maléfique afficheForts du succès d’Alice au pays des merveilles de Tim Burton en 2010, les studios Disney n’ont pas tardé à mettre en chantier cette adaptation “en live” de La Belle au bois dormant, proposant même au papa d’Edward aux mains d’argent de le réaliser. Finalement, Burton se retira du projet et c’est un réalisateur débutant, Robert Stromberg, reconnu comme un spécialiste des effets spéciaux, qui se vit confier cette tâche délicate.

Si l’on vient voir ce Maléfique sans attentes particulières, le film remplit bien sa part du contrat : joli, divertissant, idéal pour les enfants. Si on en attend plus, on est en droit d’être passablement déçu : la réalisation est des plus lisses et on ne peut s’empêcher de se demander (malgré l’échec artistique d’Alice) ce que Tim Burton en aurait fait. Le design des petits personnages féériques des landes, quant à eux, est très niais et évoque l’imagerie cliché d’Arthur et les Minimoys, ce qui est assez regrettable. Quant à l’histoire, si elle est comptée pour adopter le point de vue de Maléfique, elle est davantage réservée au jeune public et pourra décevoir par son aspect convenu : la fée déchue n’est en fait pas vraiment méchante, les apparences sont trompeuses et le vrai méchant, c’est le père d’Aurore, le roi Stéphane. L’histoire est cependant bien menée, assez touchante dans son dénouement (attendu) et propose une genèse de la fée/sorcière différente du dessin original mais intéressante et cohérente.

Le film convaincra alors davantage ceux qui n’attendaient pas beaucoup de noirceur de la part de ce blockbuster dont le plus troublant, de ce côté-là, est la reprise dark de la chanson “Once Upon a Dream” par Lana Del Rey. Un bon divertissement pour l’été, qui ravira en premier lieu les enfants de 5 à 12 ans. 

Cécile Desbrun

Cécile Desbrun est une journaliste culturelle spécialisée dans le cinéma, la musique et l'image de la femme dans la culture. Elle créée Culturellement Vôtre en 2009 et écrit parallèlement pour plusieurs publications en ligne. Elle achève actuellement l'écriture d'un livre sur la femme fatale dans l'oeuvre de David Lynch et est la créatrice du site Tori's Maze, dédié à l'artiste américaine Tori Amos, sur laquelle elle mène un travail de recherche approfondi.