[Critique] Elvis : Baz Luhrmann livre sa vision du King

Caractéristiques

  • Titre : Elvis
  • Réalisateur(s) : Baz Luhrmann
  • Avec : Austin Butler, Tom Hanks, Olivia DeJonge, Helen Thomson, Richard Roxburgh et Dacre Montgomery
  • Distributeur : Warner Bros France
  • Genre : Biopic, Musical
  • Pays : Australie, Etats-Unis
  • Durée : 159 minutes
  • Date de sortie : 22 juin 2022
  • Acheter ou réserver des places : Cliquez ici
  • Note : 8/10

Hound Dog

Nouveau long-métrage de Baz Luhrmann (Moulin Rouge!, Gatsby le Magnifique), Elvis est le biopic sur le King. Il raconte la vie et à l’œuvre d’Elvis Presley, à travers le prisme de ses rapports complexes avec son mystérieux manager, le colonel Tom Parker. En une vingtaine d’années, tandis que l’Amérique est traversée par des bouleversements socioculturels majeurs et perd son innocence, Elvis devient une star planétaire. Dans son ascension fulgurante, un être tient une place prépondérante : Priscilla Presley. Alors, le réalisateur australien a-t-il réussi son pari ?

Clairement oui, et pour plusieurs raisons. La première est le scénario, qui raconte donc l’histoire d’Elvis, de sa rencontre  avec le colonel Parker jusqu’à sa mort. On y découvre son ascension et ses dernières années, la manière dont il a révolutionné la musique en mélangeant la country avec le blues et le gospel (ce qui donna naissance au rock) et les problèmes que cela lui a causé. Il dut ainsi faire l’armée pendant deux ans sous peine d’aller en prison.

Les autres éléments-phares de sa vie sont également traités : sa rencontre avec Priscilla, comment il a su se renouveler, son addiction à la drogue et aux médicaments, sa paranoïa. Mais surtout, l’emprise qu’a eu Tom Parker sur sa vie. Tout ce qu’on vient de citer est bien développé et passionnant. Le long-métrage se déroule ainsi sur une période de plus de vingt ans. Les personnages sont bien caractérisés mais aussi, et c’est le plus important, on voit leur progression.

Devil in Disguise

Copyright 2022 Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved. / Kane Skennar

Ce qui est le plus intéressant, c’est que l’histoire n’est pas racontée du point de vue d’Elvis, mais de celui du Colonel, qui est également le narrateur. Un procédé qu’utilise souvent Luhrmann – c’était déjà le cas dans Moulin Rouge, raconté par le personnage de Toulouse-Lautrec, et dans Gatsby le Magnifique, raconté par l’ami et admirateur du héros. Tout ça pour se dédouaner du fait qu’on l’ait accusé d’avoir tué Elvis par son comportement et par l’emprise qu’il avait sur lui. Emprise, il y avait clairement. Le film ne fait pas l’impasse dessus, mais c’est un ensemble de choses qui ont fait qu’Elvis est décédé. L’homme avait clairement ses propres démons.

Alors, si vous ne connaissez pas l’histoire du King, vous allez découvrir pas mal de choses, comme l’importance de ses parents dans sa carrière et comment cette dernière a coûté la vie à sa mère et comment son père a géré ses affaires. Ou encore sa relation avec le monde afro-américain et ses liens avec des chanteurs comme B.B King ou la sœur Rosetta Tharpe. Evidemment, il y a aussi Priscilla, la femme d’Elvis. On comprend mieux son rôle dans l’histoire. Tout cela est très bien exploré.

Concernant la réalisation de Baz Lurhmann. Si vous connaissez ses précédents films, vous allez être quelque peu surpris. Alors oui, dans les quinze premières minutes du film, le cinéaste fait appel à tous ses tics de réalisation (montage rapide avec des superpositions d’images et musiques modernes comme Eminem, Doja Cat ou encore Swae Lee) comme pour dire: “Voilà, je vous donne tout ça maintenant et on n’en parle plus”.

Passé ce premier quart d’heure, le réalisateur revient à une réalisation plus classique, mais très bonne, avec de belles idées. Alors oui, les costumes et les spectacles d’Elvis, surtout à la fin de sa vie, conviennent parfaitement à l’univers visuel de Lurhmann, mais on sent qu’il n’en a pas trop fait. Il a surtout voulu faire plus réaliste qu’à son habitude. Ca ce sent dans les costumes, coiffures et décors. Une bonne chose, même s’il garde une patte visuelle qui lui est propre.

Unchained Melody

Copyright 2022 Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved. / Kane Skennar

Evidemment, les chansons d’Elvis sont présentes pour la plupart, surtout les plus marquantes. Celle qui manque vraiment est “Love Me Tender”. Peut être n’avait-elle pas sa place dans les thèmes abordés par le film, mais il est dommage qu’elle ne soit pas présente. La musique du groupe italien Måneskin et d’Elliott Wheeler s’intègre parfaitement à l’ensemble et surtout à l’univers du King. Les costumes et décors nous replongent bien dans les décennies 50-60 et 70. Le montage et le rythme du film sont bons. On ne voit pas passer les presque 2h40.

Sur le casting, Austin Butler incarne bien Elvis, même si on voit clairement qu’il ne lui ressemble pas trop. Son interprétation fait tout de même qu’on y croit et ses talent de danseur ne sont pas à démontrer. Tom Hanks offre une super performance dans le rôle du colonel Tom Parker, un personnage aux multiples visages. Impressionnant, Hanks sera sûrement nommé lors des prochaines remises de prix.

Olivia DeJonge n’est pas en reste et livre une bonne interprétation de Priscilla. De la jeune fille candide à la femme qui s’assume, elle possède une palette de jeu assez large. Helen Thomson et Richard Roxburgh, qui interprètent les parents d’Elvis, offrent des performances solides. Thomson livre même une performance émouvante au détour d’une scène. Enfin, Dacre Montgomery interprète Steve Binder, qui relança la carrière d’Elvis dans les années 60. Là aussi, l’acteur est solide dans sa performance.

Elvis est donc un bon biopic, qui plaira autant aux fans du King qu’aux fans de musique. Rythmé, bien réalisé et accompagné d’un casting solide, il s’agit de l’un des meilleurs films de Baz Lurhmann.

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Adore le cinéma en général, que ce soit les gros blockbusters ou les plus petits films, les séries TV et les jeux vidéo. Il réalise de nombreux tests de blu-ray et films en UHD 4K.

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