Caractéristiques
- Titre : They Will Kill You
- Réalisateur(s) : Kirill Sokolov
- Avec : Zazie Beetz, Myha’La, Paterson Joseph, Tom Felton, Heather Graham et Patricia Arquette.
- Distributeur : Warner Bros France
- Genre : Action, Comédie, Epouvante-horreur
- Pays : Etats-Unis, Afrique du Sud
- Durée : 95 minutes
- Date de sortie : 25 mars 2026
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- Note du critique : 5/10 par 1 critique
Nouveau long-métrage co-écrit et réalisé par Kirill Sokolov (No Looking Back), They Will Kill You raconte l’histoire d’une jeune femme qui doit survivre toute une nuit au Virgil, le repaire mystérieux d’une secte démoniaque qui se révèle rapidement être un piège mortel. Les adeptes, eux, comptent bien faire de la malheureuse leur prochaine offrande…
Kirill Sokolov revient en terrain connu
Avec They Will Kill You, Kirill Sokolov revient dans un registre qui lui est familier : action, horreur et humour noir, servis à pleine énergie. Après le succès underground de Why Don’t You Just Die!, le réalisateur russe semblait parti pour réitérer son cocktail explosif, combinant violence stylisée et humour décalé. Sur le papier, le programme promet un spectacle sauvage et décomplexé. Dans la réalité, le film fonctionne surtout sur l’instantanéité de son impact : un défouloir immédiat, mais qui peine à s’imposer durablement.
Après une première scène qui installe son style avec quelques ralentis et qui pose les bases de l’histoire, nous découvrons le personnage d’Asia Reaves (Zazie Beetz, en très bonne forme et qui porte parfaitement le film). Elle arrive devant l’hôtel Virgil pour y devenir femme de ménage. Mais évidemment, tout ne va pas se passer comme prévu. Dès sa première nuit, elle va se faire attaquer dans sa chambre. S’ensuit un mélange de révélations, d’humour noir, de gore et de scènes d’action.

Une révélation surprenante… mais répétitive
De plus, il y a une excellente idée (qui n’est pas dévoilée dans les bandes annonces), révélée au bout de quinze minutes de film. Si celle-ci fait office de révélation, elle s’avère aussi un point négatif sur la longueur : le scénario va reprendre une construction narrative en flashback à chaque fois que nous avons une révélation pour un personnage. Une construction très “tarantinesque” et complètement assumée. Mais le gros problème du film, c’est sa répétitivité. Il est à la fois répétitif dans les scènes d’action et, surtout, prévisible dans les retournements de situation ou encore dans la relation entre Asia et sa sœur Maria, qui est assez expédiée et peine à émouvoir.
Le scénario demeure mince et prévisible, et peine à générer de véritables enjeux au-delà de ce qui est posé dans les quinze premières minutes. Cette absence de profondeur narrative limite l’investissement émotionnel du spectateur, malgré l’action permanente. Le film repose tellement sur ses scènes spectaculaires, amusantes et gore que la répétition finit par peser : ce qui semblait jubilatoire au début devient mécanique, et le plaisir immédiat s’érode au fil du récit.

Un réalisateur prisonnier de ses influences
Et pourtant, le film regorge de bonnes idées visuelles : un œil qui va suivre la protagoniste, des ralentis efficaces, une hache en feu et plusieurs plans qui surprennent par leur audace. Mais, là où une idée fonctionne, une autre déçoit : le final, qui fera intervenir une tête de cochon, illustre les influences de Sam Raimi — amusant, mais pas toujours réussi. L’humour oscille de même entre réussite et faux pas. Certaines répliques font mouche… mais tout autant tombent à plat. Il en est de même pour les gags, qui provoquent tour à tour le rire et la consternation. Par contre, côté gore, le réalisateur y va, et si vous venez pour ça, vous serez servis.
Mais Sokolov paraît prisonnier de ses influences. On retrouve donc la structure scénaristique et des dialogues à la Tarantino, des excès visuels à la Sam Raimi, mais le tout n’est jamais pleinement digéré. Le film oscille entre hommage et imitation, sans jamais réussir à imposer une identité propre. Ce mélange d’influences est plaisant ponctuellement, mais laisse un sentiment d’inachevé : le style domine tellement le fond que la narration en devient secondaire. Le spectateur admire l’énergie et l’inventivité technique, mais regrette le manque de cohérence et de tension narrative.

Trop d’énergie tue l’énergie
D’ailleurs, côté mise en scène, la caméra virevolte, le montage est vif, les plans d’action sont chorégraphiés avec un dynamisme qui force l’attention, et il y a même quelques ralentis bien sentis… même si d’autres peinent davantage à convaincre. Le film sait parfois surprendre par son audace visuelle, ses coups de sang graphiques et un humour noir très présent, souvent absurde mais jamais gratuit. Sur ce point, Sokolov reste fidèle à sa signature : un cinéma énergique, outrancier, presque électrisant.
Pourtant, cette énergie stylistique est « trop ». Oui, trop. Le réalisateur en fait tellement qu’on a l’impression de voir un film-démo. À force de donner de l’énergie à son métrage sans le laisser respirer, il provoque l’effet inverse : l’ennui commence à se faire sentir. Un comble ! Si la première heure (sur une durée d’1h35) passe très vite, la dernière demi-heure donne l’impression de faire au moins le double. Les effets spéciaux et gore sont de qualité ceci dit et les décors de l’hôtel sont de bonne facture, ce qui permet de crédibiliser l’histoire.
They Will Kill You est donc un divertissement nerveux et généreusement sanglant, mais qui échoue à dépasser le stade du simple exercice de style. Le film est capable de captiver un public en quête de sensations fortes et de frissons visuels, même si l’ensemble reste superficiel. Il amuse, surprend et fait rire ponctuellement, mais ne parvient pas à marquer durablement. Une expérience intense, fun et bourrine… mais vite oubliée, qui satisfera les amateurs de spectacle immédiat, mais laissera sur leur faim les autres. Un défouloir qui hurle, amuse et saigne avec énergie… mais disparaît aussitôt que les lumières se rallument.




