[Test – Playstation 4] Broforce : des pixels qui défoncent

image broforceCaractéristiques

  • Test effectué sur : Playstation 4
  • Genre : Action
  • Distributeur : Devolver Digital
  • Développeur : Free Lives Games
  • Sortie France : 30 août 2016

Test

Une belle histoire que celle de l’arrivée en version complète de Broforce, ce jeu aux gros biceps distribué par l’incontournable éditeur Devolver Digital. En accès anticipé depuis 2014, le soft n’a cessé d’être mis à jour, de voir du contenu débouler ou encore son équilibre du gameplay retravaillé, pour accoucher de cette version cent pourcent définitive. C’est peu dire qu’on l’attendait de pied ferme ce soft, qui devait marier deux types de nostalgie qui nous tient à cœur : celle du cinéma d’action digne de ce nom, donc des années 1980 et 1990, et celle des bons gros pixels des mêmes décennies. Une fusion qui, sur le papier, a tout pour plaire, vérifions ce qu’il en est de ce Broforce manette en mains.

Histoire : 4/5

Qu’est-ce que c’est con, mais qu’est-ce que c’est bon. Écrivons le tout net : le scénario de Broforce tient sur une douille de balle, et ne brille évidemment pas par sa profondeur. Alerte ! Branle-bas de combat, tout le monde sur le pont ! L’axe du Bien est menacé, les patriotes sont touchés dans leurs valeurs les plus fondamentales : des terroristes, et même des xénomorphes, ce serait dommage de s’en passer, menés par Satan en personne menacent le pays de la freedom ! Bon, OK c’est pas le scénario du dernier Xavier Dolan (et tant mieux, en fait), cependant l’univers et son côté parodique assumé mais très respectueux a tendance à nous donner une pêche d’enfer.

Broforce donne, donc, dans le pastiche, et pour cela les développeurs utilisent des figures connues (et sévèrement burnées) du cinéma d’action américain. Sont notamment au programme : Conan le Barbare, John McClane, John Matrix (le héros de Commando, pour les noobs du film couillu) Indiana Jones, Cordell Walker (ou Chuck Norris, pour faire plus simple), Terminator, MacGyver et on en passe et des meilleurs. Tous en version « Bro » bien évidemment, histoire d’aller dans le sens du titre, et c’est ainsi qu’on se retrouve avec Brobocop, par exemple. En tout, trente personnages à débloquer, et aucune fausse note à pointer du doigt en terme de cohérence contextuelle… mis à part Brochete (de Machete, on apprécie le jeu de mot) The Brode, qui provient de Kill Bill qui sont issus des années 2000 et n’ont donc rien à faire là. On ne va pas le cacher, avoir un tel roster entre les mains est une sorte de rêve, un fantasme enfin assouvi de manière justifiée par un récit certes totalement anecdotique mais qui nous fait un effet monstre. On adhère.

Gameplay : 4/5

image jeu broforce

On pourrait résumer Broforce à la va-vite comme une sorte de Metal Slug qui aurait rencontré les codes du « néo-rétro ». C’est effectivement l’impression que l’on ressent quand on jette un coup d’œil rapide au jeu, mais ce serait passer à côté de quelques subtilités qui, si elles ne font pas du soft une montagne d’originalités, apportent tout de même quelques éléments rafraîchissants. Globalement, un niveau de Broforce se déroule de cette façon : on incarne un personnage tiré au sort au sein du roster débloqué, capable de courir, sauter, tirer, et lancer des grenades personnalisées. Le but est de traverser le niveau jusqu’à aller occire le représentant de Satan. Aller d’un point A à un point B donc, mais entre les deux ce ne sera pas une balade champêtre avec mamie qui pique. Car le prince des ténèbres s’est attaché les services d’une milice improbable, et il va falloir vous battre pour atteindre vos objectifs. Aussi, vous devrez libérer des prisonniers, le plus possible, tout d’abord car cela vous rapporte une vie, ou plutôt la possibilité de jouer un autre personnage si vous mourrez, et plus vous remplissez cette tâche et plus vous débloquerez de Bros dans le roster. Des niveaux bonus aux objectifs superficiellement différents sont aussi au programme, mais globalement Broforce ne brille pas spécialement par la pluralité des buts visés.

C’est plutôt le mélange entre capacités des personnages et le level design évolutif qui fait de Broforce un soft que l’on aime à parcourir jusqu’au trognon. La trentaine de héros du pays de la liberté brille par ses références, mais aussi par le fait que chacun apporte une particularité de gameplay. On ne va pas vous spoiler la tronche plus que de raison, mais par exemple le flingue de Brobocop est surpuissant mais demande à ce que le joueur charge son tir. Brocketeer peut survoler horizontalement sur de longues distance, etc. Comme nous l’écrivions plus haut, le jeu se charge de tirer au sort les personnages que vous incarnerez, cela pousse à connaître leurs forces sur le bout des ongles. Le level design, lui, aura tendance à jouer contre vous même si apprendre les mécaniques du soft vous donnera, à terme, un avantage certain. Un fois qu’on a bien capté que tout est destructible (sauf les échelles etles checkpoints), Broforce se dote d’un tout petit côté stratégique pas dégueulasse. On peut évidemment foncer dans le tas, en priant pour ne pas recevoir une balle perdue assassine (le personnage meurt au moindre impact), mais l’on se rend compte assez vite qu’on peut aussi très bien s’en sortir en creusant comme une taupe au sein de niveaux qui, en fait, ne demandent que ça.

Broforce est autant un run and kill qu’un die and retry dans l’esprit. Car vous allez périr un nombre de fois incalculable, et parfois assez injustement. Il s’agit d’ailleurs de la seule réserve que l’on émet dans ce gameplay simple mais addictif : c’est parfois le gros bazar à l’écran. A tel point que, entre deux explosions à donner la chair de poule à Michael Bay, on a un peu de mal à savoir ce qu’il se passe, où l’avatar se trouve, et ce qu’il fait exactement. Mais c’est tellement jouissif de tout péter, qu’on ne peut s’empêcher de foutre le dawa et, donc, d’assumer se retrouver en mauvaise posture. Le fait est que l’on meurt parfois en rageant, mais le plus souvent avec le sourire, donc on recommence le niveau en cours toujours avec plaisir. Broforce trouve un bel équilibre entre frustration et fun, donc. Et globalement l’impression de nervosité nous pousse à aller toujours plus loin, plus fort, plus vite, jusqu’au bout de l’extrême limite.

Technique et ambiance sonore : 4/5

image devolver digital broforce

L’habillage « néo-rétro » de Broforce nous a ravit tout du long. Le studio Free Lives Games maîtrise parfaitement sa direction artistique : c’est du pixel certes, et parfois assez grossier, mais leur capacité à sortir le détail qui tue fait toute la différence. C’est surtout vrai pour les différents personnages, tous reconnaissables en un clin d’œil grâce à la force d’évocation qui s’en dégagent. Preuve, soit écrit en passant, qu’on savait naguère construire des héros charismatiques dans le cinéma hollywoodien. Par contre, on ne peut s’empêcher d’être un peu déçu par le manque de variété dans les décors : une jungle, un environnement urbain et un domaine souterrain pour les niveaux bonus. On s’en contente, mais ça fait peu, et surtout ça manque de folie. Précisons aussi que, si la sortie de Broforce sur Playstation 4 a été un peu contrariée par un quelques bugs récalcitrants, aujourd’hui la situation est tout à fait sécurisée grâce aux patchs, mon colonel. Dernier point, on attendait de voir comment le moteur Unity allait s’en tirer avec la fluidité, et le résultat est satisfaisant malgré un ou deux niveaux encore atteints par des ralentissements.

Côté sons, le rendu général nous a beaucoup plu. Les compositions signées par Deeon Van Heerden, un des membres du groupe de metal Strident, remue bien comme il faut, participe sans aucun doute au rythme d’enfer de Broforce. L’emballage sonore, dans sa globalité, creuse le sillon du film d’action des saintes décennies 1980 et 1990, du moindre bruitage à la voix du narrateur. Du très bon travail.

Durée de vie : 3/5

image free lives games broforce

Il vous faudra une poignée d’heures pour venir à bout de la campagne de Broforce, mais on y revient quelques fois afin de maîtriser le jeu parfaitement. Une fois ce mode bien retourné, il sera temps de passer à l’Arcade, qui propose de revivre les niveaux à la suite, sans l’habillage de la Campagne. C’est un peu limite dans le concept, mais ça pourra tout de même intéresser ceux qui n’en peuvent plus des petites cinématiques et des passages sur la map. Enfin, Broforce propose un monde Online dans lequel il est possible de revivre le jeu en coop, ou de se foutre sur la tronche à quatre joueurs dans des joutes un peu déséquilibrées mais jouissives pendant un temps. Et, excellente initiative par les temps qui courent : c’est aussi possible en local, ouf. Globalement, le jeu propose donc assez de contenu pour que le rapport qualité-prix soit bon, même si l’on aurait aimé là encore un peu plus de folie dans les modes secondaires.

Note finale : 15/20

Broforce ne fait pas dans la dentelle, et c’est pour ça qu’on l’aime. Loin d’être parfait, notamment de par son manque de diversité dans les décors et sa durée de vie satisfaisante mais pas folichonne, le jeu est pourtant l’assurance de passer un très bon moment fait de grosse déconnade, d’un gameplay nerveux, et de bon gros rock qui déchire. La nostalgie marche à fond les ballons grâce à un roster qui a, d’ailleurs, donné à votre humble serviteur une envie folle de se retaper les films dont sont issus les Bros. Broforce est donc une belle réussite, donc, que l’on aimerait voir revenir dans une suite plus forte en contenu.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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