[Test – DVD] Visa Pour Hong Kong – Lewis Gilbert

image jaquette visa pour hong kongCaractéristiques

  • Réalisateur : Lewis Gilbert
  • Avec : Curd Jürgens, Orson Welles, Sylvia Syms
  • Éditeur : Elephant Films
  • Date de sortie Blu-Ray : 6 septembre 2016
  • Durée : 112 minutes

Image : 4/5

Elephant Films nous propose, comme à son habitude, une galette d’une belle qualité. Visa Pour Hong Kong est présenté dans son format d’origine, un CinemaScope anamorphosé 2.35.1 qui met bien en valeur les superbes environnements en extérieur. Quant à l’image pure, s’il reste quelques imperfections de ci, de là, l’ensemble est plus que correct, et les couleurs resplendissent.

Son : 5/5

Visa Pour Hong Kong est proposé en version française et originale sous-titrée dans la langue de Molière. Dans les deux cas, on a droit à du Dolby Digital 2.0 d’une belle tenue. La VF profite d’un doublage d’époque admirable, et si les musiques sont un peu étouffées l’équilibre reste tout de même très correct. On vous conseille tout de même d’opter pour la VOSTFR, dont le relief nous a paru plus net, comme très souvent.

Bonus : 2/5

Le seul bonus de la galette est présenté par le toujours aussi passionnant Jean-Pierre Dionnet, qui anime un module d’une petite dizaine de minutes. C’est court, mais celui qui a tant fait pour la cinéphilie en France nous régale, comme à son habitude, de son ton de conteur du septième art. On a droit, aussi, à des bandes annonces d’autres sorties d’Elephant Films, celles de Visa pour Hong Kong, ainsi qu’une galerie photo.

Synopsis

Mark Conrad (Curd Jürgens), malgré un passé d »aventurier glorieux, est un alcoolique déclenchant fréquemment des bagarres dans le port de Hong Kong. Il est chassé par la police et envoyé vers Macao à bord du Fa Tsan, un bateau commandé par l’odieux Capitaine Hart (Orson Welles). Lorsque les autorités de Macao refusent à Conrad son droit d’entrée sur le territoire, il est obligé de rester sur le bateau et d’affronter le Capitaine.

Le film

Visa Pour Hong Kong est une curiosité appétissante pour n’importe quel cinéphile digne de ce nom. En effet, on retrouve à la réalisation un certain Lewis Gilbert, que les amateurs de James Bond connaissent pour trois des meilleurs films mettant en scène leur espion préféré : On ne vit que deux fois, L’espion qui m’aimait et sans doute le plus fou d’entre tous, Moonraker. Un réalisateur britannique pas manchot, donc, qui se lance dans une aventure que tout auteur sait difficile : le « film de bateau », sous-genre qui fleurissait dans les années 1950, proposant aux spectateurs moult aventures et romances.

Visa Pour Hong Kong s’inscrit pile dans les codes de ce sous-genre devenu délicieusement désuet, en utilisant tout de même son personnage principal afin d’aborder le sujet de l’alcoolisme. Mark Conrad est un sans domicile fixe, mais surtout un ivrogne de grands chemins, qui s’est retrouvé sur les routes pour fuir un passé trouble. Passant ses soirées à se bagarrer et à détruire les bars de Hong Kong, le voilà expulsé, et il doit se rendre à Macao via une navette maritime. C’est là qu’il (re)croise la route du Capitaine Hart, et que les soucis vont commencer. Car si le clochard ne peut pas être débarqué, il doit alors élire domicile sur le bateau, une situation rappelant fortement Le Terminal. Mais là où Spielberg s’empêtre un peu dans un concept, Lewis Gilbert reste maître à bord et construit un rapport de force à la fois drôle et viril, entre deux personnages qui se détestent… et deux acteurs qui ne peuvent pas se supporter.

Visa Pour Hong Kong réunit à l’écran deux acteurs habitués aux grandes performances : le monstre sacré Orson Welles et le grand Curd Jürgens. Deux talents bruts, et deux caractères plus que trempés qui se sont bien clashés sur le tournage. Welles, fidèle à sa réputation de coureur de cachets dans sa deuxième partie de carrière, n’en est pas moins méconnaissable, affublé d’un faux pif et surtout mettant à l’œuvre un jeu de corps inhabituel. Quant à Jürgens, c’est sa trogne de beau gosse « à l’ancienne » qui fait une bonne partie de sa prestation : son charisme est indéniable et sa présence physique quasiment animale, fait que les scènes d’action sont tout de suite bonifiée par sa présence.

D’aventures il en est question, dans Visa Pour Hong Kong. Il y a évidemment celles qui va poser quelques problématiques aux personnages, comme une sacrée tempête à traverser, mais n’en décrivons pas plus pour ne pas spoiler. Sur ce point, le film est d’un classicisme total, le scénario ne réserve pas énormément de surprises et, pour ainsi dire, on n’en attendait pas plus. Le petit bonus vient des personnages, dont l’évolution au fil des événements est bien emmenée. Celle de Mark Conrad est la plus intéressante sans doute, lui qui va devoir combattre son addiction à la boisson, et ce jusqu’au-delà des événements du film, après un final plein de sens. Visa Pour Hong Kong est une découverte agréable, certes d’un classicisme à toute épreuve mais assez efficace pour assurer un très bon moment de pur cinéma.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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