Caractéristiques
- Titre : Carol
- Réalisateur(s) : Todd Haynes
- Avec : Cate Blanchett, Rooney Mara, Kyle Chandler, Sarah Paulson, Jake Lacy, Cory Michael Smith...
- Editeur : BubbelPop Editions en collaboration avec TF1 Studio
- Date de sortie Blu-Ray : 2 décembre 2025
- Date de sortie originale en salles : 13 janvier 2016
- Durée : 118 minutes
- Acheter : Cliquez ici
- Note : 9/10 par 1 critique
Image 4K : 5/5
Carol a été tourné en 16mm puis gonflé en 35mm pour la projection. La restauration en 4K Dolby Vision, de toute beauté, permet de gagner en définition et en netteté tout en conservant le joli grain du film. Le Blu-ray 4K, proposé au format respecté 1.85:1, est issu d’un master 4K à la résolution de 2160 pixels et une présentation en Dolby Vision et HDR.
Le grain argentique est finement restitué, de manière homogène et jamais figée. La palette chromatique du chef opérateur Edward Lachman est restituée dans toute ses nuances, de même que son très beau travail sur la lumière, pour les scènes en intérieur (à l’ambiance souvent très feutrée) comme en extérieur. Cela permet de nous immerger d’autant mieux dans l’intimité de cette histoire d’amour naissante. Les contrastes sont toujours très équilibrés, les noirs profonds et non bouchés et les teintes de peaux naturelles. Aucun problème de stabilité n’a été détecté. Le gain par rapport à la version Blu-ray est évidente. Le niveau de détails est excellent, qu’il s’agisse des visages et maquillages des acteurs, des costumes, etc.
Aucun problème de compression n’a été détecté. Au final, nous ne pouvons que saluer le superbe travail de restauration effectué et vous conseiller d’acquérir cette version 4K, qui permet d’apprécier le film de Todd Haynes et son esthétique raffinée dans toute leur élégance.
Son : 4/5
BubbelPop’ Editions et TF1 Studio proposent une piste en Dolby True-HD 5.1 pour la VO comme la VF. Nous avons effectué le test sans home cinema et ne serons donc pas en mesure ici de pousser trop l’analyse des performances de ces deux pistes. En tout cas, même sans équipement, la piste VO apparaît précise et équilibrée, avec un bon équilibre entre les dialogues, les bruitages et la musique. Le très beau score de Carter Burwell possède une belle profondeur, avec de jolies basses. Tout concourt à une bonne immersion.
En ce qui concerne la piste VF, les voix sont plus plates, mais l’ensemble est, là encore, bien équilibré entre dialogues, bruitages et musique.
Bonus : 5/5
Sur le Blu-ray du film, on trouve les suppléments de l’édition 2016 de TF1 Studio (présents pour moitié sur l’édition DVD) :
• Making-of (16mn45)
• Interviews (53 mn environ) : Cate Blanchett, Rooney Mara, Todd Haynes, Edward Lachman (directeur photo) et Christine Vachon (productrice)
• Todd Haynes à Cannes (8mn10)
• Bande-annonce en VOST (2mn23)
Sur le disque de suppléments, se trouve près de 3h30 de bonus exclusifs, réalisés en 2025 pour cette édition anniversaire :
• Todd Haynes se souvient (45mn16)
• Tout commence avec Elizabeth Karlsen, productrice (20mn57)
• Au commencement (14mn23)
• Le roman (06mn47)
• Le financement de Carol (10mn03)
• Stephen Woolley nous raconte (23mn33)
• Carol selon Christine Vachon, productrice (07mn28)
• Carol selon Sandy Powell, costumière (20mn35)
• Carol selon Morag Ross, maquilleuse de Cate Blanchett (20mn42)
• La rencontre d’Elizabeth et Christine (02mn37)
• Happy Birthday Carol (3mn33)
• Ca tournait où ? (04mn09)
• Carol selon Judith Revault D’Allones, responsable des cinémas du Département culture et création au Centre Pompidou (26mn21)

L’édition collector du film (disponible chez tous les revendeurs) comprends le Blu-ray 4K, le Blu-ray du film et 1 disque de suppléments, ainsi qu’un livret de 100 pages exclusif, 1 affiche et 4 cartes postales.
L’édition limitée numérotée Fnac (500 exemplaires, déjà épuisée au moment où nous écrivons ces lignes), dans un joli écrin rouge, comprend, en plus du contenu de l’édition collector, la reproduction du lookbook de Todd Haynes, 5 tirages photos, 1 lettre inspirée du film et le vinyle exclusif de la B.O. par Carter Burwell.
Le nombre et la qualité des nouveaux suppléments présents sur cette édition anniversaire est assez exceptionnelle. C’est bien simple : si vous aimez le film et souhaitez en apprendre plus sur sa création, vous serez ravis et en aurez clairement pour votre argent. Chaque dimension du film est évoquée en compagnie de l’équipe technique (le réalisateur Todd Haynes donc, mais aussi les producteurs, la costumière, la maquilleuse de Cate Blanchett) et passée au crible fin. A part « Ca tournait où ? » (qui s’intéresse aux lieux de tournage du film), le reste des bonus consiste en des interviews de l’équipe du film, plus une interview de Judith Revault D’Allones, la responsable des cinémas du Département culture et création au Centre Pompidou, qui avait noué un partenariat avec Todd Haynes pour ce film.
Le roman de Patricia Highsmith – autrice plus connue pour ses thrillers comme Strangers on a Train et Le talentueux M. Ripley, classiques tous deux adaptés au cinéma – que le film adapte, est longuement évoqué dans plusieurs suppléments, qu’il s’agisse de son impact (il s’agissait d’une œuvre d’avant-garde à l’époque, publiée sous pseudo) ou de son adaptation par Phyllis Nagy, amie personnelle de la romancière et artiste ouvertement lesbienne, très critique envers la représentation de l’homosexualité féminine au cinéma. La manière dont les producteurs ont pu récupérer les droits d’adaptation (le film faillit se faire dans les années 90, mais le projet tomba à l’eau) est également abordé avec beaucoup de précision, de même que le choix de Cate Blanchett, puis de Todd Haynes et de Rooney Mara. L’entretien avec Todd Haynes, mais aussi les interviews des producteurs et des différents collaborateurs permettent d’avoir une vision précise de la vision artistique du cinéaste – communiquée à ses collaborateurs en premier lieu via un lookbook reproduit dans l’édition prestige numérotée – de son approche et de sa méthode de travail.
Enfin, évidemment, comme il s’agit de célébrer les 10 ans du film, la plupart des suppléments abordent l’impact de Carol et son héritage culturel. Sorti au moment où la Weinstein Company périclitait, un an avant le mouvement #MeToo et les témoignages accablants contre Harvey Weinstein, Carol n’a pas obtenu autant de nominations aux Oscars que ce qu’il aurait mérité et n’a pas bénéficié, à l’époque, d’une couverture médiatique optimale, mais le film a laissé une empreinte durable au sein du cinéma contemporain pour s’imposer comme un film LGBT grand public et même un classique du genre, régulièrement diffusé dans les cinémas d’art et essai aux Etats-Unis comme un « film de Noël » (l’action se déroule en pleine période des fêtes).
Au final, cette édition anniversaire de Carol propose l’un des plus beaux ensembles de suppléments qu’il nous ait été donné de voir ces dernières années. Une vraie réussite !
Conditions du test
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- TV LG LG 43UK6400 UHD 4K
- Lecteur Blu-ray Panasonic DP-UB150 UHD 4K
Synopsis
Dans le New York des années 1950, Therese, jeune employée d’un grand magasin de Manhattan, fait la connaissance d’une cliente distinguée, Carol, femme séduisante, prisonnière d’un mariage peu heureux. À l’étincelle de la première rencontre succède rapidement un sentiment plus profond. Les deux femmes se retrouvent bientôt prises au piège entre les conventions et leur attirance mutuelle.
Le Film

Dix ans après sa sortie en salles, Carol reste un très beau film, à la fois doux, intense et pudique. Cette histoire d’amour naissant entre deux femmes de milieux et d’âges différents au cœur d’une Amérique où l’homosexualité est encore condamnée et considérée comme un trouble mental permet d’interroger la notion de désir, mais aussi de devoir (Carol, en plein divorce d’avec son mari, se voit contrainte de choisir entre sa fille et son amour pour Thérèse) à cette époque, avec une fin ouverte optimiste qui tranche avec la tonalité de beaucoup d’œuvres engagées sur le sujet. L’alchimie entre Cate Blanchett et Rooney Mara est présente dès le départ et les seconds rôles ne sont pas en reste, à commencer par un Kyle Chandler dans le rôle difficile du mari de Carol, auquel il donne une vraie complexité et une certaine vulnérabilité là où il aurait été facile d’en faire un parfait salaud. Un film qui n’a pas pris une ride, qui se regarde toujours avec beaucoup de plaisir et d’émotion. Lire notre critique complète




