image pqube blazblue central fictionCaractéristiques

  • Test effectué sur : Playstation 4
  • Genre : FPS coopératif
  • Éditeur : PQube
  • Développeur : Arc System Works
  • Date de sortie : 4 novembre 2016

Test

Si on nous avait dit que 2016 serait une si belle année pour le jeu de combat 2D, on ne l’aurait pas cru. Certes, on est désormais loin des grands millésimes du genre, au cœur des années 1990, mais ne boudons pas notre plaisir : Street Fighter 5 (qui ressemble désormais à un vrai jeu), Guilty Gear Xrd Revelator, The King of Fighters 14, trois softs de belle qualité qui auront pu étanché la soif des amateurs de castagne. Trois, et potentiellement quatre ! Car, un peu en catimini il faut bien dire, Arc System Works et PQube lancent en Europe Blazblue : Central Fiction. Une licence que les fans de jeux japonais connaissent bien et qui suffit, à sa simple évocation, pour susciter l’intérêt…

Histoire : 4/5

Si nous devions résumer cet aspect de Blazblue : Central Fiction en un adjectif, ce serait : « généreux ». Le mode Histoire est tout simplement monstrueux, et propose pas moins de 100 chapitres qui s’étalent sur un nombre d’heures satisfaisant (rendez-vous côté durée de vie pour plus de détails). Arc System Works a mis les petits plats dans les grands, en donnant la possibilité aux nouveaux venus d’accrocher le wagon qui, annonçons-le de suite, avance à très grande vitesse jusqu’au terminus. Ainsi, avant de suivre ce qui prend la forme d’une conclusion (momentanée ?), le joueur qui aborde pour la première fois la licence aura à disposition un résumé des précédents jeux long d’une grosse trentaine de minutes. Il faut certes avoir l’attention à son maximum car cela va vite, très vite, mais on apprécie l’effort.

La narration de Blazblue : Central Fiction fait amplement penser à ce que l’on peut voir dans un visual novel (pour en savoir plus sur ce genre, lisez notre test de Tokyo Ghost Hunters : Daybreak Special Gigs), tout en usant parfois de passages vidéo du plus bel effet. Évidemment, parfois la tension se fait si forte qu’elle se doit d’être calmée par un bon gros combat en bonne et due forme, et les dialogues font alors place à du gameplay. L’ensemble reste assez compliqué dans les rapports entre les personnages, et les enjeux sont parfois un peu obscurs, mais l’ambiance typiquement anime qui se dégage emporte l’adhésion. Une fois le mode Histoire bouclé, le récit continue… dans le mode Arcade ! En effet, on y trouvera encore des dizaines d’heures de scénario. Arc System Works a donc gâté son public, mais aussi les amateurs d’animation japonaise, ce qui fait de Blazblue : Central Fiction un soft qui, potentiellement, peut intéresser un public finalement assez large, et ce même si nous regrettons l’absence d’une localisation en français.

Gameplay : 4/5

image ps4 blazblue central fiction

Arc System Works continue de s’engouffrer sur le chemin tracé par Guilty Gear Xrd Revelator, avec Blazblue : Central Edition il faut régaler aussi bien les novices que les fous furieux du stick. Et pour ce faire, le studio japonais opte encore pour deux options clairement identifiables : Stylish et Technical. Le premier fait que les enchaînements sortent quasiment tout seul, idéal pour que les noobs n’aient pas l’impression d’être de véritables punching ball. Bon, un petit tour par la case tutoriel devrait tout de même bien servir, d’ailleurs on le trouve plutôt bien fichu.

Blazblue : Central Fiction reprend tout ce qui a fait la personnalité de la licence, comme l’incontournable Drive, qui décuple les forces du combattant. S’il est possible de trouver un certain plaisir en ne maîtrisant pas tout à fait la totalité les composantes du gameplay, il faut bien écrire qu’à partir d’un niveau adverse intermédiaire les choses changent du tout au tout. L’Exceed Accel s’invite à la fête, une sorte de furie furieuse qui permet d’enchaîner les grosses attaques bien dévastatrices. Arc System Works a aussi décidé de récompenser les joueurs qui optent pour l’attaque, en leur permettant de déclencher l’Active Flow qui, là encore, permet de sortir des combos impressionnants. Au contraire, les joueurs qui refusent le combat se verront pénaliser par une Negative Penality. Ces nouvelles règles font que les joutes sont acharnées, mais attention à ce que certaines parties ne deviennent pas trop brouillonnes.

Outre ces nouveautés dans les combats, Blazblue : Central Fiction fait aussi en sorte de proposer des modes de jeu qui permettent d’aborder le jeu autrement. On pense évidemment au très fun Grim of Abyss, une sorte de mode RPG dans lequel plus vous combattrez, plus vous gagnerez de l’expérience et plus le personnage évoluera. Au final, si Blazblue : Central Fiction demandera évidemment de l’implication aux nouveaux venus (du moins s’ils veulent passer le cap du mode Stylish), et si certaines règles peuvent parfois être difficiles à bien assimiler, le jeu n’en est que plus profond et plus complet.

Technique et ambiance sonore : 4/5

image test blazblue central fiction

Si vous aimez le style typique de l’animation japonaise, alors Blazblue : Central Fiction ne peut que vous émerveiller. C’est incroyable comme de beaux sprites en 2D peuvent faire un grand effet sur nos consoles actuelles. Du moins quand ils sont, comme ici, soignés jusqu’au bout des ongles. Les décors, tout en 3D pour leur part, ne sont pas en reste et partagent avec les combattants un véritable souci du détail. Signalons aussi que les différents effets de combat, comme les impacts, sont parfois un peu moins réussis. D’une manière générale, on a eu les rétines bien satisfaites et notamment par un jeu d’éclairage très bien équilibré.

La bande originale de Blazblue : Central Fiction est assurée par l’excellent et malheureusement trop peu en vue Daisuke Ishiwatari. On apprécie tout particulièrement le morceau qui accompagne l’intro, et l’on est assez frappé par l’homogénéité du tout. Aucun thème ne semble vraiment en-dessous, ni vraiment au-dessus, chapeau l’artiste. Si l’on regrette l’absence d’une traduction des sous-titres en français, on est bien plus heureux des voix japonaises d’origine qui font le voyage.

Durée de vie : 5/5

image story blazblue central fiction

La première remarque qu’on se fait en lançant pour la première fois Blazblue : Central Fiction, c’est : « bon, il y a de quoi faire« . Et cette impression est particulièrement vraie. Le mode Histoire propose un récit qui vous demandera six bonnes heures. Le temps de finir le mode Arcade à 100%, vous pouvez en rajouter une grosse trentaine de plus. Si on ajoute les modes Speed Star, Score Attack, un nombre costaud de personnages à maîtriser (plus de trente !) et évidemment tout le VS Fighting que ce soit en local ou en ligne, alors on tient là un jeu de combat dont la durée de vie explose les compteurs…

Note Finale : 17/20

L’année 2016 se termine divinement bien pour les amateurs de jeux de combat en 2D, et c’est une excellente nouvelle ! Arc System Works livre là le meilleur soft de la belle série Blazeblue : Central Fiction, à la fois véritable évolution du pur concept, mais aussi conclusion (pour l’instant ?) d’une histoire un peu foutraque mais charmante. Techniquement au point et donnant à voir une 2D qui régalera les esthètes et fans d’animation japonaise, le soft en profite pour se faire un peu plus novice-friendly, et ce n’est pas un mal. On sent que Blazeblue : Central Fiction est le fruit d’un studio passionné par le genre, qui n’aura d’ailleurs pas hésité à le démontrer en mettant à disposition des joueurs un contenu tout simplement phénoménal. Un vrai coup de cœur, pour l’un des meilleurs jeux de baston sur consoles actuelles. 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato