image mon deuxieme frereCaractéristiques

  • Réalisateur : Shohei Imamura
  • Avec : Osamu Takizawa, Shin’ichi Yanagisawa, Hiroyuki Nagato
  • Éditeur : Elephant Films
  • Date de sortie Blu-Ray : 15 novembre 2016
  • Durée : 101 minutes

Image : 5/5

Elephant Films nous a encore dégoté un master de grande classe. En effet, Mon Deuxième Frère est proposé dans une copie qui rend parfaitement hommage à sa qualité d’origine, en gâtant le grain notamment. Une poignée de plans instables, surtout dans la première bobine, mais pas de quoi en tenir rigueur. Gros travail sur la définition, et contrastes sans fausses notes. Signalons que le format 2.35 Scope est respecté.

Son : 4/5

Mon Deuxième Frère est proposé en version japonaise originale, sous-titrée français, dans une piste en Mono DTS-HD Master Audio. Quelques petites baisses de régime par-ci, par-là, mais rien de bien gênant au final. Les voix son bien mises en valeur, et les bruitages ne sont jamais étouffés.

Bonus : 2/5

La présentation de Mon Deuxième Frère est assurée par Stephen Sarrazin, spécialiste du cinéma japonais et plume dans Objectif Cinéma. Cette introduction est trop courte (cinq minutes) pour aborder le film en profondeur, même si le talentueux intervenant a tout de même le temps d’aborder les thèmes que Shohei Imamura développe. Viennent s’ajouter les incontournables galeries photos et bandes annonces.

Synopsis

Basé sur le journal intime d’une jeune fille de 10 ans. L’histoire de quatre orphelins et de leur lutte pour survivre dans une ville minière où la pauvreté règne. Un regard poignant sur la condition des Zainichi, les Coréens habitants le Japon, à la recherche de leur identité.

image blu ray mon deuxieme frere

Le film

La découverte d’un film signé Shohei Imamura est toujours une expérience mémorable. Avec Mon Deuxième Frère, le réalisateur nippon s’empare d’une histoire apte à lui donner la possibilité de développer certains de ses thèmes de prédilection, comme ce que la mise en marginalité possède de motivation. Quatrième film du metteur en scène, Mon Deuxième Frère possède déjà bien des qualités qui exploseront par la suite dans la carrière d’Imamura, tout en restant plutôt prudent formellement.

Mon Deuxième Frère aborde, déjà, les femmes du récit avec une tonalité courageuse, notamment cette infirmière au grand cœur mais mal perçue par la population. On apprécie grandement le refus de Shohei Imamura de se formaliser sur le récit, potentiellement triste et fondamentalement dramatique, voire mélodramatique. En effet, le réalisateur fait le choix de ne jamais alourdir les différentes situations par du pathos qui caresserait le public dans le sens du poil, et délivre des compositions de plans lumineuses. Le but d’Imamura est à la fois simple et louable : rendre justice aux différents personnages de Mon Deuxième Frère en les décrivant avec un réalisme à toute épreuve. Une volonté qui, plus tard dans sa filmographie (Le Pornographe, Désir Meurtrier), explosera dans un traitement que l’on peut qualifier de documentaire.

Mon Deuxième Frère c’est une histoire de colère lancinante, mais jamais de pleurnicherie embarrassante. Alors certes, les amateurs de films plus exigeants de Shohei Imamura relèveront que le film reste finalement à lecture unique, et surtout ne va pas titiller le sentiment profond, le fameux inavouable de l’âme. Seulement, ils pourront surtout y apprendre que le réalisateur peut développer une vision du monde moins chaude, plus précise aussi, et sait décrire une ambiance ouvrière autrement que sous le prisme de la lutte des classes. La pauvreté y est d’autant mieux rendue qu’elle ne sert aucune idéologie politique, et sublime un récit qui se suit sans anicroches. Une très belle découverte.

image film mon deuxieme frere 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato