[Critique] A Cure for Life — Gore Verbinski

Caractéristiques

  • Titre original : A Cure for Wellness
  • Réalisateur(s) : Gore Verbinski
  • Avec : Dane DeHaan, Mia Goth, Jason Isaacs, Susanne Wuest, Celia Imrie....
  • Distributeur : 20th Century Fox France
  • Genre : Thriller, fantastique
  • Nationalité : Américain
  • Durée : 147 minutes
  • Date de sortie : 15 Février 2017

Critique

Après le remake américain de The Ring, le succès de la trilogie Pirates des Caraïbes et le semi échec de son dernier film Lone Ranger, Gore Verbinski revient avec le thriller fantastique A Cure for Life. Lockhart (Dane DeHaan), un jeune cadre ambitieux, se voit envoyé en mission dans les Alpes suisses pour ramener son patron parti en cure. Le jeune homme va se retrouver pris au piège de cet institut et de son corps médical dirigé par l’étrange Volmer (Jason Isaacs).

A Cure for Life nous plonge dans un lieu étrange (un ancien château reconverti en cure thermale) et instaure une atmosphère oppressante et décalée. Ses pensionnaires et le corps médical semblent en effet vivre dans un autre monde, comme coincés dans les années 1950. Lorsque Lockhart arrive, certains événements vont l’amener à suivre la même cure que les autres pensionnaires, et c’est là que les choses vont dérailler. Alors que la paranoïa semble atteindre le jeune cadre, il découvre certains agissements étranges des médecins et des détails sur le château qui lui font penser qu’il s’agit d’une vaste manipulation. Qu’en est-il réellement ? Telle est la question.

image a cure for life

Tout comme l’hôtel Overlook de Shining, film qui se déroule lui aussi en montagne, et auquel Gore Verbinski fait ouvertement référence à travers certains plans steadicam, le château en lui-même est un véritable personnage, que le réalisateur s’attache à rendre sourdement inquiétant, entre chambres stériles, hammams labyrinthiques ou encore sous-sols utilisés pour des expériences secrètes, où les pensionnaires et le corps médical font figure de fantômes déambulant entre les couloirs. Cet univers sombre est parfaitement maîtrisé, de sorte que l’on plonge dans le film avec facilité et fascination.

Verbinski maîtrise également le rythme du film, lent mais prenant. Après avoir bien posé le lieu et les personnages, il nous fait progresser dans l’intrigue avec souplesse. On regrettera néanmoins que le quatrième acte soit trop semblable au troisième, puisque leur déroulement est quasi-identique. Comme si le scénariste savait où aller, mais n’avait plus d’idées avant la révélation finale du cinquième et dernier acte. Conséquence : au-delà de 1h30 (sur un total de 2h27), le film comporte des longueurs. La dimension véritablement fantastique n’intervient quant à elle que lors du final. Certains spectateurs auront cependant déjà trouvé, grâce aux indices disséminés tout au long du film, les réponses aux questions posées. On regrette aussi la non-utilisation des habitants du village dans le cinquième acte, qui aurait permis de boucler la boucle du point de vue de la mythologie instaurée. Le film ne tendant pas vraiment vers le fantastique durant les quatre premiers actes, il faut donc trouver autre chose afin de faire monter la tension. Le réalisateur nous invite alors à une traversée paranoïaque à travers les yeux de Lockhart, tout en poursuivant l’enquête. Au final, cet ultime acte est le plus maîtrisé de tous. Nous rentrons dans la tête du jeune cadre, et sommes amenés à nous poser les mêmes questions, à savoir — pour simplifier — si tout ceci appartient à la réalité ou à un cauchemar. Malgré tout, certains spectateurs seront déroutés par cette conclusion, qui tombe légèrement dans le grand-guignol.

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Il faut dire que, techniquement, le film est très bon, entre son atmosphère teintée de vert sale, des plans à la steadicam à donner le tournis ou encore le rendu magnifique du château. Verbinski et le directeur de la photographie Bojan Bazelli maîtrisent chaque plan, et chacun raconte une histoire. Rien n’est laissé au hasard. La musique de Benjamin Wallfisch joue quant à elle un rôle primordial : on sent que le disciple de Hans Zimmer s’approprie cet univers et le magnifie de la plus belle des façons. On retiendra surtout la balade lancinante fredonnée tout au long du film par Mia Goth.

En parlant des acteurs, Dane DeHaan porte le film sur ses épaules. La manière dont son interprétation de Lockhart parvient à susciter une empathie immédiate chez le spectateur, de sorte que l’on ait l’impression d’être dans sa tête d’un bout à l’autre, est remarquable. Mia Goth est elle aussi excellente et parvient à trouver un bon équilibre entre la naïveté d’Hannah et le mystère entourant le personnage. Enfin, Jason Isaacs est parfait dans le rôle de l’étrange Volmer, même s’il surjoue quelque peu durant le dernier acte.

Au final, A Cure for Life est un film maîtrisé dans ses trois premiers actes, qu’il s’agisse de la manière dont il met en place son univers ou encore la performance de ses acteurs. Malheureusement, en dépit d’une technique excellente, Gore Verbinski se perd dans un quatrième acte peu inspiré et rempli de longueurs. Un résultat quand même positif qui plaira aux amateurs de thriller fantastique.

Guillaume Creis

Guillaume Creis

Adore le cinéma en général , que ce soit lesgros blockbusters ou les plus petits films .les séries TVet les jeux vidéo.
Guillaume Creis
5/10

Réactions (2)

  1. VERBINSK…I !
    Et non Verbinsky ! Attention 😉

    1. Bien vu 🙂 le pire c’est qu’on a bon dans le titre 🙂 Merci en tout cas 🙂

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