[Test – Playstation 4] Bioshock The Collection : une trilogie incontournable

image jaquette bioshock the collectionCaractéristiques

  • Test effectué sur : Playstation 4
  • Genre : FPS
  • Distributeur : 2K
  • Développeur : Irrational Games
  • Sortie France : 16 septembre 2016

Test

Voilà déjà presque une décennie que Bioshock a tout simplement révolutionné le FPS en solo. Véritable hit en puissance, brassant des thèmes forts et proposant un gameplay en rapport, il fut suivi de deux séquelles : un Bioshock 2 efficace mais un brin décevant sans le créateur Ken Levine aux commandes, et Bioshock Infinite qui redéfinissait avec brio la série en passant d’un milieu claustrophobique à un environnement à ciel ouvert, tout en continuant à travailler des sujets importants comme, notamment, le racisme. La mode est aux compilations « remastered », nous ne pouvons que le constater, et si le concept a de quoi froisser les joueurs les plus exigeants, en quête de nouvelles licences voire de nouveaux concepts, il faut aussi reconnaître que certaines de ces initiatives peuvent être pertinentes, on pense notamment à Gravity Rush Remastered, ou encore Valkyria Chronicles Remastered, dont les sorties ont profité à des gamers qui n’avaient pu expérimenter ces grands jeux à l’époque de la sortie. Une justification qui s’applique aussi à Biosock : The Collection.

Histoire : 5/5

Bioshock : The Collection rassemble deux des jeux les mieux écrits de l’histoire du jeu vidéo avec Bioshock et Bioshock Infinite. Le premier, et sa Rapture utopique, est sans aucun doute notre préféré, tant l’équilibre entre la narration et le gameplay, le linéaire et l’exploration, est prodigieux de bout en bout. Incarner Jack est toujours un énorme plaisir, voire même un fantasme qui prend corps devant nos yeux ébahis : un jeu réussi à être à la fois jouissif à parcourir de fond en comble et à se révéler d’une intelligence de traitement sans fausse note. L’univers nous fascine, nous effraie, chaque personnage secondaire est une véritable aventure malsaine en devenir et, sans trop vous en dire au cas où vous découvririez le jeu avec ce Bioshock : The Collection, le final est toujours aussi efficace…

Bioshock 2 est un peu en retrait face à ses deux compères de Bioshock : The Collection. Pas que le jeu soit mauvais, très loin de là, mais écrivons que son écriture est moins maîtrisée, avec des passages parfois un peu longs, un focus sur l’action qui déséquilibre un peu le trip et, surtout, des allers-retours assez douteux. On ne gagne donc pas au change en revêtant l’armure imposante d’un Big Daddy, même si le scénario en lui-même est loin d’être inintéressant et le concept très attirant sur le papier. On retrouve avec un sacré plaisir une Rapture qui a eu le temps de tomber dans une totale décadence sans son gourou Andrew Ryan. L’univers en lui-même est toujours aussi ensorcelant, sombre à en avoir la chair de poule, et dorénavant avec une pointe post-apocalyptique plutôt à-propos. C’est moins profond, moins mémorable aussi tant on est moins marqué par les rencontres avec les survivants, mais cela reste tellement au-dessus de certains jeux portés aux nues qu’on le place tout de même dans le haut du panier vidéoludique.

Quant à Bioshock Infinite, on retrouve incontestablement cette sève dont sont faits les hits légendaires. Élément sans doute loin d’être étranger à ce constat : Ken Levine revient au tout premier plan, et dispose de toute la liberté que sa vision nécessite. Ainsi, terminée la rouillée et désormais morte Rapture, bienvenue sur la cité volante Columbia, nouvelle aire de jeu pour le joueur mais aussi l’occasion ou jamais d’aborder des thèmes jusqu’ici inexplorés, comme l’expression d’une haine nauséabonde. Le jeu nous met dans la peau de Booker DeWitt, un détective privé au passé trouble et dont la violence et le cynisme ne peut qu’inspirer que le dégoût. Vous êtes sur la trace d’Elizabeth, jeune fille disparue qu’on vous somme de retrouver pour éponger certaines dettes. L’enquête mène donc le joueur dans une cité flottante, bien trop propre pour être tout à fait honnête. On connaît bien ce recours aux apparences trompeuses, l’art « de genre » en raffole (citons par exemple le très bon film de série B Society), mais ce troisième jeu de Bioshock : The Collection évite toute sensation de déjà-vu de par le développement d’un univers absolument vertigineux. Le culte de Comstock, le recours à une dystopie intelligente, et un dernier acte parmi les plus grands moments vécus tout arts confondus (oui, on persiste et signe), font de Bioshock Infinite un jeu à vivre, re-vivre, re-re-vivre autant de fois que nécessaire pour bien en capter les différentes saveurs.

Gameplay : 4/5

image gameplay bioshock the collection

Autant les scénarios de la trilogie regroupée dans Bioshock : The Collection n’ont pas vieilli d’un iota, autant leur gameplay a pris une ou deux rides (ce qui n’est pas une horreur en toutes circonstances, rappelons-le). C’est particulièrement vrai pour Bioshock, qui pourra paraître un peu mou dans ses gunfights, surtout comparé aux autres épisodes. Cela manque peut-être un peu de sensations, on ne sent pas assez le recul des armes par exemple, et une sorte de rigidité peut se faire sentir. Mais attention, cela ne veut pas dire que le jeu est devenu injouable, car la prise en mains en elle-même, l’ergonomie, est toujours aussi admirable et les possibilités qu’offrent les plasmides continuent aujourd’hui de nous satisfaire pleinement. C’est dire si ce jeu fut visionnaire. Bioshock 2 propose des combats plus étoffés, mieux mis en valeur, et tant mieux tant le soft en fait son élément central un peu au détriment de son écriture. Cette fois-ci, on peut maîtriser à la fois une arme et un plasmide en même temps, ce qui apporte plus de fluidité il faut bien le reconnaître. Autre gros apport, l’intelligence artificielle des chrosomes, les habitants damnés de Rapture, a été bonifiée, ce qui assure des joutes plus tendues que par le passé.

Cette envie de rendre la formule plus énergique, plus fluide aussi, trouve dans Bioshock Infinite une sorte d’apothéose. Il s’agit sans aucun doute du gameplay le plus abouti de Bioshock : The Collection. La grande réussite est sans aucun doute Elizabeth qui, s’il ne faut pas effleurer l’intérêt qu’elle représente histoire de ne rien spoiler, est sans aucun doute le compagnon le plus utile et le plus attachant jamais vu dans un jeu vidéo. Aussi, au revoir les plasmides, bonjour les toniques, qui portent bien leur nom. Columbia vous offrira moult pouvoirs comme un contrôle mental carrément jouissif à utiliser (notamment sur des éléments non-humains), et si globalement on reste en terrain connu tout a été largement approfondi. Mais attention, car l’approche, la philosophie, elle, a évolué. Qui dit ciel ouvert dit verticalité. Et qui dit verticalité dit quoi ? Tyrolienne évidemment ! Cette sorte de grappin, à n’utiliser que sur des endroits précis, peut aussi être tout à fait utile au combat, et offre la possibilité de gagner en perspective, de gâter notamment les joueurs qui auraient envie de prendre un peu de recul. Seul retenue, l’intelligence artificielle est globalement décevante, moins  bonne que celle de Bioshock 2 car beaucoup trop agressive à notre goût, ce qui porte atteinte à la dimension stratégique. Dommage, mais cela ne doit pas faire oublier la très bonne impression générale.

Technique et ambiance sonore : 3/5

C’est l’argument numéro un des remasters : il faut qu’ils offrent une meilleure expérience technique que les versions antérieures, sinon c’est l’odieux torrent d’insultes sur les Internets. Bioshock : The Collection souffle le chaud et le froid dans cette optique. Tout d’abord, insistons sur le bonheur de jouer à ces trois jeux en 1080p et 60fps, notamment pour les deux premiers qui, à l’époque, n’assuraient pas un tel rendu. Aussi, Bioshock et Bioshock 2 ont fait l’objet de retouches côté textures : c’est plus détaillé et surtout pour le premier cité qui fait l’objet d’un soin tout particulier. Les effets de lumières ont été largement améliorés, et si l’ensemble fait fatalement daté on n’est absolument pas face à un résultat honteux. Par contre, Bioshock Infinite est un copier-coller de la version PC : il ne faut pas attendre autre chose que le saint duo 1080p/60fps, et c’est bien dommage.

Côté sons, Bioshock : The Collection est l’occasion de retrouver avec délectation le travail sidérant du compositeur Garry Schyman, qui signe trois des meilleures OST de ce début de millénaire vidéoludique. Son travail suit à la perfection l’atmosphère de la trilogie, sait se faire angoissante ou plus cyniquement merveilleuse. On avoue une préférence pour l’ambiance sonore de Rapture, dont le moindre bruitage est vécu comme une menace potentiel. Un véritable travail d’orfèvre jusque dans les VF qui, et c’est à souligner, ne déméritent pas face aux versions originales. On vous conseille d’y jouer au casque, ça envoie tellement du bois que certains jeux bien plus récents ne peuvent que rougir devant une telle qualité.

Durée de vie : 5/5

image comparaison bioshock the collection

Bioshock : The Collection, c’est l’assurance de se lancer dans une quarantaine d’heures de jeu. Chacune des itérations propose une aventure longue d’une dizaine d’heures, à laquelle il faut en rajouter une bonne poignée pour les explorateurs les plus assidus. Mais ce n’est pas tout. Tout d’abord, il faudra compter avec tous les DLC sortis, et surtout ceux de Bioshock Infinite, connus comme étant de petites perles. Alors certes, certains pesteront contre l’absence du mode online de Bioshock 2, mais bon ça compense. Aussi, on ne peut pas passer à côté d’un ajout de taille pour les fans du jeu : les Bobines d’Or, des collectibles à trouver aux quatre coins de Bioshock et qui permettent de débloquer les vidéos « Imaging Bioshock » dans lesquels Ken Levine (directeur créatif) et le responsable des animations Shawn Robertson reviennent sur la production du jeu avec une passion communicative. De quoi faire, donc.

Note finale : 17/20

Bioshock : The Collection est clairement un incontournable à posséder dans la ludothèque d’une console récente. La trilogie brille toujours de mille feux, propose une ambiance qui nous transporte toujours autant. On aurait apprécié plus d’améliorations techniques sur Bioshock 2 et Bioshock Infinite, mais globalement cela reste satisfaisant même s’il est incontestable que cela a un peu vieilli sur certaines textures. Mais ce serait clairement douteux que de bouder son plaisir pour si peu, surtout que le miracle du 1080p/60fps fonctionne toujours aussi bien, d’autant plus si vous avez connu le framerate parfois instable des deux premiers sur les consoles de l’ancienne génération. Si on ajoute tous les DLC sortis inclus d’office, ainsi que le bonus fort sympathique des Bobines d’Or, alors on ne peut que retomber en amour avec cette licence ô combien envoûtante.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato

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