Caractéristiques
- Titre : 28 Ans Plus Tard : Le Temple Des Morts
- Titre original : 28 Years Later: The Bone Temple
- Réalisateur(s) : Nia DaCosta
- Scénariste(s) : Alex Garland
- Avec : Ralph Fiennes, Jack O'Connell, Alfie Williams, Emma Laird, Erin Kellyman...
- Distributeur : Sony Pictures France
- Genre : Epouvante-horreur
- Pays : Grande-Bretagne, Etats-Unis
- Durée : 110 minutes
- Date de sortie : 14 janvier 2026
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- Note du critique : 8/10 par 1 critique
Quatrième volet de la saga toujours écrit par Alex Garland (Civil War), deuxième volet de la trilogie 28 ans plus tard, et réalisé par Nia DaCosta (Candyman 2021, The Marvels) , 28 Ans Plus Tard : Le Temple Des Morts voit le Docteur Kelson nouer une relation aussi troublante qu’inattendue dont les répercussions sont susceptibles de bouleverser notre monde. De l’autre côté, la rencontre entre Spike et Jimmy Crystal tourne au cauchemar. 28 ans plus tard ne nous avait pas convaincus, est ce que cette suite fait mieux ?
Deux trajectoires, un même monde en ruines
Et oui, c’est clairement mieux. 28 ans plus tard – Le Temple des morts corrige en grande partie les faiblesses de l’opus précédent. Il propose un récit plus dense, plus maîtrisé et surtout plus stimulant sur le plan thématique. Côté scénario, le film suit deux lignes narratives distinctes, qui prennent place directement après les événements de 28 ans plus tard. La première s’intéresse au Docteur Kelson, qui commence à mener des expériences sur l’Alpha aperçu dans le film précédent. Il le baptise Samson et, peu à peu, une relation singulière se noue entre les deux personnages. Si cette dynamique n’est pas dénuée d’humour, elle repose surtout sur une véritable réflexion scientifique et presque philosophique autour de l’infection. En tant que médecin, Kelson cherche à comprendre le fonctionnement du virus, ses mécanismes et, peut-être, son évolution.
Cette partie est sans doute la plus passionnante du film, notamment grâce à l’excellente prestation de Ralph Fiennes. Impérial comme toujours, il est capable de donner de la profondeur à un personnage qui aurait pu rester purement conceptuel. La seconde intrigue suit Spike (le toujours très touchant Alfie Williams), contraint de rejoindre la bande de satanistes menée par Jimmy Cristal (Jack O’Connell, parfaitement à l’aise dans ce registre qu’il maîtrise). Ce groupe, qui massacre aussi bien infectés qu’humains sous couvert de “charité”, est composé exclusivement de jeunes individus tous prénommés Jimmy. Des adolescents influençables, n’ayant jamais connu – ou à peine – le monde d’avant. Leur vision du réel est donc entièrement façonnée par leur chef, et leur incapacité à distinguer le bien du mal devient l’un des aspects les plus glaçants du film.

Rythme, tension et profondeur thématique
Évidemment, ces deux récits sont destinés à se percuter lors du final. Présenté ainsi, on pourrait croire que l’ensemble manque d’action ou de tension, mais ce serait une erreur. Sans entrer dans les détails pour éviter tout spoiler, le film gagne clairement en rythme par rapport à son prédécesseur. Les allers-retours entre les deux histoires se font avec fluidité, et leur convergence finale est particulièrement efficace. Le climax, en particulier, s’impose comme un véritable délice visuel, aussi brutal que maîtrisé. Les thèmes abordés sont eux aussi plus intéressants et mieux exploités.
À travers la bande de Jimmy, le film interroge la manière dont on peut grandir dans une société post-apocalyptique totalement dénuée de repères moraux. Et comment des enfants élevés dans la violence peuvent finir par la normaliser, voire la sacraliser. Du côté de Kelson et de Samson, le long-métrage propose une approche plus psychologique et quasi introspective du virus, apportant une profondeur bienvenue à cet univers. Une piste passionnante, qui mériterait d’être encore davantage creusée dans le dernier volet de la trilogie.

Une mise en scène au service du chaos
La réalisation de Nia DaCosta est également à la hauteur. Sans chercher à imiter frontalement le style ultra nerveux de Danny Boyle, elle s’approprie l’univers de la saga avec intelligence. Sa mise en scène se veut moins frénétique, mais plus atmosphérique, privilégiant une tension diffuse et un malaise constant. Certaines séquences marquent durablement, notamment celle de la “charité”, particulièrement dérangeante. La direction de la photographie reste très solide, avec cette lumière toujours réaliste qui caractérise la saga. Le final nocturne, sublimé par de superbes jeux de lumières sur fond d’Iron Maiden, est un véritable moment de cinéma.
Côté musique, Hildur Guðnadóttir confirme une nouvelle fois son talent. Sa partition est à la fois oppressante et immersive, et lorsque le thème emblématique de la saga surgit enfin, l’effet est immédiat : une véritable montée d’adrénaline. Les morceaux utilisés ponctuellement sont eux aussi très bien choisis et renforcent l’identité du film. Avec une durée d’environ une heure et cinquante minutes, Le Temple des morts se révèle parfaitement rythmé. Le film ne laisse que peu de place à l’ennui et maintient l’intérêt du spectateur du début à la fin.
28 ans plus tard – Le Temple des morts s’impose comme une nette amélioration par rapport à l’épisode précédent. Plus riche sur le plan thématique, mieux équilibré dans sa narration et porté par des performances solides ainsi qu’une mise en scène inspirée, il redonne de la consistance à la saga et suscite une réelle attente pour sa conclusion. Sans totalement retrouver la radicalité et l’impact du film original, cette suite parvient néanmoins à faire évoluer l’univers de manière pertinente, en approfondissant aussi bien la mythologie du virus que les dérives humaines qu’il engendre. Un épisode de transition certes, mais un maillon solide, capable de relancer l’intérêt de la franchise et de préparer efficacement un dernier chapitre que l’on espère encore plus audacieux.




