[Test – Playstation 4] The King of Fighter 14 : un retour fracassant pour SNK Playmore

image jaquette the king of fighters 14Caractéristiques

  • Test effectué sur : Playstation 4
  • Genre : Aventure
  • Distributeur : SNK Playmore
  • Développeur : SNK Playmore
  • Sortie France : 26 août 2016

Test

Mine de rien, la sortie de The King of Fighters 14 est un véritablement événement dans l’univers vidéoludique, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il s’agit du retour aux affaires de SNK Playmore, éditeur et développeur que l’on ne présente plus tant sa renommée est encore grande dans les cœurs des gamers. Il est vrai, cependant, que la période (très) faste des années 1990 commence à dater sérieusement, et il fallait obligatoirement revenir un peu sous les feux des projecteurs afin de ne pas se faire snober par la plus jeune génération. Pour cela, c’est la licence phare du studio qui est appelée à la rescousse pour une quatorzième itération… exclusive à la Playstation 4. Car voici l’autre angle intéressant : la console de Sony est décidément indispensable pour qui aime les jeux de combat. Street Fighter 5 (qui peu à peu ressemble à un jeu complet…), Guilty Gear XRD Revelator et, donc, The King of Fighters 14 : pour y jouer c’est sur PS4. Vérifions si cette nouvelle exclusivité est véritablement un atout.

Histoire : 3/5

image the king of fighters 14

Écrivons que l’histoire a le mérite d’exister. The King of Fighters 14 n’était pas attendue pour la profondeur de son scénario, et que SNK Playmore ait bossé afin de nous proposer un petit récit pour chacune des teams est déjà une très bonne chose. Chaque mode « Histoire »engagé en solo sera l’occasion de quelques cinématiques bien senties, et même de rares mais appréciables mini-dialogues événementiels quand des personnages en conflit se rencontrent, comme Terry Bogard et Geese Howard pour prendre un exemple bien connu de la licence.

The King of Fighters 14 n’est clairement pas du genre à faire dans la dentelle. il est question de tournoi improbable devenu l’équivalent d’une Coupe du Monde de Football, d’organisateur dénommé Antonov qui nous rappelle furieusement Hercule de Dragon Ball Z, et d’invasion extra-terrestre totalement inattendue (mais qui tape fort via le dernier boss). On est donc dans un pur délire sans grandes prétentions, qui a la bonne idée de ne jamais être intrusif. Que celles et ceux qui ont peur de voir arriver des heures et des heures de vidéos se rassurent : ce n’est pas du tout le cas. Chacune des teams a droit à une séquence de fin personnalisée, et pas toujours tout à fait compréhensible pour qui ne connait pas un minimum cette licence culte, mais cela reste tout à fait satisfaisant dans l’ensemble.

Gameplay : 5/5

image playstation 4 the king of fighters 14

C’est évidemment côté gameplay que l’on attendait furieusement The King of Fighters 14. Car si SNK n’est pas spécialement à la pointe pour créer un univers un minimum cohérent avec cette licence, cette dernière est historiquement l’une des plus appréciées pour sa technicité. Le soft vous impose de passer par le menu « Tutoriels » avant de vous attaquer aux autres modes. Et ne soyez pas renfrognés à cette idée, car vous aurez bien besoin d’une telle mise en bouche. Le très imbu de lui-même Antonov vous accompagnera avec humour dans ces premières minutes au contact de tout ce qui fera que vous allez passer du temps dans The King of Fighters 14 : des enchaînements à ne plus savoir qu’en faire, des coups spéciaux à tire larigot, et une furieuse sensation que l’ensemble est réglé à la perfection… et ouvert à tous les publics.

Car la grande réussite de The King of Fighters 14 se trouve exactement là : proposer un gameplay dont la profondeur est divisée en assez de niveaux pour qu’une large partie du public s’y retrouve. Ainsi, que vous soyez adeptes de l’éternel « quart de cercle et poing » ou qu’il vous prenne l’envie d’approfondir la chose en domptant les systèmes d’Advanced Cancels, vous serez dans du coton : on prend plaisir quel que soit le mode de « consommation ». Cependant, il est clair qu’il faudra tout de même maîtriser les bases, et celles-ci sont simples à utiliser, mais difficile à maîtriser, comme le dit le fameux adage. Il est impensable de s’en sortir véritablement sans avoir en tête le Mode Max qui, une fois déclenché, décuple vos forces et améliore la vitesse d’exécution. On les évoquait plus haut, les Cancels sont aussi de bons moyens pour ne pas totalement paraître ridicule sur le tatami : ils sont destinés à annuler une technique que l’adversaire tente de vous administrer. Les « Advanced Cancels« , pour faire la lumière sur ce terme, permettent d’annuler… une de vos propres technique, mais pour mieux en lancer une seconde dans la foulée et, par la même occasion, infliger encore plus de dégâts.

image ps4 the king of fighters 14

Ces quelques exemples du jargon interne à The King of Fighters 14 ne doit cependant pas trop faire peur aux purs débutants. Si ceux-ci vont devoir cravacher pour atteindre un niveau d’excellence minimum pour faire le kéké notamment en ligne, SNK Playmore ne leur a pas fermé la porte pour autant. Notamment grâce au Mode Rush qui permet de sortir des enchaînements « en ligne droite » (en bourrinant une touche comme un parkinsonien, donc) au prix d’une consommation de la barre de puissance. Un système ingénieux qui, par ailleurs, est totalement inutile pour qui devient un maître du soft. Donc pas de déséquilibre à craindre, rassurez-vous. La barre de  puissance justement, précisons qu’elle se remplie au fur et à mesure des coups, et qu’elle permet de déclencher les attaques spéciales. Un grand classique que The King of Fighters 14 ne pouvait décemment pas ignorer.

Signalons, enfin, que The King of Fighters 14 propose évidemment un jeu en ligne. Nous ne pouvons nous avancer sur son état dans quelques heures, voir dans quelques semaines et les correctifs certainement apportés par SNK Playmore, ainsi nous n’en tenons pas compte pour la note. Sachez seulement que la stabilité n’est pas toujours optimale, que des déconnexions intempestives sont assez courantes et que rien n’a été mis en place pour lutter contre ce fléau. Gageons que ce sera le cas très bientôt.

Technique et ambiance sonore : 3/5

image snk the king of fighters 14

On le sait depuis son annonce, The King of Fighters 14 ne brille pas spécialement pour ses graphismes. Mais attention au bashing facile, car si quelques personnages sont effectivement vulgairement finalisés, le reste n’est pas aussi douteux que l’on a bien voulu nous faire croire. Alors certes, ce choix de la 3D n’est pas spécialement payant, et l’on aurait sans doute préféré une 2D moins coûteuse en efforts de développement, donc plus aisément maîtrisée. Quelques éléments font penser à de la Playstation 3, tout particulièrement les visages, mais les véritables doléances s’arrêtent là. Le soft est d’une fluidité à toute épreuve (l’inséparable duo 1080p et 60fps est bien au rendez-vous), les animations sont plus que correctes et les décors comportent assez de vie pour ne pas paraître figés. The King of Fighters 14 n’est certes pas la claque visuelle de l’année, très loin de là, mais l’impression laissée, si elle laisse des regrets, est globalement plutôt satisfaisante.

Côté sons, The King of Fighters 14 est dans la moyenne de ce que la licence propose depuis ses débuts : ça ne manque pas de peps, mais peut-être de thèmes qui se démarquent du lot. Dans l’ensemble c’est largement assez correct pour vous accompagner des heures durant sans provoquer de ras-le-bol. Les bruitages et voix sont à l’avenant : doublages appliqués, impacts bien rendus, un travail sérieux dans les moindres détails.

Durée de vie : 5/5

image gameplay the king of fighters 14

The King of Fighters 14 propose un roster tout simplement gargantuesque : 50 personnages (dont 19 originaux, chiffre impressionnant !), 16 teams à maîtriser. En solo, vous avez droit au mode « Histoire », qui vous accaparera déjà pas moins de 8 heures. Quand ce sera bouclé, le joueur pourra se replier sur les « Défis » qui, sans être réellement passionnants, offrent un challenge parfois redoutable. On a évidemment droit aux éternels « Survie » et « Contre-la-montre » qui vous occuperont aussi quelques joyeuses parties. Évidemment, le but ultime est d’aller se frotter à un équivalent humain, et là soyez sûrs que The King of Fighters 14 meublera bien des soirées. Pour finir, impossible de ne pas aborder l’énorme galerie d’artworks à débloquer, qui vous feront parfois plonger dans vos souvenir d’enfance, alors que la licence était encore exclusive à l’inabordable Neo-Geo…

Note finale : 16/20

The King of Fighters 14 avait le poids du retour sur les épaules, et partait avec un handicap technique un peu trop raillé à notre goût. Comme souvent, c’est pad en mains que le soft révèle toutes ses forces, et en l’occurrence on peut estimer que nous tenons là un très bon jeu de combat à destination de bien des publics. Profondément technique pour qui a envie de le maîtriser, mais aussi assez « gamer-friendly » pour que les noobs puissent ne pas avoir l’impression de gêner plutôt qu’autre chose, le gameplay nous a particulièrement satisfait. Si l’on excepte quelques modèles 3D étrangement vulgaires, les visages pas finauds et le online pas encore tout à fait au point (pour le moment), on tient là le véritable retour de SNK Playmore sur les devants du tatami. Soyez heureux, car si vous êtes en manque de jeux de combat, The King of Fighters 14 se doit de figurer tout en haut de votre liste des priorités…

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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