image test world of final fantasyCaractéristiques

  • Test effectué sur : Playstation 4
  • Genre : J-RPG
  • Éditeur : Square Enix
  • Développeur : Tose
  • Sortie France : 28 octobre 2016

Test

Et voilà, on peut dorénavant dire que Final Fantasy est notre ami de trente ans ! Trois décennies que cette licence domine le J-RPG, en ayant livré quelques uns des meilleurs softs du genre. Trente ans que Squaresoft (depuis devenu Square Enix) tient entre ses mains une série de jeux qui lui a permis non seulement de survivre dans ce milieu sans pitié, mais carrément de devenir l’un des éditeurs les plus puissants du jeu vidéo japonais. Cet anniversaire fait de l’année 2016 un millésime doublement important, entre la sortie de Final Fantasy 15 dans un mois… et celle de ce World of Final Fantasy, dont on parle beaucoup moins malgré un concept rafraîchissant et référentiel.

Histoire : 4/5

Le scénario de World of Final Fantasy se situe dans la droite lignée de ce que la licence sait si bien faire depuis trente ans : un parcours initiatique poussé par un souffle épique plus ou moins puissant. Le jeu nous présente les jumeaux Lann et Reynn, deux adolescents qui viennent de se rendre compte qu’ils ont un petit problème avec leur mémoire : ils l’ont perdue. Ce fameux matin, dans Neuf-Fresnaies, une ville totalement dépeuplée, ils font la connaissance de Luce-Fana, une bien étrange jeune femme qui va leur révéler que leur passé cache bien des choses, et que pour le retrouver il va falloir aller dans un monde nommé Grymoire. Accompagnés de Tama, une petite bestiole espiègle qui leur accordera de bien précieux conseils, Lann et Reynn partent donc à l’aventure.

Le récit de World of Final Fantasy s’organise d’une manière on ne peut plus classique. Le studio Tose, qui connaît parfaitement la saga Final Fantasy via les différents portages qu’il a pu effectuer (FF 4, 5 et 6 sur Playstation et Game Boy Advance), démontre une maîtrise incontestable des codes de la licence. S’il fallait s’en assurer, sachez que l’on est loin de la demie-déception qu’a pu être FF 13 : on retrouve bien des sentiments qui ont fait la réputation de la série, et ce malgré une petite baisse de régime vers le milieu de jeu. D’ailleurs, il serait mal venu de penser que le récit se calque sur le design enfantin des personnages : l’expérience est sciemment légère, mais certains thèmes peuvent tout de même titiller toutes sortes de publics.

World of Final Fantasy, c’est aussi une sacrée ambiance qui se dégage de cette histoire facilement abordable. On ne peut évidemment pas passer à côté de l’aspect « hommage » qui se fait ressentir tout du long. Grymoire est un monde au sein duquel les personnages de la licence vivent, et si vous êtes du genre fan de Final Fantasy 7, par exemple, vous pourrez croiser un certain Cloud… Du fan service serez-vous tenté d’affirmer, et vous n’aurez pas tort. Mais ici, encore une fois, c’est totalement assumé par un scénario qui, en fait, fait de Lann et Reynn l’équivalent du joueur. Ils ont perdu leurs souvenirs, et les retrouvent petit à petit. Cela tombe bien, on a peut-être un peu oublié Refia (Final Fantasy 3) ou Gilgamesh (Final Fantasy 5), mais les croiser sur notre chemin a tendance à produire un effet de déclic : « ah mais oui, lui c’est…« . World of Final Fantasy réussit donc à marier une histoire typique de la série à un hommage plus que sympathique.

Gameplay : 4/5

image square enix world of final fantasy

Image issue du Playstation Share.

Là encore, World of Final Fantasy réussit un sacré bon coup en livrant un système de jeu très solide. On peut résumer la volonté du studio Tose en une accroche forte : quand Final Fantasy rencontre Pokémon. Oui, ce mélange a pu être au menu d’autres jeux antérieurs, on pense bien entendu à Ni No Kuni, mais ici on peut dire que la formule est plus solide qu’auparavant. Tout d’abord, il faut savoir que les personnages se manient avec une caméra demie-fixe, c’est à dire qu’elle ne tourne pas autour des avatars. Parlons de ces derniers, qui peuvent revêtir deux apparences : normale ou « chibi », une sorte de skin « super deformed » et surtout super mignonne ; nous verrons d’ailleurs un peu plus bas que cela a une incidence sur les joutes. Aussi, les combats se déclenchent sans que les ennemis ne soient visibles sur la carte, histoire de proposer des sensations très proches des anciens Final Fantasy. Si l’on ajoute quelques classiques, comme le découpage en donjons et villages, les objets, la gestion des Gils (la monnaie des FF depuis le premier soft), ou encore les quêtes secondaires plus ou moins anecdotiques, on aura compris que Square Enix édite là un jeu qui sait exactement où il va.

Vous l’aurez compris, avec World of Final Fantasy on est dans un J-RPG qui propose de capturer des bestioles afin qu’elles rejoignent notre groupe. C’est ici que les choses plus sérieuses commencent, car le système de combat nous a convaincus. On fait face à du bon vieux tour à tour (comment pouvait-il en être autrement ?), mais ultra dynamique et bourré de possibilités. Lann et Reynn sont considérés comme des bases de ce qu’on appelle des « pyramides ». En effet, chacun d’eux fait partie d’un ensemble constitué de trois âmes : celle du jumeau, et de deux Myrages (le nom de ces bestioles à capturer et collectionner). Trois étages donc, destinés à autant de gabarits : grand, moyen et petit. Et, vous l’aurez compris, il va falloir assembler ces deux équipes en prenant soin de travailler la complémentarité. C’est certes peu élégant visuellement, mais cela provoque des idées intéressantes, comme le fait que trop de coups subits peuvent déséquilibrer l’ensemble… On ne va pas tergiverser, World of Final Fantasy est une sorte de réceptacle à bons choix. On aime tout particulièrement faire évoluer les Myrages, et les attraper est aussi un plaisir. Contrairement à Pokémon, qui demande au joueur une seule méthode de capture (les affaiblir un maximum), World of Final Fantasy opte pour plus de variété. Certains devront être frappés par une attaque de feu, d’autres ne seront sensibles à la prismalythe (les pokéballs du soft) qu’une fois débarrassés des autres monstres.

World of Final Fantasy est donc aussi mignon qu’intéressant à jouer. Certes, une fois bien maîtrisé, le jeu n’oppose que peu de résistance et le joueur pourrait se lasser un poil. C’était sans compter avec l’emballage très bien fignolé de Tose, qui propose tout pour éviter que l’ennui ne guette réellement. Les combats peuvent être accélérés, mais l’on peut aussi opter pour différents modes de combats : passif (le temps arrête de défiler tant que l’on n’a pas choisi son action), semi-actif (le temps continue de défiler pendant que le joueur choisit ses actions, sauf si le menu complet est ouvert) et actif (le temps continue de défiler pendant que le joueur choisit ses actions). Ainsi, au fil de notre aventure, on a pu passer de l’un à l’autre quand le skill se faisait un peu trop massacreur. Une idée toute simple mais généreuse, un peu à l’image de tout ce World of Final Fantasy.

Technique et ambiance sonore : 4/5

image world of final fantasy

Image issue du Playstation Share.

« Kawaiiiii » s’écriront certains, et c’est vrai que World of Final Fantasy profite d’une jolie direction artistique. Les personnages en mode « chibi » font un sacré effet (du moins quand on n’a pas treize ans et qu’on ne jure que par le gore « parce que c’est trop mature »), et les décors ont ce côté enchanteur qu’on retrouve avec délectation dans les Final Fantasy depuis trente ans. Par contre, on remarque comme une patte Kingdom Hearts dans l’agencement des villages. Ce n’est pas pour nous déplaire, c’est sacrément agréable à regarder, mais ça peut paraître un poil hors-sujet. Dans la pure technique, on a été assez étonné, car mis à part des textures au sol d’un autre âge, le reste est dans une bonne moyenne, notamment ces jeux de lumière très charmants.

Vous le savez si vous êtes fans de la licence : la bande son d’un Final Fantasy est toujours très attendue. Composée par Masashi Hamauzu, qui a déjà bossé sur de nombreux FF (Final Fantasy 10, Final Fantasy 13, Final Fantasy 13-2…), l’OST de World of Final Fantasy donne à la fois dans l’excellente composition originale (ah, cet écran titre !) et dans la reprise de thèmes bien connus revus et corrigés avec talent. Ajoutons que le jeu est disponible en langue anglaise et japonaise (notre version test ne comportait pas cette dernière, mais elle sera bien au rendez-vous le jour le la sortie), que les sous-titres français sont évidemment de la partie, et on obtient un jeu très charmant à écouter.

Durée de vie : 5/5

image tose world of final fantasy

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Peut-être la plus grosse surprise de ce décidément très bon World of Final Fantasy : il va vous falloir pas mal de dizaines d’heures pour en voir le 100%. Plus précisément, n’espérez pas en venir totalement à bout avant une grosse centaine d’heures. Un contenu digne des épisodes canoniques donc, et qui prouve à quel point Tose a pris ce développement très au sérieux. Au programme, l’aventure principale n’est certes pas la plus longue de l’histoire des Final Fantasy, cependant les activités annexes ne manquent pas, et surtout débloquer la totalité de l’encyclopédie va vous prendre du temps. Beaucoup de temps…

Note finale : 17/20

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On ne l’attendait absolument pas à ce niveau, et pourtant World of Final Fantasy nous a convaincus tout du long. Cet épisode à part, véritable hommage de qualité pour les trente ans de la licence, réussit à être addictif manettes en mains, la direction artistique assumée nous a ravi les yeux, et on est encore tout étonné par le contenu très généreux. Le seul véritable regret se situe en fait en dehors du jeu : en sortant World of Final Fantasy à un mois de FF 15, on espère que le public J-RPG ne sera pas avare et donnera sa chance à ce soft qui le mérite amplement. 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato