[Critique] Les rayons et les ombres : Dans la peau d’un collabo

Caractéristiques

  • Titre : Les rayons et les ombres
  • Réalisateur(s) : Xavier Giannoli
  • Scénariste(s) : Jacques Fieschi
  • Avec : Jean Dujardin, Nastya Golubeva-Carax, August Diehl...
  • Distributeur : Gaumont
  • Genre : Biopic, Historique
  • Pays : France
  • Durée : 3h15
  • Date de sortie : 18 mars 2026
  • Acheter ou réserver des places : Cliquez ici
  • Note du critique : 6/10

Après avoir adapté Honoré de Balzac avec Les illusions perdues, Xavier Giannoli est de retour avec Les rayons et les ombres, sorti en salles le 18 mars dernier et que l’on peut encore voir dans de nombreuses villes. Le réalisateur français a choisi de se pencher sur la France sous l’Occupation en s’intéressant à la figure de Jean Luchaire, patron de presse au départ pacifiste et socialiste, qui fut condamné à mort à la Libération pour avoir collaboré avec le régime nazi, qui finançait ses journaux dans lesquels étaient publiés de nombreux articles de propagande. Une histoire peu connue tant le nom de Luchaire est tombé dans l’oubli depuis, au point que la première biographie qui lui est dédiée, écrite par le romancier Cédric Meletta, n’a été publiée qu’en 2013.

C’est justement sur ce livre que Xavier Giannoli et son scénariste de longue date, Jacques Fieschi, se sont basés pour Les rayons et les ombres, qui adopte durant 3h15 le point de vue de Jean Luchaire et de sa fille, Corinne, jeune actrice montante sous l’Occupation qui, séduits par l’instituteur allemand et militant « pacifiste » Otto Abetz, vont devenir des collaborateurs. Une immersion audacieuse et intéressante sur le papier, prenante et très bien incarnée à l’écran par un trio d’acteurs impeccables, mais qui ne maîtrise malheureusement pas suffisamment bien ses effets et, surtout, se permet des écarts romanesques assez discutables avec la réalité pour pouvoir effectuer sa démonstration qui est, en substance, que même des personnes qui n’étaient pas des extrémistes ou des idéologues ont pu glisser progressivement vers la collaboration…

Ascension et chute d’un patron de presse sous l’Occupation

Quand Les rayons et les ombres commence, nous sommes en 1938, la guerre n’a pas encore éclaté, Hitler vient d’être nommé « Homme de l’Année » par le TIME Magazine et le pacifiste Jean Luchaire, patron du journal Notre Temps, veut éviter à tout prix que les relations entre Français et Allemands se dégradent. Pourquoi, après tout, tous les Allemands devraient-ils être associés à Hitler ? Et a-t-on oublié quel traumatisme la défaite de 14-18 a représenté pour l’Allemagne ? Proche de l’instituteur allemand aux allures innocentes Otto Abetz depuis 1930, il a aidé celui-ci à organiser des événements destinés à favoriser les échanges entre la jeunesse allemande et française, dans une visée de pacification et il préside le Comité d’entente des jeunesses pour le rapprochement allemand, fondé suite à ces premières rencontres. Pour lui, le maintien du dialogue entre la France et l’Allemagne va de soi et il est persuadé, comme beaucoup de ses amis militants et confrères journalistes, qu’il est possible d’éviter le pire et de « contrôler » Hitler.

Pourtant, quand son journal se retrouve au bord de la faillite et qu’Otto lui propose de manière opportune de bénéficier de « fonds allemands cachés » (sic) pour fonder une nouvelle revue « fédératrice » prônant la paix et la voie du milieu en quelque sorte, Luchaire n’hésite que quelques secondes avant d’accepter. Commence alors un engrenage inexorable où le patron de presse va s’engouffrer de plus en plus et entraîner sa fille actrice Corinne, en s’arrangeant avec sa morale…

nastya golubeva carax et jean dujardin dans les rayons et les ombres

La Seconde Guerre Mondiale vue à travers les yeux de personnages déconnectés de la réalité

La singularité du parti pris du film de Xavier Giannoli est d’adopter tout du long le point de vue de ses deux personnages principaux, Jean et Corinne Luchaire, en alternant entre l’un et l’autre en fonction des moments de l’histoire. Des personnages qui sont protégés donc, et que les événements « extérieurs » (dont ils sont pourtant tout sauf déconnectés) ne semblent atteindre à aucun moment ou presque. Quelque chose de très perturbant durant le film, de fait, est qu’on ne voit jamais la guerre ni les rafles à l’écran. Le seul char que nous verrons au cours du film, sur la fin, sera finalement celui qui procèdera à l’arrestation des personnages, menacés d’exécution plus sommaire par des maquisards.

Du coup, seules les indications de Corinne en voix-off ou certains éléments de dialogue permettent de nous situer dans la chronologie des faits et de nous situer plus précisément dans le temps. Le durcissement des lois antisémites et les rafles sont ainsi évoquées, mais jamais montrées. Ce parti pris permet en partie de comprendre comment les personnages, évoluant dans des milieux mondains, sont finalement « hors sol » et arrivent à s’aveugler et se mentir à eux-mêmes à ce point – une approche qui n’est pas si éloignée du Marie-Antoinette de Sofia Coppola, le glamour séduisant en moins. Giannoli joue certes du glamour au début avec Corinne, mais montre très rapidement (bien avant les galas sous l’oeil du portrait d’Hitler) le décalage entre cet apparât de surface et la réalité de la situation, même si le personnage ne le réalise pas bien.

jean dujardin dans le rôle de jean luchaire durant son procès dans le film les rayons et les ombres

Jean Dujardin brillant dans un rôle ambivalent

Le film ausculte les aspérités et paradoxes de ses personnages avant de les mettre explicitement face à leurs responsabilités en fin de métrage via différents protagonistes. On assistera par exemple à la fin du discours du juge lors de la condamnation à mort de Luchaire, et la dernière scène du film met une Corinne malade et vivant dans la honte et l’humiliation permanente face au réalisateur ukrainien qui l’avait fait débuter au cinéma, qui vient la voir, lui pardonne et lui demande : « Avez-vous cherché à savoir ? » quand elle prétend qu’elle ne savait rien. Objectif avéré derrière cette expérience pour le moins troublante : avertir sur les risques de se sentir trop à l’abri qu’une situation comme celle de la 2ème Guerre Mondiale se reproduise, mais aussi à l’abri de se retrouver du « mauvais côté de la barrière »…

De ce point de vue-là, Giannoli a fait un excellent choix en confiant le rôle de Luchaire à Jean Dujardin, acteur à l’image on ne peut plus sympathique mais capable de jouer l’ambivalence avec beaucoup de nuance, pour incarner un homme charismatique qui se voile la face sur ses agissements, leur portée et ses propres raisons. L’acteur, très investi, est assez bluffant d’un bout à l’autre et arrive à faire passer de manière saisissante la facilité avec laquelle le personnage se laisse happer. Son ambivalence et son narcissisme sont d’ailleurs analysés et annoncés dès sa première apparition à l’écran par sa fille Corinne (excellente Nastya Goloubeva‑Carax), qui enregistre son témoignage sur bandes magnétiques à la fin des années 40 et décrit son père comme un homme à la fois sincère et opportuniste, qui a toujours voulu s’extraire de son milieu d’origine et cherchait en permanence à faire illusion – quitte à s’illusionner lui-même. Le premier acte est cohérent avec cette approche et vision du personnage : le fait que Luchaire accepte avec une facilité désarmante l’argent des « fonds cachés allemands » après un bref froncement de sourcils, sans explications véritables de l’origine de l’argent, permet de voir qu’il choisit de se leurrer par intérêt personnel et refus de vivre un nouvel échec professionnel alors qu’il aurait dû et pu refuser l’argent.

Le film montre bien que le relativisme perd les protagonistes, de même que l’illusion que la situation reste « gérable » et que le point de non retour n’a pas encore été atteint. L’équivalent du « Jusqu’ici, tout va bien » que se répètent en boucle les personnages du film La Haine de Matthieu Kassovitz, en quelque sorte…

nastya golubeva carax dans le film les rayons et les ombres

Un film historique qui prend de trop grandes libertés vis-à-vis de ses protagonistes

… Sauf que, là où l’exercice peut s’avérer troublant, c’est que, pour nous mettre dans la position délicate d’entrer en empathie avec des protagonistes dont on réprouve les actes, le scénario joue un peu trop sur l’émotionnel et lisse voire retire des aspérités pourtant essentielles.

Ainsi, pour montrer comment on peut se retrouver instrumentalisé alors qu’on n’était pas politisé ni partisan ou intolérant, le film de Giannoli fait de Corinne une quasi-victime collatérale et retire un élément important : au moment de son arrestation, elle était devenue la secrétaire de son père. Elle n’était, du coup, pas uniquement sa fille, dont il profitait de la célébrité nouvellement acquise lors de soirées mondaines, et qui aurait simplement été aveuglée par son amour filial. Giannoli a dit que, quand il a vu sa photo avant de connaître son histoire, ce fut une sorte de « choc amoureux » et cela explique peut-être en partie la manière pathétique dont elle est dépeinte. Et, si rien n’atteste (à notre connaissance) qu’elle ait enregistré un témoignage audio contrairement à ce qu’on voit dans le film, l’ancienne actrice a en revanche écrit ses mémoires avant sa mort et, en se renseignant sur celles-ci (nous ne les avons pas lues à ce jour), il apparaît que Gianonli se base en partie sur ce livre pour nourrir la vision d’une partie du film.

Mais, dès le départ, il met dans sa bouche des mots (« je voudrais comprendre ») qui ne sont pas les siens, puisqu’il apparaît que dans son livre, elle décrit ce qu’elle a vu et observé en se plaçant toujours à l’extérieur et en défendant mordicus son père. Giannoli montre qu’elle reste en partie dans le déni, mais montre aussi une volonté de mise à distance et de remise à question, voire une remise en question déjà entamée. Ce parti pris pourrait du coup être vu comme une simplification voire une forme de complaisance si on cherchait à trop ausculter la réalité historique, même si ce n’est pas la volonté du réalisateur… De même, le véritable Otto Abetz avait rejoint le parti nazi en 1931 et en était déjà assez proche au moment de sa rencontre avec Jean Luchaire en 1930, même s’il le cachait. Le film est parfois confus et contradictoire à son sujet.

A force de vouloir nous mettre dans le tête de ses personnages, le film peut aussi susciter une forme d’ambiguité ou de dissonance chez le spectateur puisque nous les suivons durant 3h15 et qu’il y a trop peu de choses qui font contre-poids émotionnellement (et non intellectuellement) au sein du métrage. Giannoli emploie ainsi la tuberculose du père et de la fille comme un mal symbolique pour rendre compte de leur déchéance morale de plus en plus grande et de ces contradictions qu’ils parviennent de moins en moins à tenir et, si cette dimension est bien faite et lisible, le fait que la caméra reste focalisée sur eux et leur souffrance, sur laquelle on s’étend longuement, fait qu’il ne peut y avoir de distance ou neutralité émotionnelle. C’est une forme de hold-up et, si, sur le principe, ce choix est intéressant, sur un sujet tel que celui-ci, le fait que notre empathie soit dirigée à ce point vers eux, qu’on le veuille ou non, amoindrit la fin du film, quand les personnages sont mis face à leurs responsabilités et hypocrisies.

On rajoutera également que les aspects gommés ou atténués sont d’autant plus gênants que certains éléments apparaissent du coup moins lisibles ou compréhensibles pour qui ne connaît pas déjà l’histoire derrière le film (ce qui était le cas de l’auteure de cet article), à savoir que, sous l’Occupation, Jean Luchaire était devenu l’équivalent d’un Bolloré. Même si on peut en partie le comprendre et que son influence est évoquée par les nazis comme un atout pour faire œuvre de propagande auprès de la population française. Mais le film ne permet pas nécessairement de se rendre compte de l’impact et de l’influence réelle du personnage et de ses titres puisque l’on ne voit jamais le monde extérieur. En ce sens, Les rayons et les ombres est un film qui maîtrise mal ses effets.

jean dujardin et nastya golubeva carax dans le film les rayons et les ombres

Les contradictions d’un film qui gère mal ses effets

Sans doute la raison de cette ambiguïté dans laquelle le film nous place tient à la fois aux intentions, mais aussi à la vision et au ressenti personnel de Xavier Giannoli sur ses protagonistes principaux. Il apparaît assez clairement, à la vision du film, que le réalisateur souhaitait provoquer une réflexion chez les spectateurs et établir des échos par rapport à notre époque… quand bien même le film a nécessité 6-7 ans de travail et que, évidemment, le réalisateur et son scénariste n’auraient jamais pu anticiper certains événements mondiaux récents.

Par ailleurs, en tournée promotionnelle, Giannoli reconnaît que Luchaire était « inexcusable » et que cela a été attesté et mis en avant par les historiens, mais avoue aussi « aimer ce personnage » qui n’était selon lui pas un idéologue et était considéré comme « trop tiède et insincère» par les collaborationnistes zélés.. Ce qui semble témoigner d’un manque manifeste de recul sur sa propre fascination, qui semble basée sur un seul livre, bien qu’il ait aussi fait appel à des historiens comme Ory. La raison sous-jacente est en partie compréhensible puisque ce qui intéressait le réalisateur (et il le dit), c’est le glissement progressif de quelqu’un qui n’est « pas un salaud » de base et qui va finir par renier ses idéaux et appuyer des horreurs. Une partie des collaborateurs ont pu en effet vriller en tombant sous le charme, le charisme de personnalités avec lesquels ils étaient en contact, qui les ont entraînées dans leur sillage plus que par conviction initiale profonde…

Mais, dans le même temps, cette excuse de « l’envoûtement » a tendance à atténuer le poids des intérêts personnels ou à masquer une évolution plus cohérente qu’il n’y paraît. Dans le cas de Luchaire, même si le pacifisme de gauche voulant ne pas retourner le couteau dans la plaie vis à vis des Allemands suite au traumatisme collectif de 14-18 peut en partie se comprendre jusqu’à un certain point, le fait qu’il ait maintenu cet argument alors que le nazisme prenait de plus en plus de poids, puis après l’accession d’Hitler au pouvoir était en soi un signal d’alarme suffisamment fort.

Même si cela soulève un point crucial : il est bien plus facile de juger les événements « à postériori » quand on a du recul, des archives, etc. Quand on est dans le présent et qu’on ignore ce qu’il va se passer ou comment les événements seront jugés, il est plus facile de s’aveugler… et l’on doit donc redoubler de vigilance.

En ce qui concerne Luchaire, la majorité des historiens sont d’accord sur le fait qu’il était lucide et cohérent, assumant son comportement. L’approche de Giannoli tient d’une volonté à la fois humaine et compréhensible de comprendre l’indéfendable. Sauf que, pour cela, il cherche le bien chez ses protagonistes et s’y accroche parfois plus que de raison. Il les condamne à de multiples reprises, mais les réécrit aussi, imagine leur vérité intérieure et essaie de les « sauver » dans une certaine mesure, d’où les quelques critiques et mêmes attaques virulentes de certains critiques à son égard (principalement Libération).

jean dujardin dans le film les rayons et les ombres

Un trop-plein d’empathie qui finit par nuire à la démonstration…

En fait, l’approche du réalisateur pour nous faire comprendre intimement les mécanismes de l’aveuglement des personnages (sur un plan quasi-cognitif, serait-on tenté de dire), tient presque du profiling borderline. Un peu comme si on nous mettait à la place de leur meilleur ami, tout en nous donnant des éléments objectifs nous montrant leur culpabilité et leur lâcheté pour rester « ancrés » moralement alors qu’on ne peut pas se distancier d’eux émotionnellement. Avec cette question en filigrane : que révèlera l’expérience sur notre sens moral et notre capacité à résister à ce genre de séduction ? Le message encore plus souterrain étant : on a tous quelque chose en nous qui pourrait nous faire vriller, malgré nos connaissances objectives des choses (plus ou moins approfondies d’une personne à l’autre, évidemment). Mais, encore une fois, vu la durée du film, on se retrouve au final dans la position d’un jeune profiler pas assez bien armé qui risque de basculer de l’autre côté car sa capacité à cerner émotionnellement le criminel qu’il étudie finira par agir sur ses propres émotions et à lui trouver des circonstances atténuantes.

On peut aussi se demander, au vu des ambitions de Giannoli, si le choix d’une figure comme Luchaire était pertinent pour une telle entreprise, et s’il n’aurait pas mieux valu partir sur des personnages fictifs plutôt que sur une figure de pouvoir réelle aussi influente à l’époque. Sans doute l’une des motivations du réalisateur était de montrer un collaborateur de gauche… ce qui reste encore un grand tabou aujourd’hui parmi les socialistes. Luchaire est au départ un pacifiste de gauche et il pense que cela le prémunit de toute glissade idéologique… mais finira par lui servir de prétexte, à ses propres yeux, vis à vis de ses collègues… et auprès de ses lecteurs… que l’on ne verra jamais à l’écran, donc.

august diehl dans le film les rayons et les ombres

… mais une fresque historique prenante si l’on occulte le biopic

Côté positif, le film est rempli de nombreux détails et éléments historiques avérés (vérifiés par Giannoli auprès d’historiens) et intégrés de manière fluide et pertinente au sein du récit. Cela contribue à faire des Rayons et des ombres une fresque historique prenante, même si les plus jeunes spectateurs (collégiens, lycéens) auront besoin du regard d’un professeur pour bien appréhender l’ensemble des éléments, certains n’étant abordés en creux qu’au détour d’une scène ou d’une ligne de dialogue.

La mise en scène est assez classique mais, au-delà de quelques fioritures et maladresses, possède aussi de jolies idées de cinéma, notamment lors des quelques scènes plus oniriques qui prennent une dimension symbolique et où le réalisateur joue sur les fumées et les ombres.

Au final, Les rayons et les ombres est un film qui demande un certain temps de « décantage » et notre ressenti « à froid » est malheureusement moins enthousiaste qu’en sortant de la salle. Giannoli aime s’interroger et, en fouillant dans les contradictions et zones grises de l’Histoire, s’interroger sur ses propres paradoxes et points aveugles, il le dit lui-même et c’est une volonté que l’on ne peut que saluer… Le problème, c’est que le résultat final montre qu’il n’a pas eu suffisamment de temps pour digérer tous les éléments denses, complexes et parfois contradictoires auxquels il a pu se frotter durant le processus d’un film long et coûteux.

Perdu entre faits avérés et indiscutables sur lequel le film est clair et portraits contradictoires de ses personnages, le réalisateur se perd en partie en s’immergeant dans leur point de vue, sans doute trop influencé par leurs propos véridiques et rapportés ou les témoignages de leur entourage personnel. Le film, intense émotionnellement, peut donc apparaître au final trompeur à certains égards en raison des trop grandes libertés prises avec l’Histoire. Si l’on ignore la dimension biopic, le scénario comporte toujours des maladresses, mais propose une démonstration intéressante autour de l’auto-aveuglement et de l’influence que peut avoir l’entourage d’une personne sur ses prises de décision et sa perception des événements. Un semi-échec donc, en dépit d’un parti pris audacieux.

Article écrit par

Cécile Desbrun est une auteure spécialisée dans la culture et plus particulièrement le cinéma, la musique, la littérature et les figures féminines au sein des œuvres de fiction. Elle crée Culturellement Vôtre en 2009 et participe à plusieurs publications en ligne au fil des ans. Spécialiste de la femme fatale dans l'œuvre de David Lynch, elle effectue également un travail de recherche approfondi sur les artistes américaines Tori Amos et Taylor Swift. Directrice de publication du site, elle en corrige également les articles, au-delà de leur validation.

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