[Critique] Candyman : Une mise à jour du mythe ?

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Nia DaCosta
  • Avec : Yahya Abdul-Mateen II, Teyonah Parris, Nathan Stewart-Jarrett, Colman Domingo...
  • Distributeur : Universal Pictures France
  • Genre : Epouvante-horreur
  • Pays : Américain
  • Durée : 91 minutes
  • Date de sortie : 29 septembre 2021

Une suite du premier film

Candyman de Bernard Rose, sorti en 1992, était une métaphore de ce qui se passait aux USA depuis des années. Les afro-américains avaient été parqués dans des cités et les violences (on ne parlait pas encore de la violence policière à l’époque) étaient légion. Alors, ce Candyman version 2021 est-il à la hauteur du premier film ? Sa critique envers la société est-elle aussi pertinente ?

Les événements se déroulent à Cabrini Green, l’une des cités les plus insalubres en plein cœur de Chicago – comme pour le premier film. Les habitants ont toujours fait circuler une effroyable légende, celle d’un tueur tout droit sorti de l’enfer, avec un crochet en guise de main, qui pourrait apparemment être convoqué très facilement par qui l’oserait : il suffit de répéter son nom 5 fois devant un miroir.

Dix ans après la destruction de la dernière des tours de Cabrini Green, l’ancienne cité a été complètement nettoyée et reconvertie en résidence réservée à une classe sociale jeune et aisée. C’est là que l’artiste peintre Anthony McCoy  et sa petite amie Brianna, directrice de galerie d’art, emménagent dans un appartement luxueux. Alors que la carrière d’Anthony est au point mort, il rencontre par hasard un ancien habitant de la cité d’avant rénovation. Celui-ci lui raconte ce qui se cache réellement derrière la légende du Candyman. Il va développer une fascination pour ce mythe qui va l’inspirer…

Toujours aussi pertinent ?

II mateen abdul yahya candyman

Evidemment, cela ne va pas se passer comme prévu. Le scénario est une vraie suite au premier film. Il nous ramène sur les lieux de celui-ci pour nous montrer comment la situation a évoluée en bien comme en mal. Les afro-américains, pour certains, peuvent s’intégrer dans la société et réussir. Le long-métrage le montre avec Anthony et Brianna. Ils ont réussi et sont aisés alors que d’autres vivent toujours dans des cités.

Tout au long de son voyage, Anthony va découvrir l’histoire et le mal qui a régné. L’univers de Candyman est développé au delà de l’histoire de Daniel Robitaille, ce qui est une excellente chose et plusieurs personnages du premier film font une apparition. D’ailleurs, certaines actions du long-métrage de 1992 trouvent leurs conséquences ici. Ainsi, l’histoire d’Helen Lyle est vue de plusieurs façons.

Le « blanc » n’est pas vu comme quelqu’un de mal comme dans certains films. Tout est gris et ce n’est pas plus mal. Le scénario co-écrit par Jordan Peele fait une critique assez juste de la société américaine et, évidemment, le final fait complètement référence aux violences policières envers les afro-américains. On regrettera tout de même la métaphore de l’artiste qui est celle de la limite entre l’art et le réel. Celle-ci aurait pu fonctionner, mais on sent que certaines scènes ont été supprimées sur ce point. Autre point noir, la « métamorphose » d’Anthony, qui rejoint aussi la métaphore de l’artiste, qui commence avec une piqûre d’abeille. Cela aurait pu être mieux amené et plus subtil.

Une réalisation simple mais efficace

nia dacosta candyman

La réalisation de Nia Dacosta est simple mais efficace. Elle joue pas mal avec les reflets (miroirs, etc.) ce qui est une excellente idée par rapport à certaines métaphores du film. La lumière, qu’elle soit naturelle ou artificielle, est bien employée, comme celle du rouge quand Candyman est présent. On a le droit aussi à quelques scènes en jeux d’ombres pour nous raconter des choses passées. Une très bonne idée qui donne aussi une certaine ambiance au long-métrage.

Le montage est plutôt dynamique, les 91 minutes passent assez vite mais, comme nous le disions plus haut, on sent que certaines scènes ont été supprimées et c’est dommage : Candyman aurait pu durer plus longtemps, cela n’aurait pas été un problème. On verra s’il y aura une version longue ou des scènes coupées quand le film sortira en vidéo. Enfin, les scènes d’horreur : si celle-ci ne font pas vraiment peur, elles atteignent néanmoins leur taux d’hémoglobine.

La musique de Robert A.A Lowe est simple mais efficace. Dommage tout de même que le thème composé par Phillip Glass pour le premier film n’arrive qu’à la fin de cette suite. Il aurait été pertinent de le mettre un peu plus en avant dans le long-métrage…

Côté casting, Yahya Abdul-Mateen II s’en sort admirablement bien dans le rôle d’Anthony. Il montre bien la progression de son personnage jusqu’au final. Un bon lead. Teyonah Parris est aussi excellente dans le rôle de Brianna. Même si elle est un peu en retrait, son personnage est crucial pour le final. Nathan Stewart-Jarrett et Colman Domingo (Fear The Walking Dead) sont aussi de bons ajouts au casting. Surtout qu’en ce qui concerne ce dernier, il occupe un rôle déterminant grâce à un personnage ambigu.

Au final, Candyman n’est pas un reboot, mais une vraie suite au film de 1992. Il développe l’univers tout en se présentant comme une critique de la société américaine actuelle. Bien que non dépourvu de défauts, il est certainement l’une des meilleures productions de Jordan Peele.

Auteur

  • Adore le cinéma en général, que ce soit les gros blockbusters ou les plus petits films, les séries TV et les jeux vidéo. Il réalise de nombreux tests de blu-ray et films en UHD 4K.

7/10

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