[Test – Playstation 4] Loot Rascals : un roguelite qui a sa carte à jouer

image test loot rascalsCaractéristiques

  • Test effectué sur : Playstation 4
  • Genre : Roguelite
  • Éditeur : Hollow Ponds
  • Développeur : Hollow Ponds
  • Sortie : 7 mars 2017

Test

Oui, « encore un Roguelite » pourrez-vous vous exclamer en commençant à lire cet article fiévreusement. Seulement, il faut bien dire que l’imagination débordante de certains studios de développement indépendants (ici Hollow Ponds), dans ce genre en particulier, nous sidèrent assez souvent. Après vous avoir touché quelques mots de Downwell ou de Vertical Drop Heroes HD, on continue d’explorer cette catégorie à part entière, très usitée mais qui rassemble bien des qualités intrinsèques de l’art ludique. Cette fois-ci, notre sujet est Loot Rascals, dont les quelques talents à l’œuvre (notamment côté direction artistique) nous ont mis l’eau à la bouche.

Histoire : 3/5

image ps4 loot rascals

« Comment ça, vous notez l’histoire d’un Roguelite, quelle est cette infamie ?!« , vous exclamez-vous une seconde fois. Oui, nous devons aborder non seulement l’histoire de Loot Rascals, mais aussi son univers haut en couleurs. On incarne une fille ou un garçon, c’est au choix du joueur, puis on est propulsé dans un vaisseau spatial, vers l’infini et au-delà. Enfin pas vraiment : on se dirige vers une planète en cours de terraformation, et cette dernière a l’air d’être la scène d’un certain grabuge. On incarne un petit être qui a le talent nécessaire (enfin, ses supérieurs l’espèrent) afin de régler la situation… du moins avant qu’elle ne dégénère. En effet, une mystérieuse créature transdimensionnelle et tentaculaire (ah, Lovecraft n’a pas fini d’inspirer les artistes, et tant mieux) provoque un bien regrettable incident pendant votre trajet. Atterri de force sur une Lune de la planète visée, il va falloir vous débarrasser du monstre afin de pouvoir enfin accomplir votre mission.

Pas de quoi fouetter un chat certes (et d’ailleurs, pourquoi voudriez-vous faire du mal à ce joli petit félin ?), mais Loot Rascals fait l’effort d’aller plus loin que beaucoup d’autres jeux du genre. C’est parfois assez drôle, globalement une très bonne ambiance se dégage de ce soft, une vraie personnalité, notamment issue des graphismes (on y reviendra plus tard), mais aussi de cette impression d’univers cohérent et pas traité de manière secondaire. Alors d’accord, il n’y a pas de quoi en avoir le cerveau retourné, et de toute manière on n’aborde pas un Roguelite pour cela, mais on apprécie les quelques poussées d’humour, et même les petits événements dont on vous laisse la surprise. Sachez qu’il est possible de revoir les différentes vidéos dans les options. Enfin, Loot Rascals est entièrement traduit en français, ce qui est toujours une excellente nouvelle.

Gameplay : 5/5

image playstation 4 loot rascals

Fantastique ! Loot Rascals réussi à capter l’essence de ce qui fait un bon Roguelike, et apporte toute cette sève qui fait toute la différence pour un Roguelite (on rappelle que ces deux genres diffèrent sur pas mal d’éléments, notamment l’absence de fin pour le premier cité). Il faut d’abord bien situer le concept : le but est d’atteindre la sortie de chaque niveau, et ce jusqu’au monstrueux boss final. On joue en 3D isométrique, et le terrain de jeu est divisé en case. Quand on passe de l’une à l’autre, cela fait écouler du temps, et un cycle jour/nuit est effectif, ce qui provoque une belle saveur « tour par tour ». Sur votre chemin, des ennemis vont apparaître, il faudra vous en débarrasser dans des combats générés automatiquement, et bien entendu liés à vos statistiques. Celles-ci sont soumises à des cartes, que les adversaires peuvent laisser derrière eux après avoir été vaincus (le fameux loot), et qu’il va falloir gérer dans les emplacements dédiés.

Décrit comme cela, Loot Rascals ne vous parait peut-être pas aussi fun qu’il peut l’être manette en mains. C’est normal, car de nombreuses subtilités viennent s’immiscer dans la recette, histoire de pimenter le tout. La gestion des cartes est succulente : elles sont divisées en catégorie attaque ou défense, et il va falloir respecter certaines positions intimées par des caractéristiques à prendre en compte. Par exemple, celle-ci rajoute un point à sa voisine de droite. Ou celle-là gagne deux points quand elle prend place dans le troisième emplacement. Simple mais fichtrement efficace. Les ennemis ont tous leur propre fonctionnement, et ce dernier vise constamment le joueur. Il faut que ce dernier s’adapte au cycle jour/nuit, car si certains monstres vous attaqueront prioritairement quand le soleil est à son zénith, pour d’autres ce sera quand la lune prendra le relais. Pareillement, chaque espèce a droit à ses propres caractéristiques, afin que les combats automatiques puissent ressembler à de véritables parties de pierre-feuille-ciseau. Rassurez-vous, tout est bien résumé dans un tutoriel bien complet, qui vous expliquera aussi comment utiliser les sorts.

« Pimenter », c’est bien le mot, car il faut signaler que Loot Rascals est pour le moins difficile. Qui dit Roguelite dit game over, et ici il est définitif. D’ailleurs, ce code est ici poussé plus loin que dans d’autres jeux du genre : quand vous perdez (lamentablement, bien évidemment), les cartes durement récupérées seront elles-aussi évaporées dans la nature… à l’exception d’une, qui est dérobée par votre meurtrier. Le but ? Que d’autres joueurs tombent nez  à nez avec cet ennemi, récupère la carte et choisisse de vous la renvoyer. Ou non, si vous tombez sur un gamer sans foi ni loi. Les niveaux sont aussi parsemés de petites choses à découvrir, de la même manière que sont générés les levels : aléatoirement. L’exploration est donc vivement conseillée dans Loot Rascals (le bonheur de trouver un sauvegardeur de carte !). Mais attention, car plus vous passerez de case en case, plus vous observerez un décompte se produire, annonçant l’arrivée de nouveaux ennemis beaucoup plus retors dans le niveau. De quoi rajouter pas mal de pression.

Loot Rascals est blindé d’autres mécanismes bien savoureux à comprendre, et à maîtriser. Notamment, une fois par niveau il vous faudra trouver un ennemi plus puissant que les autres, lequel détient une carte qui intéresse fortement, contre récompense, le chef cuisinier de la base. Cet endroit vous permet aussi de restaurer votre énergie, contre des pièces gagnées en recyclant les cartes que vous jugerez inintéressantes. Pour revenir à cette zone sécurisée en cours de partie, vous avez la possibilité de vous téléporter. Mais, là encore, l’apparente facilité est contrebalancée par une difficulté : pour revenir à la base, cela coûtera 25 pas, ce qui est loin d’être un choix à prendre à la légère. Il est donc primordial de ne pas trop gaspiller les déplacements, en toutes circonstances. Loot Rascals est un jeu hyper agréable à prendre en mains, tout de suite absorbant et diablement difficile pour qui se lancera à l’assaut du dernier boss. Du tout bon.

Technique et ambiance sonore : 5/5

image jeu loot rascals

D’un point de vue purement technique, Loot Rascals se tient parfaitement : pas de baisse de framerate, les modèles sont très fins, rien à signaler. Quant à la direction artistique, elle nous a réjoui du début à la fin. Deux artistes sont particulièrement à saluer pour cette réussite visuelle : Meowza (Alphabear) et Swatpaz (Adventure Time). Véritable cartoon psychédélique, mais très maîtrisé dans le choix de couleurs (ça ne part pas dans tous les sens), Loot Rascals déploie une véritable personnalité. C’est le même constat du côté de l’ambiance sonore, surtout grâce au très bon travail de composition effectué par Grandmaster Gareth (qui officie dans le groupe Misty’s Big Adventure). Cette bande originale participe grandement à construire cet univers bariolé. Là encore, ce n’est que du bonheur.

Durée de vie : 3/5

image loot rascals

Loot Rascals dispose d’assez de contenu pour vous occuper un bon bout de temps. Voir le dernier boss va vous demander beaucoup de pratique (et le battre… encore plus !), par contre on est peut-être un poil déçu par ce qui se passe après cette fin. C’est aussi à signaler, le jeu propose des défis journaliers, mais aussi un leaderboard plutôt fun. De quoi faire donc, mais on en aurait aimé encore plus.

Note finale : 16/20

Voilà pourquoi on ne se lasse pas de ce genre si particulier qu’est le Roguelite ! Loot Rascals réussit à assurer les grands classiques, notamment tout faire pour que le joueur ne se sente pas à bout quand il perd, mais vient aussi rajouter sa propre patte. Tout de suite identifiable grâce à son visuel très personnel, mais aussi agréable à prendre en mains grâce à des mécaniques qui construisent un certain rapport avec la stratégie, Loot Rascals est un jeu qui mérite d’être découvert.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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