[Test – Blu-Ray] Cézanne et moi – Danièle Thompson

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Danièle Thompson
  • Avec : Guillaume Canet, Guillaume Gallienne, Alice Pol, Déborah François, Pierre Yvon...
  • Editeur : Pathé Films
  • Date de sortie Blu-Ray : 25 Janvier 2017
  • Date de sortie originale en salles : 21 Septembre 2016
  • Durée : 123 minutes
  • Acheter : Cliquez ici

Image : 4/5

Pathé nous propose un très beau master de son film, tourné en numérique avec la caméra Sony F65 Raw. La définition est au top, de sorte que l’on puisse admirer le détail des maquillages des acteurs et des costumes. La profondeur de champ est correcte et les contrastes sont bons. Mais ce sont surtout les couleurs qui ont un rendu superbe, la caméra comprenant un système HDR. Elles sont éclatantes, telles une peinture de Cézanne. Le format 2.39 : 1 rend bien l’aspect peinture du film. Un master haut en couleur donc. Le débit moyen image est excellent, 36 MBPS.

Son : 4,5/5

La piste est en DTS-HD Master  Audio 5.1, avec des dialogues clairs. On y trouve même certains échos très bien vus, qui passent par les enceintes arrières. Les sons ambiants (surtout du Sud) et la musique passent bien par les enceintes arrières. Une piste précise et puissante comme il faut. Le débit moyen est excellent, 4,5 MBPS. L’autre piste est en DTS-HD Master Audio 2.0 et s’avère aussi très correcte, et même puissante sur les dialogues. Le mixage est très bon, les sons ambiants et la musique ne sont pas mis de côté et sont aussi clairs que les dialogues. Le débit moyen de cette piste est excellent (pour une piste 2.0), 1,9 MBPS. On notera également qu’il y a une piste audio-description avec des sous-titres pour sourds et malentendants.

Bonus : 2,5/5

  • 9 scènes coupées
  • Making-of

9 scènes coupées, pour une durée totale de 8 minutes. La première se déroule dans la lingerie de Mme Zola, où Mme Cézanne et elle discutent de leurs maris respectifs. Rien d’important à signaler, si ce n’est que la scène aurait rallongé le film. La seconde est quant à elle une version alternative de Cézanne s’en prenant à Zola pour la dédicace. Dans la troisième, Baptistin et Zola prennent la route pour rendre visite à Cézanne. La scène n’a pas d’importance dans le récit et a donc bien fait d’être coupée. Dans la quatrième on voit Emile et Paul marcher en se racontant leurs vies : une scène très courte, trop courte pour  être insérée dans le montage final. La cinquième voit Mme Zola et Mme Cézanne discuter des femmes plus jeunes qu’elles. Cette scène renforce celle où Mme Zola s’en prenait à son mari et à ses peintures. Dans la sixième, Paul, Emile et sa mère dînent tandis que Berthe passe voir Emile. Étant donné que le personnage de Berthe n’est pas du tout exploité dans le film, cette séquence se révèle inutile. La septième voit Cézanne et Zola parler de la guerre et de leurs amis au front. La huitième est très courte, on y voit Emile en train d’espionner Jeanne, sa servante. Enfin, dans la dernière, la vitrine de la galerie Vollard se fait caillasser.

Le Making-of , d’une durée de 30 minutes, se concentre principalement sur le tournage du film. Les répétitions et la préparation nous sont dévoilées, de même que le travail des différents départements de la production, tels que les costumes et les décors. Les acteurs évoquent leurs rôles et la réalisatrice fait des interventions très intéressantes. Un making-of assez complet et intéressant.

Synopsis

Ils s’aimaient comme on aime à treize ans : révoltes, curiosité, espoirs, doutes, filles, rêves de gloires, ils partageaient tout. Paul est riche. Emile est pauvre. Ils quittent Aix, « montent » à Paris, hantent les mêmes lieux, dorment avec les mêmes femmes, crachent sur les bourgeois, se baignent nus, crèvent de faim puis mangent trop, boivent de l’absinthe…
Aujourd’hui Paul est peintre. Emile est écrivain. La gloire est passée sans regarder Paul. Emile lui a tout : la renommée, l’argent une femme parfaite que Paul a aimé avant lui. Ils se jugent, s’admirent, s’affrontent. Ils se perdent, se retrouvent, comme un couple qui n’arrive pas à cesser de s’aimer.

image - cézanne et moi 1

Le film

Cézanne et Moi raconte l’histoire de l’amitié/rivalité de Paul Cézanne et Emile Zola, , qui se connaissaient depuis l’enfance. L’un sera reconnu de son vivant, l’autre vers la fin de sa vie. Le film est ainsi le récit de la relation singulière du peintre et l’homme de lettres, de leur enfance à Aix-en-Provence à leur réussite, à travers leurs instants de complicité comme leurs fâcheries.

Le film est structuré en forme de flashback, avec des scènes appartenant à différentes époques. C’est un peu brouillon, on se retrouve à passer, par exemple, de 1888 à 1839, puis de 1889 à 1850, alors qu’une introduction en 1888 avant de remonter à l’enfance des protagonistes et les suivre jusqu’à l’âge adulte aurait été plus pertinent pour mettre en valeur le propos de l’oeuvre. L’amitié entre les deux hommes passe par plein de phases intéressantes, mais l’entrecouper de cette manière rend la digestion du film un peu dure. Il n’empêche que malgré cela, Paul Cézanne et moi retrace très bien l’histoire de ces deux hommes tellement différents dans le fond, mais qui entretinrent une amitié certaine. On pourrait presque voir là un double biopic. De plus, la rivalité amoureuse et artistique est très bien mise en scène. Zola est un écrivain de son temps, alors que Cézanne est un peintre visionnaire, en avance sur son temps dérangeant les bien pensants de son époque. Le décalage entre les deux, l’un écrivain de son temps, l’autre peintre visionnaire dérangeant les bien pensants,  fait tout l’intérêt du film.

image cézanne et moi 2

La réalisatrice et scénariste Danièle Thompson pose bien sa caméra, donnant à ses scènes d’extérieurs des allures de peintures impressionnistes. Les couleurs des décors naturels y sont flamboyantes. Les scènes en intérieur sont malheureusement un peu moins inspirées, de même que certains dialogues. Les décors et costumes, qui reconstituent bien le 19ème siècle, sont quant à eux excellents. Cependant, malgré une structure un peu maladroite, le rythme du film est plutôt bon, et l’on ne s’ennuie pas. Au contraire, nous vivons vraiment cette histoire d’amitié/rivalité aux côtés des personnages, grâce à un duo de comédiens d’exceptions.

Guillaume Canet incarne parfaitement un Emile Zola qui maintient son amitié avec Cézanne, malgré les paroles et les mots qui font mal. Sa prestation atteint son paroxysme quand il incarne le vieux Emile Zola, n’hésitant pas à changer sa manière d’être et sa voix. Guillaume Gallienne (Les garçons et Guillaume, à table !) dans le rôle de Paul Cézanne, s’implique tout aussi bien dans ce personnage, avec un véritable sens du timing dans ses dialogues. La prestation des deux acteurs et leur alchimie font que le film fonctionne. Alice Pol, qui incarne Alexandrine/Gabrielle, s’en tire aussi plutôt bien. Dommage que Déborah François, d’habitude assez bonne comédienne, se perde un peu dans son personnage. Certaines de ses répliques sonnent faux. Un petit faux pas de l’actrice.

Cézanne et Moi brille donc par sa reconstruction de l’époque autant que par la prestation et l’alchimie de ses deux acteurs principaux. On émettra cependant quelques réserves au sujet de la narration en flashback et et de quelques dialogues un peu artificiels.

Guillaume Creis

Guillaume Creis

Adore le cinéma en général , que ce soit lesgros blockbusters ou les plus petits films .les séries TVet les jeux vidéo.
Guillaume Creis
7/10

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