Caractéristiques
- Titre : Police fédérale, Los Angeles
- Titre original : To Live and Die in L.A.
- Réalisateur(s) : William Friedkin
- Avec : William L. Petersen, Willem Dafoe, John Pankow, Christopher Allport...
- Editeur : Bubbelpop
- Date de sortie Blu-Ray : 16 septembre 2026
- Date de sortie originale en salles : 7 mai 1986,
- Durée : 116 minutes
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- Note : 9/10 par 1 critique
Image 4K : 4,5/5
Police fédérale, Los Angeles (To Live and Die in L.A.) a été tourné sur pellicule 35 mm, à l’aide de caméras Arriflex 35 BL3. Le master présenté ici reprend la restauration 4K initiée par Arrow Films, élaborée à partir du négatif caméra original et supervisée par William Friedkin. Respectant le format 1,85:1, ce Blu-ray 4K propose une compression HEVC/H.265, un espace colorimétrique BT.2020, WCG, ainsi que des présentations HDR10 et Dolby Vision.
Le résultat se révèle particulièrement concluant. Le rendu argentique est bien présent : le grain, assez prononcé comme il se doit pour un film des années 1980, demeure naturel et jamais figé. Il varie selon les scènes, surtout sur les plans stock shots où il se montre davantage. Les défauts de la pellicule ont été soigneusement nettoyés et nous n’avons relevé aucun de problème de stabilité.
La définition marque un progrès léger, mais perceptible, par rapport à l’édition Blu-ray de 2017, elle aussi issue d’une restauration 4K. L’image gagne en netteté et en lisibilité. Les détails des visages sont bien reproduits, qu’il s’agisse des barbes, des moustaches, des pores de la peau ou du maquillage. Les textures des costumes — notamment le cuir —, des accessoires et des décors, qu’il s’agisse des intérieurs ou des extérieurs de Los Angeles, sont superbes. Il ne s’agit pas d’une redécouverte à proprement parler, mais revoir le film dans ces conditions reste un vrai plaisir. La profondeur de champ est bien restituée et l’image ne donne jamais une impression de platitude.
L’étalonnage tient davantage de la mise à jour que de la réinterprétation. Les couleurs chaudes — jaunes, oranges et rouges — prédominent, en accord avec l’atmosphère de Los Angeles. L’ensemble profite d’une belle saturation, sans excès, qui met en valeur la photographie du film. Les couleurs primaires comme secondaires sont, de façon générale, bien valorisées. Les contrastes ont été légèrement retravaillés, avec de bons détails dans les zones d’ombre. Les scènes nocturnes ou peu éclairées restent lisibles, même si leurs limites se font parfois sentir ; cela demeure logique pour un long métrage de quarante ans. Les noirs sont assez profonds sans être bouchés, tandis que les blancs et les teintes de peau sont respectés.
De très légères saccades ont été relevées au cours du visionnage, mais elles restent rares et sans véritable incidence. Ce n’est pas la restauration la plus spectaculaire que nous ayons découverte, mais elle demeure très solide.
Son : 5/5
Bubbelpop (Muriel, Ça plane, les filles ! (Foxes)) propose deux nouvelles pistes, anglaise et française, en Dolby Atmos avec un cœur Dolby TrueHD 7.1. Puissantes, précises, amples et bien réparties, elles offrent de nombreux effets réussis. Dès le générique d’ouverture, préparez-vous à être surpris. Il faudra même, fait rarissime, baisser légèrement le volume de votre installation home cinéma. Tirs, coups, crissements de pneus lors de la course-poursuite ou encore incendie final : tous les effets circulent avec efficacité sur les canaux surround et Atmos, au service d’une belle dynamique et d’une excellente précision.
Il en va de même pour les ambiances, particulièrement celles de la ville. La musique et les chansons sont également bien mises en avant, avec une belle ampleur. Le canal LFE est sollicité avec pertinence. Enfin, les dialogues de la version originale sont clairs. Le niveau du volume de la version française est un peu élevé mais n’empiète pas sur le mixage d’origine. Le travail effectué sur ces pistes se ressent nettement et permet de proposer la meilleure expérience possible. Nous recommandons sans hésiter.
Bonus : 4/5
Nouveaux bonus :
- Jack Hues, une musique, un mythe (24′)
- L.A, une ville où l’on disparait (43′)
- Les secrets de To Live & Die in L.A (43′)
- Jack Hoar, un flic de Los Angeles (13′)
- Ca tournait où? (5′)
Anciens bonus :
- Fin alternative (9′)
- La scène coupée (4′)
- Un monde de contrefaçon (30′)
Parmi les nouveaux suppléments, Jack Hues, une musique, un mythe prend la forme d’une interview en visioconférence de Jack Hues, membre du groupe Wang Chung. Il y évoque l’arrivée du groupe sur le projet, sa première rencontre avec William Friedkin, la différence entre composer un album de chansons et une musique de film, ainsi que la manière dont les musiciens ont abordé le long métrage, créé son ambiance et composé sa bande originale. Il revient également sur leur connaissance de Los Angeles avant le tournage, son amitié avec Friedkin, ce qu’il dirait aux spectateurs qui découvrent aujourd’hui le film et la façon dont celui-ci résonne encore à notre époque.
Dans L.A., une ville où l’on disparaît, Samuel Blumenfeld, critique de cinéma et auteur, revient sur la carrière de Friedkin au début des années 1980, le roman, la trilogie policière du réalisateur, sa manière de filmer Los Angeles, sa relation avec Michael Mann, le casting, les courses-poursuites automobiles, le dénouement et la musique du film. Le critique s’éloigne parfois légèrement du sujet, mais l’ensemble reste intéressant.
Les secrets de To Live & Die in L.A. voit Fathi Beddiar, historien du cinéma, revenir sur la découverte du roman par Friedkin, la relation entre le réalisateur et l’oncle de Beddiar, les différentes versions du scénario, ainsi que le tournage des cascades et de la course-poursuite. Le tout est enrichi d’anecdotes passionnantes sur la production. Dans Jack Hoar, un flic de Los Angeles, toujours avec Fathi Beddiar, ce dernier évoque cette fois sa relation avec Jack Hoar, policier consultant sur le film, ainsi qu’avec son propre oncle, lui aussi policier à Los Angeles. Un bon complément au module précédent. Enfin, Ça tournait où ? se concentre sur les lieux de tournage du film : un petit module efficace pour conclure.
Conditions du test
- TV 4K UHD OLED Samsung S90F
- Lecteur Blu-ray Samsung 4K UHD UBD-M8500
- Ampli Yamaha 4K UHD YHT-1840
Synopsis
Richard Chance est un flic tête brûlée, obsédé par la traque du faussaire Rick Masters. Le jour où son coéquipier est abattu alors qu’il menait une opération en solo, Chance va peu à peu dévier de la légalité pour parvenir à ses fins et régler ses comptes… dans un bain de sang.
Le Film
Police fédérale, Los Angeles est l’un des meilleurs exemples du cinéma de Friedkin après ses grands chocs des années 1970 : un polar sec, fiévreux, entièrement gagné par les couleurs artificielles, le bruit et la vitesse des années 1980. Le film a parfois été jugé très démonstratif, presque clipé dans sa manière de filmer Los Angeles ; c’est aussi précisément ce qui fait sa force. Friedkin transforme la ville en territoire mental, baigné de soleil mais sans chaleur, où policiers et truands semblent partager la même obsession de l’argent, du pouvoir et du risque. On retient évidemment sa poursuite en voiture, une des grandes scènes d’action de la décennie, mais le film ne se réduit pas à ce morceau de bravoure.
Derrière son énergie brutale, il raconte surtout l’épuisement moral de son héros : un agent fédéral qui ne cherche plus vraiment la justice, seulement une manière de combler sa rage. William Petersen lui donne une dureté presque vide, face à un Willem Dafoe étonnamment calme, artiste du faux et figure diabolique sans grandiloquence. Dans la filmographie de William Friedkin, le film occupe une place moins canonique que L’Exorciste ou French Connection, mais essentielle. Il en prolonge le goût pour les institutions fragiles, les hommes lancés trop loin et la mise en scène comme expérience physique. Après les revers de Sorcerer et Cruising, il marque surtout un retour éclatant à un cinéma de genre sans compromis : nerveux, immoral, spectaculaire et bien plus triste qu’il n’en a l’air. Ce n’est peut-être pas son chef-d’œuvre, mais c’est l’un de ses films les plus immédiatement vivants.

