[Test] The Witch and the Hundred Knight 2 : le hack’n’slash à la japonaise

Caractéristiques

    • PlayStation 4
  • Développeur : Nippon Ichi Software
  • Editeur : NIS America
  • Date de sortie : 30 mars 2018
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Un jeu imparfait, mais addictif

image jeu witch hundred knight 2
Le genre d’ennemi que vous adorerez bastonner.

Le Hack’n’slash est un genre qui ne connaît pas de grand succès sur consoles. Si, plus ou moins récemment, Diablo 3 a réussi à mettre pas mal de joueurs d’accord, sur PlayStation 4 et Xbox One, ce n’est pas vraiment le cas des autres grosses licences, comme le pourtant sympathique Sacred 3. Dès lors, les amateurs de ce genre particulier, très chronophage et addictif, se posent des questions : comment lui permettre de réellement percer sur nos machines de salon ? La réponse pourrait bien venir du Japon, où les développeurs ont à cœur de creuser des mécaniques bien plus compatibles aux manettes qu’aux claviers. Dès lors, The Witch and the Hundred Knight 2, édité en Europe grâce au très précieux travail de NIS America (Ys VIII : Lacrimosa Of Dana) , portait en lui bien des espoirs.

Autant débuter par ce que The Witch and the Hundred Knight 2 fait de moins bien. L’histoire du jeu, dont la tonalité est très marquée par la personnalité du studio Nippon Ichi Software, n’est pas désagréable, mais elle devient vite trop intrusive. On suit le parcours d’Amalie et de sa sœur, Milm, cette dernière étant atteinte par une malédiction : la voilà dotée d’un troisième œil, à cause duquel elle se transforme en sorcière. Et du genre taquine. Une fois mutée, elle anime sa poupée, afin qu’elle devienne une sorte de garde du corps plus ou moins docile, et que le joueur incarnera tout du long. Un cheminement qui nous mènera du petit village d’Ecke aux régions les plus reculées de Kevala, tout ça pour trouver un remède, mais aussi se défaire d’une autre menace grandissante.

Une narration lourde

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L’histoire est trop verbeuse.

The Witch and the Hundred Knight 2 raconte une histoire bien ficelée et, surtout, empreint de cet humour très caractéristique de Nippon Ichi Software. Le souci ne vient pas du récit, mais de la narration. On a droit à des passages textuels longs, trop longs, qui ne dérangeraient pas dans un RPG, ni dans un Visual Novel, mais beaucoup plus dans un Hack’n’slash. Par essence, ce genre se veut vif, le joueur veut tâter du monstre et s’amuser de son loot. Si, dans les phases de gameplay, c’est bien le cas, on est assez souvent coupé dans notre élan. Parfois, on a droit à un choix de réplique qui n’a aucune incidence sur les événements. C’est bien peu pour nous garder sous le charme : malheureusement, on perd un peu le fil du scénario au bout de quelques heures, et on se surprendra à zapper ces phases de dialogues. Ceux-ci, par ailleurs, sont intégralement en anglais, ce qui n’arrange pas la situation.

On aurait, donc, pu ne pas accrocher à The Witch and the Hundred Knight 2. Seulement, on aborde ici l’un des jeux qui nous aura le plus scotché à l’écran, et ce depuis quelques temps. Comme quoi, la narration et l’histoire restent des critères parfois mineurs, du moins quand le gameplay rattrape le coup. C’est ici le cas, tant les différentes mécaniques construisent une prise en main fidèle à l’adage le plus apprécié des joueurs passionnés : facile à jouer, difficile à maîtriser. Les phases sont simples : on se voit confier une mission, puis on se dirige vers le terrain afin d’atteindre un point précis où se cache un boss, ou la clé scénaristique qui nous permettra de passer à un autre chapitre. Voilà une démarche un rien répétitive, c’est de toutes manières un défaut persistant dans le genre Hack’n’slash, mais c’est ce qui rythme ces objectifs qui nous intéresse plus particulièrement : combats et évolution des capacités du personnages.

Le gameplay vous séduira

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Le Depletura deviendra votre objectif.

The Witch and the Hundred Knight 2 nous gobe et ne nous lâche plus. Les ennemis sont accompagnés de patterns qui poussent le joueur, et sa compréhension des capacités de l’avatar, à progresser dans son approche. Un sens du skill tout à fait délicieux, qui nous mène presque dans la fameuse zone, cet endroit où le gamer fait presque place à sa seule maîtrise du jeu. C’est aussi dû à la facilité d’accès des règles : on enchaine les coups, on récupère du loot. Cela, c’est la base. Nippon Ichi Software ajoute des éléments qui donnent au soft une grande richesse. Tout d’abord, les différents coups sont liés à des armes. Pour faire simple, dans un combo, la première attaque est une épée, la deuxième sera liée à une seconde, etc. Vous comprendrez, donc, l’importance des récompenses, que l’on découvrira en se défaisant des adversaires. Et plus ceux-ci sont balèzes, plus ce qu’ils laisseront derrière eux sera d’intérêt. Ce dernier pourra être approfondi par un système de crafting : vous récupérerez sur le terrain des matières premières afin de faire évoluer vos armes. Celles-ci ont un niveau : de normal à légendaire, ce qui a un impact direct sur le nombre de modifications qui pourront être appliquées. De quoi donner encore plus d’intérêt à la quête du meilleur arsenal.

Là encore, The Witch and the Hundred Knight 2 approfondit le principe. Le loot intègre l’estomac de l’avatar, dans lequel on peut stocker un nombre d’objet défini par le niveau du personnage. Ces armes, défenses et autres éléments de crafting ne seront véritablement confirmés uniquement quand le joueur rejoindra le quartier général, à l’occasion de la découverte de points de sauvegarde, ou de la fin d’une mission. Cela joue sur deux très bonnes ficelles : l’organisation du sac (ici, l’estomac), et le devoir de prendre en compte le danger qui guette. Si vous mourrez, vous perdrez des objets. Et pas que ! Car l’autre mécanique très intéressante est en lien avec le bidon de notre représentant à l’écran. En effet, quand on débute une aventure sur le terrain, on débute avec 99 GigaCalories. Celles-ci vont fondre, plus vite si vous encaissez des coups, et si elles atteignent zéro, c’est terminé ! Vous serez renvoyés au QG, en perdant l’intégralité du loot. Tout est fait pour ne surtout pas édulcorer le challenge, d’ailleurs la difficulté connaît une bonne progression.

Un très bon sens du rythme

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Le loot vous poussera à avancer.

Tranquillisez-vous, The Witch and the Hundred Knight 2 a prévu de ne pas vous laisser sans solutions contre cette perte de GigaCalories. En enchainant un certain nombre de coups, vous serez en position de lancer une attaque spéciale, appelée Depletura. Son intérêt est de nous rendre un peu de temps d’action, du moins si l’offensive tue l’ennemi. Cela provoque un aspect un peu tactique, d’autant plus que la récompense sera plus élevée si le monstre est important. On retrouve aussi un rapport à l’efficacité des chocs. Sachez que vous gagnerez des classes, que vous serez en position de choisir sans passer par les menus, d’une simple pression de gâchette. Chacune d’entre elles provoque une approche différente, car les caractéristique le sont aussi. L’une va préférer les marteaux, l’autre les baguettes magiques par exemple, tandis que les gains de niveaux débloquent des points de compétences. Celles-ci sont exclusives aux différentes classes, dès lors vous comprendrez l’importance de bien les comprendre.

The Witch and the Hundred Knight 2 aurait sans aucun doute gagné à travailler son level design, parfois répétitif. On sent bien que le jeu n’est pas né d’un budget infini, mais cela n’a eu aucun impact sur notre ressenti, en cours de jeu. C’est, effectivement, un peu gênant quand on comprend d’avance le contenu d’un segment, mais c’est contrebalancé par l’ensemble des mécaniques, qui créent le besoin d’aller plus en avant quoi qu’il arrive. Les décors, eux, se renouvellent, mais la map est si grande (et c’est une bonne chose) qu’il ne faut pas attendre un changement à chaque écran. D’un pur point de vue technique, c’est propre sans s’avérer fou : on a droit à une belle fluidité, tandis que les textures manquent de diversité. La vraie belle qualité, de ce côté, se situe dans les différents personnages et toiles de fond, en cours de dialogues. Les dessins sont beaux, charismatiques, bourrés de personnalité. Quand aux musiques, composées par Tenpei Sato (qui œuvre sur la série Disgaea), elles ont une grande incidence sur l’ambiance du soft. Tout comme les voix, proposées en anglais et en japonais.

Note : 15/20

Et si le futur du hack’n’slash se devait de se tourner vers le Japon ? Grande question, et pour le moment la réponse est positive, tant The Witch and the Hundred Knight 2 nous a satisfait. Certes, tout n’est pas parfait, loin de là, notamment à cause d’un scénario trop bavard, et d’un level design répétitif. Mais le reste, et en premier lieu le gameplay, nous a carrément séduit. Avec sa longue durée de vie (vous en avez pour des dizaines et des dizaines d’heures), sa manière de nous tenir en haleine grâce à des mécaniques bien dosée, et son loot infernal, le titre nous laisse de bonnes sensations. Espérons que Nippon Ichi Software ait de la suite dans les idées…

7/10

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