collection, Gravity Rush Remastered, Metal Gear Solid : HD Collection, tous sont sortis de chez eux. On pourrait donc croire qu’il s’agit d’un développeur un peu fainéant, mais ce serait une grossière erreur. Avec Shadow Of The Colossus, ils ont livré une version en tous points digne de la PlayStation 4, ce qui impliquait une technique enfin digne (l’original, paru sur PlayStation 2, avait du mal à tourner correctement). Et le premier trailer de Demon’s Souls nous a de suite rassuré : il s’agit d’un projet d’ampleur, et non d’un simple lissage 4K. Vous êtes prévenus : si le jeu original vous a plu, vous allez être si impressionné que cligner des yeux deviendra une épreuve.

L’autre élément qui rassurera beaucoup de fans est que Bluepoint Games, tout doué que soit la structure, n’est pas seul dans l’affaire. Le développement s’est déroulé conjointement avec Japan Studio, ce qui n’est pas anodin. Rappelons que le Demon’s Souls de base fut aussi le fruit de FromSoftware et… Japan Studio. Cela apporte donc un gage supplémentaire pour le respect des codes établis. On le vérifie assez rapidement, grâce à la méthode de narration. Si vous aviez peur que le jeu devienne plus explicite que l’original, vous pouvez vous rassurer : ce n’est pas le cas, même si l’on note quelques petites précisions. La cinématique d’intro, qui diffère un peu de celle que l’on a tous admiré en 2010, replace tout de même un peu plus le contexte. Ainsi, on nous décrit le lieu de l’action : la maudite Bolétaria a été prise d’assaut par le terrifiant roi Allant XII. Lequel a déversé un brouillard sordide duquel se hisse de cruels démons. On incarne un preux aventurier qui va tenter de terrasser l’envahisseur, mais non sans être aidé par des spectres au passé mystérieux, lesquels vous attendent dans le Nexus.

Toujours aussi passionnant… et difficile

image gameplay demon's souls
La difficulté reste très, très, mais très élevée.

Le Demon’s Souls de 2010 avait l’intelligence d’exploiter ses limites techniques. On se souvient tous de la découverte angoissante de Bolétaria, de ses différents endroits dont la vie semblait avoir été drainée à jamais, laissant derrière elle des vestiges d’une sècheresse malaisante. On ne vous cache pas qu’on craignait fortement que le remake oublie cet élément, très puissant pour la narration : la direction artistique. Dans les faits, oui les lieux visités paraissent plus riches, notamment en verdure sur certains passages, mais ce n’est pas pour autant que Blupoint Games a oublié d’invoquer le désespoir. Il se ressent partout, il transpire de chaque ruine, de chaque objet abandonné par ce que fut le peuple autochtone. Oui, on a toujours cette narration par le non-dit, et elle fonctionne remarquablement, soignant comme rarement l’immersion. Signalons aussi que les sous-titres français sont de la partie, ainsi qu’un doublage. Mais on vous conseille l’anglais, plus convaincant.

Le cœur du suspens se trouvait tout de même dans la capacité de Bluepoint Games, et de Japan Studio, de comprendre la substantifique moelle du jeu d’origine. On vous rassure, Demon’s Souls version 2020 ne pourra que plaire aux fans, car les développeurs sont partis dans la direction du respect. Mais non sans apporter quelques toutes petites retouches. Tout commence par le choix de la classe (parmi dix, du soldat à la Famille royale), puis du don de départ (là aussi, une dizaine, comme la maitrise des bombes incendiaires ou du Kunai). La première ayant une incidence directe sur les statistique de l’avatar. Puis vient la création d’un avatar, l’outil s’avérant bien complet. Grosse personnalisation du visage, qui vous laisse aussi la possibilité d’opter pour des modèles prédéfinis. Ensuite, on est lâché dans la tourmente, avec des premiers pas dont le but est de nous apprendre les bases du gameplay. Si ce commencement se fait évidemment plus simple, les novices vont rapidement comprendre la nature de ce qui les attend. Car l’Avant-garde rôde…

Demon’s Souls garde la philosophie du genre née avec son matériel d’origine. Il s’agit ni plus ni moins qu’un excellent action-RPG au challenge hors du commun. L’avatar peut porter un coup rapide, un coup puissant mais lent, esquiver, utiliser un bouclier, un objet à consommer, jeter un sort etc. Tout le sel est dans le rapport entre nos capacités et l’adversité. L’avatar n’est pas un super héros hyper rapide et résistant : ses mouvements doivent être maitrisés par un joueur dont le skill est constamment mis à l’épreuve. Placer une bonne roulade, contrer une attaque au bouclier, cela ne se fait que via l’apprentissage par l’échec. Tel ennemi ne peut être attaqué que rapidement, celui-ci a des patterns plus lentes donc est ouvert aux offensive lourdes. Mais pour le comprendre, vous allez souffrir. Et pas qu’un peu. La barre de vie fond à vue d’œil, et pour la garnir il faudra user d’herbes ou revenir au Nexus, le hub du jeu. Aussi, la stamina joue un énorme rôle : chaque action la vide, et il faut un petit laps de temps pour la retrouver pleinement. Si elle est réduite à zéro, l’avatar ne peut plus rien engager, alors prudence.

La prudence est le maitre-mot, celui qu’on n’aura de cesse de répéter à ceux qui découvriront Demon’s Souls à cette occasion. On n’est pas dans un beat’em all, si vous voulez frapper dans tous les sens il y a le très bon Devil May Cry 5 Special Edition. Ici, il faut apprendre à agir avec parcimonie, en prenant le temps de juger si vous risquez l’échec ou pas. Certaines situations exigeront tout de même de la rapidité d’exécution, surtout les phases de boss, toujours aussi épiques. C’est à leur occasion que l’on goutera au mieux les quelques petits ajustements apportés par Bluepoint Games. Elles se situent dans les animations, infiniment plus fluides que par le passé, et qui permettent aussi de mieux maitriser les réactions de l’avatar. Cela ne rend pas le jeu plus simple, qu’on soit d’accord, car l’opposant profite lui aussi de cette modification perceptible. Le novice va sûrement avoir le vertige, tant certains combats paraissent désespérant. Mais il faut s’accrocher, répéter et répéter ces challenge. Un habitué du jeu d’origine, lui, retrouvera toutes les patterns, toutes les mécaniques. Comme le vélo, la douleur ne s’oublie pas, et l’on retrouve des réflexes tout de même à affuter.

Une énorme claque visuelle

image test demon's souls
Le mode Photo met en avant la superbe technique du jeu.

Bien entendu, on retrouve l’excellence du level design de l’original, avec cet univers à la cohérence visuelle très soignée. C’est aussi le cas pour le concept du butin à retrouver sur son cadavre, les trésors cachés ici ou là, les armes (épées, arcs, haches etc) destructibles qui demandent certaines statistiques au joueur. Dans les menus, on retrouve aussi la tendance des niveaux, qui reste une mécanique aussi mystérieuse qu’intéressante. Pour faire simple, sachez que vos actions, vos défaites, ont un impact sur le moral des lieux, qui va du blanc au noir. Et plus il est élevé, plus on a de bonus passifs. Il va vraiment falloir être vigilant, revenir souvent sur cet élément pour bien le comprendre, car il ne faut compter sur aucun tutoriel pour l’expliciter. Tant mieux, cela renforce l’ambiance étrange du soft. Demon’s Souls permet aussi d’améliorer les armes, de les réparer, d’acheter des sorts, des objets à consommer, tout cela grâce aux âmes récoltées. Aussi, on retrouve évidemment le système d’évolution, qui va avoir une importance capitale pour votre build, sa spécialisation. On conseillera d’ailleurs aux débutants de se diriger vers tout ce qui permet l’attaque à distance.

Ajoutons à tout cela le retour de l’importance du multijoueur, que vous vous lanciez dans de la coopération grâce à une pierre bleue, ou avec un objectif plus belligérant. Aussi, les écrits au sol reviennent, avec possibilité de noter leur utilité. Le contenu de ce remake de Demon’s Souls reste donc assez costaud, surtout qu’on note au moins un secret ajouté, que l’on ne vous dévoilera pas ici. Si vous êtes à la hauteur du challenge, ce qui ne sera pas le cas de tout le monde, on peut en voir la fin en vingt heures. Mais ce premier run sera suivi de beaucoup d’autres : la rejouabilité est l’un des nombreux points forts de cette expérience. Bien entendu, elle est liée aux différentes classes, et aux nombreuses possibilités de spécialisation. Mais pas que. C’est surtout le new game plus, très costaud, qui pousse à prolonger le carnage. Face à cette partie augmentée, la première fait figure d’entrainement : les adversaires frappent plus fort. Beaucoup plus fort. En contrepartie, ils accordent plus de butins, d’où l’importance pour la quête du meilleur équipement.

« Et la technique alors ? », vous demandez-vous avec insistance. Il est vraie qu’elle était attendue, histoire de bien se rendre compte de l’évolution technique portée par la PlayStation 5. La réponse est simple : Demon’s Souls est, à l’heure où nous écrivons ce test, le plus beau jeu qu’on ait vu tourner sur une console. Oui, de tous les temps. Et le gap avec la PlayStation 4 se fait saisissant. Tout vous fera comprendre qu’on a bien une génération qui se justifie : les animations, la distance d’affichage, la précision impressionnante des textures. Vous allez halluciner devant certains effets de lumière, et même les boss profitent d’un rendu plus impressionnant qu’espéré. On notera aussi une fluidité constante, du moins si vous optez pour l’option Performance, laquelle privilégie le framerate à toute autre chose. C’est une dinguerie visuelle, et vous pourrez d’autant mieux vous en rendre compte grâce au très bon mode Photo. Le seul regret vient des vibrations haptiques de la DualSense, finalement peu mises à contribution, tout comme la résistance des gâchette. Dommage. Côté ambiance sonore, on apprécie chaque bruitage, et surtout cette volonté de jouer avec le silence morbide des environnements qui peut rapidement être déchiré par des ennemis. Par contre, on vous conseille fortement, pour la seconde fois de ce test, d’opter pour le doublage anglais.

Note : 18/20

Demon’s Souls version PlayStation 5 est un grand hit, qu’on se le dise ! Bluepoint Games, bien aidé par Japan Studio, a tout compris du jeu d’origine, et nous reconstitue les sensations de gameplay tout en prenant soin de nous adresser une bonne grosse claque technique bien next gen. Le résultat se fait donc aussi beau que redoutable, la difficulté restant très, très élevée. Le seul petit regret que l’on peut émettre concerne la DualSense, dont les retours haptiques, et la résistance des gâchettes, se font moins utilisés que ce qu’on pouvait espérer. Mais c’est de l’ordre du détail, l’important restant que l’on fait face ici à un jeu passionnant en tous points, sans aucune concession.

9/10

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