[Test – Playstation 4] Tokyo Ghost Hunters Daybreak Special Gigs : visual novel augmenté

image tokyo twilight ghost hunters daybreak special gigsCaractéristiques

  • Test effectué sur : Playstation 4
  • Genre : Gestion, Stratégie
  • Éditeur : NIS America
  • Développeur : Toybox

Test

Ah, le Visual Novel côté jeux vidéo, voilà bien un genre ultra fourni et pourtant encore peu abordé dans les médias non spécialisés. Pourtant, il y a de quoi faire dans ce style si particulier, lequel donne la part belle à l’histoire, aux dialogues, à l’ambiance aussi, le tout entrecoupé de séquences de gameplay plus ou moins légères. Parmi les bonnes expériences, de mémoire de gamer, on peut citer l’excellent Muv-Luv Alternative, Fate/Stay Night ou encore Rewrite. Tokyo Ghost Hunters, à l’époque sorti sur Playstation 3 et Vita, figurait parmi ce haut du panier au moins pour son univers, malgré quelques petits défauts qui en faisaient un jeu perfectible. Ça tombe bien, se parfaire est justement l’objectif de ce Tokyo Twilight Ghost Hunters Daybreak Special Gigs

Histoire : 4/5

Tokyo Twilight Ghost Hunters Daybreak Special Gigs nous permet d’incarner Ryusuke, un nouvel arrivant dans le lycée Kurenai Academy, établissement apparemment tranquille de Tokyo. Alors que notre première journée débute à peine, nous faisons connaissance avec deux personnalités du coin : Sayuri Mifune, une déléguée de classe pour le moins hautaine, et Chizuru Fukurai, rédactrice de Gate Keepers, un journal traitant de l’occulte carrément inquiétant. De fil en aiguille, nous rencontrons évidemment d’autres personnes, mais ce sont nos premiers mots échangés avec Masasume Shiga qui mettent définitivement la puce à l’oreille : ce lycée, construit pendant la guerre, a l’air d’attirer les histoires de fantômes. Un sentiment renforcé quand, lors de la visite du Kurenai Academy avec Sayuri Mifune, Ryusuke subit l’attaque d’un revenant quelque peu agressif ! Les masques tombent alors : le journal Gate Keepers est en fait une couverture pour une équipe d’exorcistes. Et, après ce combat avec le fantôme, le groupe spécialisé dans le paranormal recrute notre nouvel élève.

Tokyo Twilight Ghost Hunters Daybreak Special Gigs se déroule à l’image d’une série, d’ailleurs le jeu emprunte à ce format le découpage en épisodes. Un choix pertinent, qui fait en sorte de mettre en relief les différentes subtilités de scénario et de traitement des personnages. Évidemment, l’entièreté du jeu est motivé par un fil conducteur, qui ne cessera de prendre de l’ampleur, mais chacun des épisodes développe une histoire qui lui est propre, tout en dévoilant peu à peu de nouveaux protagonistes. On apprécie ce schéma, qui permet non seulement de construire une véritable ambiance, mais aussi qui accorde au joueur la possibilité de déguster le soft comme bon lui semble, à la manière d’un spectateur qui regarde un animé.

Les fantômes sont, donc, le ressort dramatique principal de Tokyo Twilight Ghost Hunters Daybreak Special Gigs, lequel possède un petit côté Ghostbusters qui n’est pas pour nous déplaire. Mais ce serait mal venu que de résumer le jeu à cette donnée, tant l’écriture va encore plus loin. On pense évidemment à tous ces passages plus posés, où l’on découvre tranquillement les personnages qui nous entourent. Globalement, les dialogues (dont certains ont été totalement retravaillés pour l’occasion) ont une saveur plus qu’agréable, pouvant passer de discussions très rationnelles à des délires comiques à en rire aux éclats. Pour ce qui est des nouveautés de cette version, cinq chapitres viennent s’ajouter au sein de l’intrigue, offrant une meilleur cohérence avec certains personnage secondaires. Seul regret, Tokyo Twilight Ghost Hunters Daybreak Special Gigs n’est pas traduit en français, et même si le niveau d’anglais que l’on conseille est intermédiaire, avançons que le confort de jeu en prend tout de même un coup. Dommage, même si les qualités narratives incontestables du soft font qu’on vous recommande de ne pas vous arrêter à cette donnée.

Gameplay : 4/5

image test tokyo twilight ghost hunters daybreak special gigs

Tokyo Twilight Ghost Hunters Daybreak Special Gigs est un agréable mélange de Visual Novel et de RPG, avec ce que ça comporte de capacités à faire évoluer. Mais avant tout, c’est la structure des épisodes qui nous a totalement séduit. Outre les (grandes) phases dialoguées, il va vous falloir répondre à des questions, mais aussi démontrer vos sentiments via un système appelé « Sensory Input », en fait une roue proposant de combiner une humeur et un sens, ce qui résulte sur une action. C’est plutôt bien pensé, même si l’on aurait apprécié un descriptif de chacune des combinaisons, histoire de ne pas devoir les expérimenter et, donc, risquer de se prendre un bon gros râteau sans vraiment l’avoir décidé. Puis, une fois que l’affaire de l’épisode en cours est bien exposée, il faut se préparer à aller sur le terrain. Pour ce faire, vous devrez perfectionner aussi bien vos équipements que vos capacités, ces dernières étant évolutives via le tableau d’entraînement. Ensuite, direction le futur champ de bataille, où vous devrez disposer les pièges (attention à ne pas en abuser, ça coûte cher !), puis c’est le combat contre le fantôme tant recherché.

La difficulté de ces joutes a été revue à la hausse, Tokyo Twilight Ghost Hunters Daybreak Special Gigs gagne donc en intérêt par rapport à la version qu’il perfectionne. Tout se passe toujours sur la tablette de Masasume Shiga, sur laquelle est matérialisé, sous forme de plan quadrillé sommaire, le lieu dans lequel vous vous trouvez. Cela pourra sembler un peu léger au premier abord, mais bien vite on se prend au jeu et l’on comprend bien où le studio de développement a voulu en venir : de la stratégie à tours, et ici dans un nombre assez réduit pour proposer un véritable challenge. Tokyo Twilight Ghost Hunters Daybreak Special Gigs n’est pas hardcore non plus, mais quelques chapitres vous opposeront une certaine résistance. Nouveauté pour cette version, un système de combo qui s’appuie sur vos points AP. Cela apporte indubitablement de la profondeur à un système que l’on qualifiera de convaincant.

Technique et ambiance sonore : 4/5

image gameplay tokyo twilight ghost hunters special gigs

Bien sûr, il faut apprécier le design purement japonais, car Tokyo Twilight Ghost Hunters Daybreak Special Gigs ne cache pas son intention de se faire ressentir comme un animé de belle qualité. Les personnages et les fantômes sont particulièrement convaincants, le choix de les confier aux soins du spécialiste Chinatsu Kurahana (les animés et le manga Uta No Prince Sama) est clairement une bonne initiative. Impossible, par ailleurs, de ne pas tomber sous le charme de la technique d’animation de ces protagonistes, que le studio de développement a intitulée… Ghost (pour Graphic Horizontal Object Streaming), et qui permet à certains éléments des personnages d’être marqués par un ou plusieurs mouvements. On aurait aimé que le même soin soit apporté aux décors, un peu pauvres mais qui ont le bon goût de se faire discrest en fin de compte, souvent plongés dans une semi-obscurité salvatrice.

Côté sons, on a adoré certains morceaux de la bande originale, très axée pop rock. Les chansons ont tendance à insuffler une personnalité tout à fait en accord avec l’objectif de Tokyo Twilight Ghost Hunters Daybreak Special Gigs : nous faire vivre un animé interactif. Quand aux voix, heureusement NIS America a décidé de garder le doublage japonais, et c’est un véritable soulagement.

Durée de vie : 4/5

image jeu tokyo twilight ghost hunters special gigs

Le premier run effectué sur Tokyo Twilight Ghost Hunters Daybreak Special Gigs vous occupera une petite vingtaine d’heures, ce qui est tout à fait raisonnable. Par contre, si vous voulez tout voir, débloquer tous les chapitres, recruter tous les personnages et, surtout, obtenir cette satanée bonne fin, il va falloir compter sur 50 à 60 heures de jeu, grâce à un new game + très bien pensé et engageant. Ce qui est, somme toute, très satisfaisant pour un Visual Novel. Et pour celles et ceux qui ont déjà fait Tokyo Twilight Ghost Hunters écrivons que les nouveaux contenus apportent une telle profondeur au récit, mais aussi corrigent quelques erreurs de gameplay et de design, qu’on ne peut que leur conseiller de s’y replonger.

Note finale : 16/20

image artwork tokyo twilight ghost hunters daybreak special gigs

Au final, Tokyo Twilight Ghost Hunters Daybreak Special Gigs est une véritable bouffée d’air frais pour qui n’aurait que rarement approché le genre Visual Novel. Mélange de récit textuel et de RPG, cette version augmentée saura contenter les amateurs d’animé japonais qui aimerait s’offrir un bon trip. On apprécie l’ambiance, qui favorise les changements de tonalités avec une certaine maîtrise, mais aussi ce refus de totalement se donner dès le premier run. Tokyo Twilight Ghost Hunters Daybreak Special Gigs est un jeu sur lequel on revient avec plaisir, même sans être un acharné du 100%.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
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