[Test – Playstation 4] GalGun Double Peace : une bonne « otakuriosité » japonaise

image pack gal gun double peaceCaractéristiques

  • Test effectué sur : Playstation 4
  • Genre : Rail Shooter
  • Distributeur : PQube
  • Développeur : Inti Games
  • Sortie France : 29 juillet 2016

Test

Alors la voilà, cette suite de GalGun, jeu développé par Inti Games (que l’on connaît pour son récent Mighty No.9 beaucoup trop décrié à notre goût) qui fut exclusif à la XBox 360 et qui, aujourd’hui, se décline uniquement sur les consoles de Sony. Comme nous l’avions vu dans notre preview, GalGun : Double Peace pouvait être attendu de pied ferme par qui sait faire la part des choses face à un univers qui, clairement, n’est pas façonné pour nous autres occidentaux. Du moins, à première vue serait-on tenté de penser chez Culturellement Vôtre, tant l’ambiance grivoise qui s’en dégage, sous une couche typiquement japonaise, peut être considérée comme une gauloiserie croquignolesque en diable. Et si l’on nous a, au fil du temps, retiré le droit de rigoler de situations paillardes inoffensives (« sexisme !! »), chaque possibilité de pouvoir s’accorder une parenthèse dans ce quotidien mené par les idéalistes forcenés prend des airs de récréation salvatrice. Alors armez-vous de votre meilleur humour, détendez-vous un peu, laissez les préjugés et les valeurs de certains (et certaines) tyrans idéologiques au placard, car voici un jeu qui pourra grandement plaire.

Histoire : 3/5

image screeshot gal gun double peace

Le scénario de GalGun : Double Peace ne brille pas par ses qualités fondamentales, mais c’est pour notre plus grand plaisir. Que l’on soit clairs : il n’existe qu’une poignée de scénarios vidéoludiques de qualité, et le reste se situe entre la catastrophe bien pompeuse (Uncharted 4 en est un exemple récent) et gros délire au second degré. Le jeu ici traité se place exactement dans cette dernière catégorie, donc que les acharnés des idéologies occidentales poussées à l’extrême (on n’a rien contre l’équilibre d’un discours simplement égalitariste, et non pas aux limites de l’appel à la haine que l’on voit fleurir sur les réseaux sociaux) ne s’approchent de GalGun : Double Peace que si, et seulement si, ils sont capables de s’ouvrir à ce qui fait tant peur à tout un chacun depuis quelques mois : l’autre. Celui qui n’aime pas comme nous, qui ne pense pas comme nous, mais qui s’avère être d’un intérêt égal au nôtre.

Dans GalGun : Double Peace, on incarne Houdai, dont la vie hyper banale de jeune homme sans succès va être totalement bouleversée par l’intervention d’un ange pour le moins maladroit. En effet, Ekoro, la cupidon encore étudiante en « comment créer l’amour entre deux personnes », est à l’origine d’un bon gros malentendu. Alors qu’elle allait s’occuper du cas d’une cible, son attention est soudainement attirée par l’intervention d’une démone : Kurona. Afin de renvoyer cette dernière droit dans les flammes de l’Enfer, Ekoro charge une flèche ultra-chargée en phéromones… vise… et loupe lamentablement son tir ! Et qui se prend la balle perdue en plein cœur ? Houdai bien évidemment, qui d’un coup va devenir la cible d’un déchainement comme on n’en avait pas vu depuis le précédent jeu : toutes les filles se l’arrachent. Eh oui, être atteint d’une poussée d’hormones 32 fois supérieure à la normale, ce n’est pas sans conséquences. Le problème, c’est qu’une fois les effets retombés, il est probable que le pouvoir de séduction de Houdai fonde comme neige au soleil. Lui et Ekoro ont alors un but : lui trouver une petite amie avant le coucher du soleil. Et se débarrasser de Kurona, par la même occasion.

image screen gal gun double peace

Un jeune homme, des phéromones comme s’il en pleuvait, des jeunes filles totalement sous le charme, des anges, des démons et un lycée. GalGun : Double Peace c’est simple comme bonjour, et peut-être que cet état de fait aurait dû pousser les développeurs à revoir un peu leur formule, placée entre le visual novel et le rail shooter. On a droit à de véritables tunnels narratifs un peu longs par moment, heureusement facilement contournables une fois que l’on aura pris le temps de vivre les dialogues sur les quelques premières parties : il suffit de mitrailler un bouton quelques secondes. Et pourtant, malgré ces phases de blabla qui s’étalent, il est indéniable que l’ambiance fonctionne terriblement bien. Car GalGun : Double Peace développe son univers au-delà de son histoire, du moins pour qui a envie de s’y intéresser un minimum. Il vous faudra, de temps en temps, choisir une réplique-clé, qui fera de vous soit un immonde personnage, soit un véritable chevalier blanc. Classique. Ce qui l’est moins, c’est cette collectionnite aigüe qui fonctionne à fond les ballons, et qui relève l’intérêt à la fois pour l’atmosphère et, nous le verrons plus tard, pour la durée de vie. Pour atteindre des scores vertigineux, il vous faudra connaître chacune des jeunes filles à la perfection, et cela n’est possible qu’en jouant encore et encore. GalGun : Double Peace est un jeu certes léger dans son scénario, gentiment déluré, et limité quant à sa narration, mais il est irréfutable que le charme opère sur la longueur et ce même si l’on aurait aimé une version sous-titrée en français.

Enfin, impossible de ne pas aborder le système de missions annexes présent dans GalGun : Double Peace, tant celui-ci donne à l’ensemble une tonalité encore plus délirante. Entre chaque mission, le joueur pourra consulter un téléphone portable virtuel, sur lequel nous pourrons « stalker » les discussions entre filles, mais aussi les topics d’actualité du lycée. Derrière cette forme légère se cache en fait un moyen de nous donner des indices sur des objets à trouver en cours de niveau, ou encore de nous mettre au courant de rumeurs autour de fantômes qui hantent les lieux. Trouver chacun de ceux-ci nous rapporte des points à dépenser au magasin, mais aussi cela contribue à construire un univers décidément plein de charme.

Gameplay : 5/5

image inti games galgun double peace

GalGun : Double Peace donne raison à celles et ceux qui pensent que le jeu vidéo japonais, s’il est techniquement en retrait face à l’occidental, le balaie d’un simple revers de la main côté gameplay. Une fois n’est pas coutume, on galérera un peu au début, voire même on trouvera l’ensemble un peu limité, mais maîtriser toutes les subtilités sera un exercice payant… et jouissif. GalGun : Double Peace est un rail shooter tout ce qu’il y a de plus classique dans la forme : une visée à l’écran, des cibles à atteindre, et un cheminement pré-calculé qui nous donne cependant le choix de certains passages sur certaines portions. Et on tire, on tire jusqu’à plus soif de ces doses de phéromones sur ces groupies pour le moins envahissantes, histoire qu’elles puissent retrouver leur esprit. Notons que les charges de phéromones sont illimités, même si pour atteindre un score satisfaisant il faut faire très attention à la précision, ce qui freine les ardeurs. Bien entendu, les choses se développent assez vite. Mais attardons-nous sur le réticule, qui dans les premiers temps pourra paraître un peu raide, voire lent. Comme souvent (rappelons-nous de Resident Evil), cette impression est maîtrisée par les développeurs : savoir comment gérer la visée, grâce au fameux skill du joueur, fait partie de l’expérience. On pourra concentrer le tir en maintenant la touche adéquate, rendre la trajectoire plus précise avec l’aide d’une des gâchette, tandis qu’une autre sert à effectuer un zoom avant. Effet secondaire de ce dernier : voir à travers certaines matières, ce qui sert à découvrir parfois des objets de quête, cibles scoring, ou encore des jeunes filles particulièrement bien cachées. Bon, et les pervers pourront aussi s’en servir pour entrapercevoir les sous-vêtements des cibles, un détail qui peut avoir son importance…

GalGun : Double Peace se savoure jusque dans ses moindres détails. Outre que la visée devient, au fil du temps, l’une des plus fonctionnelles qui soit, c’est sa propension à allier ses « features » à un intérêt purement ludique qui nous a convaincu. La « bombe Doki Doki », qui emporte ses cibles dans une sorte d’extase infinie avant de dégager l’écran de toutes les groupies, sert aussi à débloquer les profils des jeunes filles en question. Une mécanique déjà à l’œuvre dans GalGun, et que l’on retrouve avec plaisir dans cette suite. Autre retour, celui du magasin et des nombreuses possibilités pour le joueur de dépenser des points durement gagnés pendant les niveaux. On pourra ainsi se rajouter de l’énergie, développer le pouvoir des phéromones, ajouter des vues au mode Doki Doki afin de mieux atteindre les points sensibles des jeunes filles, mais aussi trafiquer les points de compétences de la classe du personnage. Car l’une des autres raisons de la belle rejouabilité de GalGun : Double Peace est de proposer des possibilités différentes à notre avatar. Il pourra être un intello, un gros pervers, un sportif, et plein d’autres profils que vous pourrez découvrir.

GalGun : Double Peace est typique de ces jeux vidéo japonais qui, sous des apparences de soft simple comme bonjour, vont vous donner du fil à retordre dans votre quête de la totale maîtrise, tout en s’avérant éminemment fun à jouer. On aime particulièrement la courbe d’apprentissage, qui n’est jamais trop pentue pour nous décourager, mais qui tout de même nous réserve bien du challenge. Ainsi, le soft rejoint les jeux comme EDF 4.1 : The Shadox of New Despair : ce genre d’expérience qui va vous scotcher à la manette un long moment, autant pour le plaisir que l’on a à simplement s’y exercer que par l’étendu de son contenu. Signalons, pour finir, que Galgun : Double Peace est proposé en deux modes de difficulté, et que le plus élevé rapporte évidemment le plus de points tout en étant largement plus apte à vous apporter un sentiment d’accomplissement. Il va donc vous falloir vous y frotter…

Technique et ambiance sonore : 2/5

image galgun double peace

L’enrobage technique de GalGun : Double Peace est très clairement son point faible. Les textures font vraiment sommaires et l’ensemble fait daté. Mais, là encore, attention à ne pas juger trop vite. Tout d’abord, signalons que si l’habit est pas de lumière, le moine qui s’y cache a son mot à dire. Le framerate est constant du début à la fin, quoi qui soit affiché à l’écran, ce qui procure un confort appréciable. Et si les décors sont parfois peu ragoûtants, la direction artistique ainsi que les différents modèles 3D sauvent les meubles de GalGun : Double Peace. Alors certes, on n’est pas face à un rendu digne d’un triple A… mais on s’en cogne comme de notre première petite culotte… euh, chemise ! Le rendu général, l’impression laissée par la cohérence du grand tout, est satisfaisante. Et c’est tout ce qui compte au final.

Côté ambiance sonore, c’est un peu plus problématique pour GalGun : Double Peace. Non pas de par la qualité des compositions, car celles-ci sont plutôt bonnes et cadrent très bien l’atmosphère du jeu avec des sonorité classiques pour les situations décrites. On aurait surtout aimé avoir plus de thèmes à disposition, car les quelques dizaines d’heures passées sur le soft vous rendront les ritournelles répétitives à la longue, et c’est dommage. Par contre, il faut tirer notre chapeau à PQube qui, si l’on aurait apprécié qu’un doublage dans la langue de Molière soit proposé, a le bon goût d’avoir laissé le choix entre version anglaise ou japonaise. Et ça, c’est toujours à prendre.

Durée de vie : 4/5

image pqube galgun double peace

Bien entendu, il ne faut pas juger la durée de vie de GalGun : Double Peace sur son premier run. Celui-ci sera de deux heures tout au plus, un chiffre que l’on pourra multiplier facilement deux dizaines de fois pour pousser l’expérience de jeu jusqu’au bout. Emprunter tous les chemins, compléter tous les profils de jeunes filles, débloquer toutes les tenues pour celles-ci, dégeler toutes les options (choix de « coup de foudre » par exemple) voir toutes les fins possibles, admirer l’ensemble des artworks pour le moins coquins, mais aussi viser le run parfait, cela vous demandera beaucoup de temps. Et l’on ne vous parle même pas des Trophées, bien entendu. GalGun : Double Peace offre un contenu assez balèze donc, et si l’on rajoute le mode Score Attack alors on peut écrire que la durée de vie est amplement satisfaisante.

Note finale : 14/20

Avec GalGun : Double Peace on marche clairement sur des œufs tant le concept ne sera peut-être pas du goût de tout le monde. Toujours est-il que, si vous avez dépassé l’âge de penser que le jeu vidéo est un loisir qui induit une personnification au premier degré, vous trouverez à coup sûr votre bonheur dans ce rail shooter totalement déjanté. Le seul point noir du soft, ses textures d’une autre époque qui peuvent faire un peu peur sur les premières minutes, est balayé par la personnalité qui se dégage de la direction artistique bien étudiée : Inti Games est un studio qui sait exactement où il va, et ça se sent à chaque seconde. GalGun : Double Peace est drôle, complètement décomplexé, le confort visuel dû au framerate constant est assuré, et il faudra gratter bien comme il faut pour tout voir et débloquer. Un pur plaisir de gamer, donc.

Rappelons qu’il existe une version collector, titrée « GalGun : Double Peace Mr. Happiness Edition« . Pour se la procurer, c’est en exclusivité sur ricedigital.fr.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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